Le bruit des avions chatouille Commugny

Terre-SainteTrop bruyant? Trop nombreux? Trop bas? Les conseillers communaux ont eu droit à moult explications mercredi soir.

Une vingtaine d'avions survole Commugny chaque jour.

Une vingtaine d'avions survole Commugny chaque jour. Image: Keystone

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«Un avion qui passe, c’est un peu comme un évier qui goutte. On peut ne pas l’entendre de toute la journée et, au moment de se coucher, ça devient insupportable.» Invités par la Municipalité de Commugny à venir en séance de Conseil communal pour répondre aux questions régulièrement posées par la population, Sophie Meisser et Xavier Wohlschlag n’ont pas cherché à éluder. La première, responsable de l’environnement à l’aéroport de Genève, a ainsi développé son image: «C’est toujours compliqué de répondre à une sensation d’inconfort, mais il est vrai que le bruit d’un avion est rarement agréable.» Car Commugny se trouve sous l’une des trajectoires empruntées après les décollages. Habitant le village depuis les années 1980 et directeur des opérations à Cointrin, Xavier Wohl­schlag ne nie pas plus les nuisances. «Il m’arrive de m’énerver tout autant que vous, a-t-il adressé à l’assistance. Un dimanche au calme, qui a envie de voir un avion lui tourner autour?» Alors, pour que ses concitoyens comprennent ce qu’il se passe au-dessus de leur tête, cet ancien pilote et sa collègue ont pris le temps. Pour, au fait, quelles questions?

Quel est le problème?

Une partie des avions décollant depuis Cointrin survolent Commugny. Six mouvements sur dix se font dans un régime de vent, avec un décollage en direction de la France. Ceux qui alors vont vers l’est font demi-tour et traversent le nord de la commune.

En régime de bise, lorsqu’ils décollent en direction de Lausanne, les vols passent tous plus ou moins loin du village. Ceux qui doivent remettre cap à l’ouest font une boucle coiffant assez longuement les frontières communales. C’est justement ce tracé qui cause le plus de nuisances. Plus que le volume, c’est en fait le temps d’«écoute» qui joue ici. «L’habitant de Bellevue entendra les avions plus fort, mais bien moins longtemps que nous à Commugny», note Xavier Wohlschlag. En fait, la durée de l’exposition au bruit y est estimée à deux minutes, contre quatre fois moins pour la commune genevoise. Sans oublier que ces trajectoires «ne sont pas des rails», les appareils ne passant pas tous au même endroit.

Y a-t-il plus d’avions au-dessus de Commugny qu’avant?

Pas en proportion, cette dernière étant plus ou moins la même au fil des années (3 à 5% des décollages vers l’est font la boucle). En chiffres absolus, l’augmentation est par contre évidente, puisqu’elle suit l’évolution générale du trafic genevois. «Le nombre de passagers accueillis à Genève a augmenté de 62% entre 2005 et 2014, pour une croissance des mouvements de seulement 10% sur la même période», détaille le directeur opérationnel de l’aéroport.

Combien de survols?

En moyenne, une vingtaine de vols passent chaque jour non loin de Commugny, à une altitude de 2000 à 2500 mètres au-dessus de la mer, pour la boucle la plus gênante. «L’altitude varie selon les conditions, précise Sophie Meisser. Par exemple en juillet dernier, avec la canicule, les appareils avaient plus de peine à monter, et ont donc viré plus bas.» Quant aux périodes de fort trafic, l’amplitude n’est de toute façon pas énorme. «On ne parle ici que d’une très petite proportion des décollages», prévient Xavier Wohlschlag. Quant à l’horaire des mouvements, il n’a pas bougé. Ceux-ci restent interdits après minuit et sont taxés dès 22 heures.

C’est fort, le bruit d’un avion?

Pour les riverains directs de l’aéroport, clairement oui. A Commugny, à une dizaine de kilomètres des pistes, les écoliers voyant un A320 passer au-dessus de leur tête entendent un bruit équivalant à une conversation normale, soit soixante décibels. A noter qu’un gros-porteur ne sera pas forcément plus bruyant qu’un plus petit. Et aussi que les normes fédérales ne se basent pas sur la simple prise d’un sonomètre, cette dernière étant pondérée par une flopée de savants calculs. Restent ces «nuisances ressenties» mentionnées à plusieurs reprises mercredi soir, celles qui dérangent le plus. «C’est vrai, admet la syndique, Odile Decré. Mais, en même temps, nous avons la chance d’habiter tout près d’un aéroport. C’est aussi ce qui fait le succès de notre région!»

Créé: 24.09.2015, 21h25

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