Combat pour l’école à journée continue

Moiry-FerreyresUne douzaine de familles de Moiry et Ferreyres se battent pour avoir des places de garde dans le réseau.

Un groupe de parents mécontents s'est constitué pour demander que la mini UAPE de Moiry soit intégrée dans le réseau AJERCO.

Un groupe de parents mécontents s'est constitué pour demander que la mini UAPE de Moiry soit intégrée dans le réseau AJERCO. Image: CHRISTIAN BRUN

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C’est l’histoire de parents qui n’arrivent pas à se faire entendre. Le combat des familles de Moiry et de Ferreyres se manifeste sur plusieurs fronts. D’abord, comme la loi votée en 2009 l’exige, ils réclament l’horaire continu et une offre d’accueil collectif pour les élèves de 8 à 12 ans, encore inexistante au sein de l’Ajerco (Réseau enfance Cossonay et région). En plus, ils aimeraient que la structure Les Tites Rêveries, ouverte à Moiry en 2017, fasse partie de ce réseau. Ils ne comprennent pas pourquoi ce n’est pas possible.

Cette halte-garderie, ou structure à temps d’ouverture partielle (TOR), a été créée en 2017 par Aline Fridez, éducatrice. Cela correspondait à un réel besoin car les places disponibles ont vite été occupées par une quinzaine d’enfants. «Pour qu’elle soit pérenne, j’ai alors demandé qu’elle entre dans le réseau de l’Ajerco, raconte sa responsable, qui est actuellement en train de passer le témoin des Tites Rêveries. On m’a répondu que ma demande venait trop tard parce que le plan de développement était déjà bouclé.»

Porte-parole des parents mécontents, Aline Pingoud ajoute son explication: «On le lui a refusé sous prétexte qu’elle est une TOR alors qu’elle se disait prête à ouvrir plus largement. À ce jour, la raison pour laquelle l’Ajerco a refusé de l’intégrer reste obscure. Le réseau nous renvoie aux Communes et les Communes au réseau. On ne sait plus à qui s’adresser. C’est regrettable car les parents ne peuvent pas profiter d’un prix adapté au revenu.»

Sans subventions, et la directrice voulant appliquer des tarifs abordables pour tous, la structure a de la peine à tourner. Dès lors, Aline Fridez a demandé une aide financière aux deux Communes de Moiry et de Ferreyres. La première, en plus des locaux mis gratuitement à disposition, lui a accordé la modeste somme de 1000 francs comme garantie de déficit. Ferreyres a refusé.

«Nous finançons déjà les structures publiques du réseau, il n’y a donc pas de raison de financer cette halte-garderie privée», argumente le syndic, Alain Viret. À Moiry, le syndic Gilles Dolivo s’estime plus pragmatique que légaliste: «C’est une solution qui s’apparente à un service public. Autrement, il faudrait transporter les enfants, ce qui a aussi un coût. Ce n’est pas idéal, mais il y a toujours une différence entre la théorie et la pratique.»

Pas de demande officielle

Claude Borgeaud, directeur de l’Aras Junova (Association régionale d’action sociale du Jura-Nord vaudois), responsable de la gestion du réseau Ajerco, assure n’avoir jamais reçu de demande officielle pour que Les Tites Rêveries entre dans le réseau. Il précise que cette requête devrait provenir des Communes concernées (îlot ASI7) au comité directeur de l’Ajerco. «Pour qu’une telle demande puisse être validée, il faut que la structure remplisse certaines conditions au niveau des horaires, des locaux et du personnel, ajoute-t-il. Ce qui représente un coût, que les Communes concernées devront partiellement assumer. La demande doit donc être examinée d’un point de vue technique par le réseau, puis acceptée par les Communes qui paient.»

Cette explication éclaire le décalage existant entre les nécessités immédiates des parents et le temps dont les Communes ont besoin pour s’entendre sur les coûts et leur financement. Présidente du comité directeur de l’Ajerco, Ingrid Rossel, syndique de Vufflens-la-Ville, rappelle qu’il y a dix ans les débuts de la mise en place du réseau ont été difficiles. «Quand on a présenté le premier plan de développement des structures et les coûts par habitant, les Communes ont fait des sauts de cabri. On a dû y aller pas à pas.»

La présidente admet que la volonté politique de mettre en œuvre la loi sur l’accueil de jour des enfants varie d’une commune à l’autre. Et même quand il y a cette volonté, il peut y avoir d’autres obstacles, comme à Penthaz, où l’ouverture d’une UAPE de 24 places, prévue en août, n’a pas pu se faire pour des questions d’argent. «Pour la financer, il fallait une hausse d’impôt de deux points, que le Conseil a acceptée. Mais un référendum a annulé ce vote. Tout a été stoppé. Comment faire pour contenter tout le monde?»

Créé: 27.04.2019, 08h09

Des places en vue pour les 8-12 ans

Le réseau d’accueil de jour de la région de Cossonay (Ajerco, 27 communes) est né en 2009. Son premier déploiement a permis la création de places d’accueil collectif préscolaire. Son deuxième plan (2016-2019) a eu comme but de répondre aux besoins des enfants de 5 à 8 ans. Aujourd’hui, l’Ajerco compte, en préscolaire, 7 garderies avec 164 places, et 165 places en milieu familial.

Dans le parascolaire, il y a 5 UAPE pour les 1P-4P seulement, avec 104 places (236 enfants), et 175 places (299 enfants) en milieu familial. L’étude des besoins en places d’accueil dans le canton de Vaud à l’horizon 2025-2030 montre qu’il faudrait 48 places de plus (pour une centaine d’enfants), d’ici à 2025, pour l’Ajerco.

En février 2019, le réseau avait une liste d’attente de 369 demandes pour les rentrées scolaires 2019 et 2020. Le plan de développement 2020-2024 se basera sur ces deux indicateurs. Des UAPE seront créées pour les enfants entre 8 et 12 ans. Dès la rentrée d’août, la cantine scolaire de La Sarraz aura un encadrement. Les sept Communes concernées financeront cette prestation.

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