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Caroline a créé son granola avec une brassée d’amis

Pour sa fondatrice, le Grano Croc de Colombier doit rester une passion plutôt qu’un business.

Caroline Lehnen ne voulait pas de photo d’elle, juste de ses produits. Elle a finalement accepté de poser.
Caroline Lehnen ne voulait pas de photo d’elle, juste de ses produits. Elle a finalement accepté de poser.
Olivier Vogelsang

Quand on l’a contactée, le premier souci de Caroline Lehnen était: «Vous n’allez pas me faire trop de pub, hein? Sinon, je n’arriverais pas à suivre la fabrication.» Donc on vous prévient d’entrée: n’allez pas acheter ses excellents granolas, ne vous ruez pas sur ses savoureux granicci (genre cantucci italien), n’imaginez pas trouver ses crackers originaux faits à partir de drêches de bière ou ses barres énergétiques. Ce n’est pas que Caroline soit paresseuse mais elle n’a pas beaucoup plus de temps à consacrer à ses fabrications dans un emploi du temps chargé.

L’amour et la passion, la quadragénaire de Colombier, mariée et mère de quatre enfants entre 9 et 20 ans, n’en manque pas. Comme d’un sens aigu du lien social. Celle qui a commencé sa vie comme éducatrice de la petite enfance a la chance de ne travailler qu’en bénévolat aujourd’hui. Le lundi et le mardi, elle donne un sérieux coup de main à son amie d’enfance et voisine, Dominique Gay, dont le Domaine de la Condémine fournit, entre autres, les Jardins du Flon, à Lausanne. Le vendredi, elle travaille avec des pensionnaires de l’Espérance, à Etoy, et ces derniers . Entre deux, elle fabrique dans le laboratoire de la ferme Bio Le Sapin 30 à 50 kg de ses divers granolas, qu’elle a appelé Grano Croc.

La recette de Tantine

«En fait, tout est né de mon enfance. Mon père adorait faire des muesli mais je digérais mal les céréales crues. Une de mes tantes qui avait vécu en Californie nous a rapporté une recette de granola et j’en ai fait pour moi depuis toujours, en améliorant un peu la recette.» Surtout, Caroline le fait avec son réseau d’amis dont elle parle comme si son interlocuteur les connaissait personnellement. C’est ainsi que l’avoine, le sarrasin et le lin sont fournis par Quentin Tissot, au Clos des Papillons, à Allens, avant d’être pressés dans le joli moulin de Christine Iseli, à La Sarraz. Les noisettes du Piémont et les amandes de Sicile viennent de BioCoop «parce qu’il n’y en a pas assez dans la région», sourit-elle. Comme le miel, suisse et bio, mais dont elle ne peut garantir le producteur même si son grand-père était apiculteur.

Les fruits, eux, arrivent soit de son jardin où le mirabellier a fait une année 2019 formidable, où le noyer s’est montré généreux, soit des arbres des voisins. Tout cela est donc plutôt de proximité et bio, mais Grano Croc ne veut pas entamer le processus compliqué du label bio pour ses produits. «C’est trop d’énergie pour ma petite production.» Mais ses granolas s’enrichissent donc, suivant les saisons et les récoltes des copains, d’abricots, de mirabelles, de noix, de pommes, etc. Mais ils restent toujours assez sobres en sucre. «Je n’aime pas les choses trop douces, je ne mets pas par exemple de sirop d’érable dans mes recettes. Mes granolas se mangent avec des yoghourts, des compotes de fruits ou tout seuls. C’est le meiller ami des veilleuses, comme ma mère infirmière quand elle a un creux au milieu de la nuit.»

Potes à biscuits

Les amis, on les retrouve dans ses autres productions. Quand elle fait des biscuits, les oeufs viennent de chez Viviane Grossenbacher qui lui prête son labo alors que la farine arrive aussi de chez Dominique Gay. Comme il restait des blancs d’oeuf, elle a fait des meringuettes, amaretto ou coco, parce que, oui, «je livre même à Bienne où ils m’ont demandé des amaretti». Comme elle cherchait un laminoir, Anne-Françoise Petit lui en a trouvé un d’occasion. Et elle a pu fabriquer des plaques spéciales pour y faire cuire ses barres énergétiques grâce à un copain.

Et les potes mettent la main à la pâte. Les jours de fabrication, ils sont là pour l’aider, en particulier Adrien Mérigot, qui brasse aussi de la bière dans sa Brasserie Gonzo. Devinez d’où viennent les drêches de bière qui parfument ses crackers? «Cela me désolait que ces céréales qui ont servi à la fabrication de la bière soient peu utilisées, ou données au bétail, alors j’ai essayé...» Ses amis approuvent.

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