La Chaux se trouve à nouveau dans la tourmente

FinancesUn imbroglio dans les comptes de la Commune et de la Fondation culturelle et sociale de La Chaux provoque une nouvelle crise.

La Fondation culturelle et sociale de La Chaux est propriétaire de l’immeuble du Verdier, qu’elle a racheté à la Commune pour 1 million de francs.

La Fondation culturelle et sociale de La Chaux est propriétaire de l’immeuble du Verdier, qu’elle a racheté à la Commune pour 1 million de francs. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Décidément, le petit village de La Chaux peine à retrouver sa sérénité. Une année après sa mise sous régie par le Conseil d’Etat à la suite d’une violente crise politique, la Commune se trouve à nouveau dans la tourmente. En cause cette fois-ci? Un texte signé par le collège municipal (à l’exception de la syndique, Brigitte Dufour) dans le dernier bulletin communal. Pointant la Fondation culturelle et sociale de La Chaux (FSC), les quatre signataires relèvent de «graves dysfonctionnements» dans la gestion de l’organisme, créé en 2004. Pour démêler cet écheveau, un audit a été demandé à l’Autorité de surveillance des fondations.

Aucune malversation

Les faits remontent à la fin de l’été dernier. La préfète du district de Morges, Andréa Arn, fait alors part de plusieurs irrégularités dans les comptes de 2014. En substance, la bourse communale a pris en charge certains montants dont elle ne devait pas s’acquitter. Un exemple parmi d’autres: les frais de conciergerie et de gérance de l’immeuble Verdier, dont la FCS est propriétaire. «Dans ce genre de cas, il n’est pas question de modifier les comptes, souligne la préfète. Il s’agit simplement de corriger les exercices précédents l’année suivante.»

«Des ajustements sont en cours et la séparation stricte des comptabilités sera effective pour l’exercice 2015»

Paul-Henri Marguet, qui cumulait alors les casquettes de syndic et de président de la fondation, concède la présence de méprises dans les comptes. «Mais il ne s’agissait que d’erreurs d’imputation et non de malversations, se défend-il. D’ailleurs, après ma démission (ndlr: survenue en mai 2015), les deux entités ont été clairement séparées.» Sur ces points, l’actuelle Municipalité ne trouve rien à redire. Lors de la séance du Conseil de décembre dernier, l’Exécutif revenait sur cet imbroglio financier: «Des ajustements sont en cours et la séparation stricte des comptabilités sera effective pour l’exercice 2015.» Et de préciser qu’il n’y a eu «aucune malversation ou enrichissement personnel.»

Seulement voilà, l’affaire est loin d’être réglée. Dans le texte paru dans le bulletin communal, les quatre élus accusent la FSC: «La Municipalité a essayé de trouver un accord à l’amiable avec la fondation afin de préserver la paix du village et d’éviter des poursuites pour abus de biens publics. Mais, à ce jour, aucune des dispositions n’est entrée en vigueur.»

Et la liste des griefs est éloquente. En premier lieu, la Commune aurait notamment payé 50 000 francs de factures de la fondation. Une allégation vivement récusée par Patrick De Bruyne, membre du conseil de la FCS: «Cela ne tient pas la route! Nous avons réanalysé nos comptes, ceux-ci démontrent que le montant payé par la Commune s’élève en fait à 14 000 francs. Or nous avons déjà remboursé 10 300 francs.»

Subventions trop basses?

Outre l’embrouillamini constaté dans les comptes, les municipaux reprochent à la fondation de n’avoir octroyé que 28 000 francs de subventions aux associations villageoises telles que La Chaux 2000. Patrick De Bruyne le clame haut et fort: «Nous n’avons jamais refusé une seule subvention!»

Mais les accusations ne s’arrêtent pas là. «L’argent de la fondation est allé à l’entretien d’un immeuble considéré comme en très bon état au moment de sa vente à bas prix par la Commune», tonnent les quatre signataires du texte, affirmant par ailleurs que les caisses de la FSC seraient garnies d’un montant de 1,35 million. Des propos qui indignent Paul-Henri Marguet: «Quand on ne connaît rien à la construction et à l’entretien d’un bâtiment, on ne devrait pas donner son avis», s’emporte l’ancien syndic. Quant à la «fortune» de la fondation, Patrick de Bruyne insiste: «Cette somme n’est pas dans les caisses, elle est inscrite au compte pertes et profits. Cela sert à payer les charges, les frais d’entretien et les amortissements.»

«Quand on ne connaît rien à la construction et à l’entretien d’un bâtiment, on ne devrait pas donner son avis»

Nul doute que la prochaine séance du Conseil risque de se dérouler dans un climat électrique. Car la FSC y présentera ses comptes – comme chaque année. «Une grande majorité de la population tente de faire revenir le calme à La Chaux, mais un groupe malintentionné continue à semer le trouble», déplore Paul-Henri Marguet. Quant aux quatre municipaux, ils n’ont pas souhaité s’exprimer.

Créé: 27.05.2016, 18h02

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