Centenaire, le dépôt du petit train rouge grelotte à Nyon

Chemin de ferLes employés du Nyon - Saint-Cergue - Morez font des miracles en attendant la construction d’une nouvelle halle.

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Le mois dernier, le Nyon - Saint-Cergue - Morez (NStCM) étrennait la première de ses quatre nouvelles rames. Il y avait le bouquet de fleurs à l’avant du train et une belle bonne humeur à l’intérieur. Le soir venu, c’est pourtant bien dans un musée que s’est abritée la fringante motrice. Dans un dépôt bâti en 1916, jamais agrandi depuis et qui éprouve toujours davantage les affres du temps qui passe.

Pourtant, en un siècle, la compagnie est passée, elle, de 80'000 à 1,2 million de passagers annuels. D’un train toutes les deux heures à une cadence au quart d’heure. Bloqué dans les méandres de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire, le nouveau dépôt prévu à l’Asse se fait désirer. Ardemment. «Ce n’est pas faute d’essayer d’accélérer les choses, insiste Jean-Michel Frossard, directeur adjoint. Le Conseil d’Etat et les services du Canton nous soutiennent pleinement. Mais d’ici à ce que la situation se débloque, on doit s’adapter.»

«Situation intenable»

Une «situation intenable», précise calmement le responsable de la maintenance, Pascal Juillerat, face à laquelle chacun des employés semble faire des miracles. «C’est pour eux que c’est le plus difficile, explique, admiratif, le directeur adjoint. Il n’y a qu’une seule toilette dans le hangar et un vestiaire, mixte.» En guise de douche, un unique évier, d’origine, jouxte les voies (et passablement de bidons d’huile). «On l’utilise pour se laver les mains, rincer nos tasses à café, nettoyer notre matériel…»

En hiver, un rideau est installé, ainsi qu’un radiateur électrique. «Pour éviter que les conduites ne pètent», explique Pascal Juillerat. Car, entre l’extérieur et l’intérieur, la différence de température n’est que de 3 degrés. «On se les gèle, oui. Mais ce n’est pas parce qu’il fait moins de zéro qu’on n’a pas de travail.» Il faut, notamment, dégivrer les trains au petit matin. «Pour les nouvelles rames, bourrées d’électronique, on ne peut même pas se permettre des températures si basses. Alors on les laisse enclenchées.»

«Chaque mètre carré est occupé!»

Déjà compliquée, la situation le sera encore plus avec le passage à la cadence au quart d’heure, le 14 décembre. «C’est démentiel, sourit avec fierté Pascal Juillerat. Aujourd’hui, pour déplacer les rames des voies de service à l’atelier, on joue déjà à Tetris en utilisant la voie commerciale. Autant dire qu’en doublant le nombre de passages sur la ligne, on va puissamment grimper dans les niveaux!» Un défi incessant de planification donc. «On pourrait presque engager un spécialiste, rigole Jean-Michel Frossard. Mais on ne saurait même pas où mettre son bureau, chaque mètre carré ici est occupé!»

Dans le dépôt, des pièces de rechange pour les nouveaux trains sont encore déposées au milieu de la voie utilisée pour l’entretien des boggies. «On ne sait pas encore où les mettre», s’amuse le chef de la maintenance. En fait, chaque recoin est occupé par une multitude d’outils plus ou moins gros, de pièces plus ou moins anciennes. «On utilise encore une motrice de 1946 pour le déneigement, explique Jean-Michel Frossard. Pour la réparer, on conserve précieusement les pièces de rechange qu’il nous reste. Elles sont introuvables ailleurs.» Autre relique, une seconde motrice – de 1956 – était censée être abandonnée. «On a dû la conserver pour pousser les nouvelles rames dans le dépôt. Sinon, elles n’entrent pas!»

Gros efforts d'adaptation

Et puis il y a encore un pont roulant, un escalier qui a remplacé les échelles. «Tout ce matériel est indispensable, mais il encombre un espace de travail déjà trop étroit de 2 mètres!» détaille Pascal Juillerat. En 1916, les trains faisaient 2 mètres de large. Depuis, le «petit train rouge» est devenu grand, et plus large de 60 centimètres. Résultat, entre deux trains stationnés dans le dépôt, «il reste à peine assez de place pour passer».

«On a fait énormément pour adapter notre infrastructure, souligne le directeur adjoint. Mais là, on arrive à la limite. On ne pourra pas faire davantage.» Il faut dire aussi que la situation était plus bancale il y a deux ans. «Nous avons depuis refait toute l’électricité, ainsi que la toiture.» Car il pleuvait à l’intérieur. «Nous avons également pu récupérer un appartement au-dessus des ateliers, ce qui nous a permis de libérer de la place pour l’équipe.» Qui dispose désormais d’une salle de pause séparée des vestiaires.

Toutes les solutions ne sont néanmoins pas trouvées. «Dans deux ans, il faudra mener les premières grosses révisions sur les nouvelles rames. Je n’ai toujours pas la solution, car ce ne sera pas possible avec nos installations actuelles.» Et comme le nouveau dépôt ne sera pas inauguré avant trois ans au moins, Pascal Juillerat et son équipe devront encore inventer quelques petits miracles. (24 heures)

Créé: 06.12.2015, 07h52

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