La Côte innove carte d’urgence pour le proche aidant

SoinsUn sésame permettra à ceux qui entourent les malades d’être mieux reconnus comme partenaires.

Gilbert Kislig s’occupe de sa femme, victime d’un AVC il y a dix ans, au quotidien.

Gilbert Kislig s’occupe de sa femme, victime d’un AVC il y a dix ans, au quotidien. Image: Christian Brun

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La Fondation de La Côte pour l’aide et les soins à domicile (FLC) va lancer début janvier la carte d’urgence du proche aidant. Une démarche novatrice, inspirée d’un concept mis sur pied récemment en France et en Belgique, qui permettra à celui qui s’occupe au quotidien d’un parent malade ou handicapé d’être mieux reconnu et intégré au sein du dispositif sanitaire de la région.

«Cette carte offre en outre une sécurité pour le malade au cas où le proche aidant est indisponible pour une raison ou une autre», explique Jacques Charbon, directeur de la Fondation de La Côte.

A la maison

Concrètement, le proche aidant pourra demander à l’un des sept centres médico-sociaux de la région, ou à l’Association des proches aidants, partenaire de la démarche, de lui délivrer cette carte d’urgence au format carte de crédit. Sur cette dernière ne figurera que le nom du titulaire, par souci de confidentialité, ainsi que la mention «Attention, je m’occupe d’un proche qui a besoin de mon soutien» et les coordonnées du centre médico-social de son lieu de résidence.

«Si la personne est soudain incapable de s’occuper de son proche, à cause d’un accident ou d’une hospitalisation urgente, la carte renvoie à un numéro de fichier et aux données personnelles du client tenues à jour par le CMS. Il peut alors déclencher le soutien nécessaire pour remplacer le proche aidant», explique Mercedes Puteo, responsable du CMS de Rolle, qui a d’ailleurs été établissement pilote dans le projet cantonal d’évaluation des besoins des proches aidants. On peut rejoindre ce dispositif gratuit même si la personne aidée n’est pas suivie par un CMS.

A l’hôpital

Outre un filet de sécurité, cette carte d’urgence doit permettre au proche aidant de s’identifier et d’être mieux reconnu par les milieux médicaux. «Il a ainsi une légitimation pour être considéré à parts égales avec les autres partenaires de soins», précise Jacques Charbon. La carte permettra d’ailleurs d’enregistrer des directives anticipées, afin de prendre des décisions médicales selon les vœux exprimés par le patient.

Grâce à une charte du proche aidant signée en octobre dernier par le Groupement hospitalier de l’Ouest lémanique (GHOL) et les Cliniques La Lignière (Gland) et Bois-Bougy (Nyon), ces établissements veulent désormais mieux intégrer les proches aidants. «Quand ces derniers arrivaient aux urgences, ils devaient rester dans la salle d’attente, alors que leur présence auprès des médecins permettrait d’accélérer la transmission des informations. Cette carte leur servira de badge d’identification pour être aussi présents durant l’hospitalisation de la personne aidée et avoir accès aux informations», explique Daniel Walch, directeur du GHOL. Le personnel de l’hôpital pourra être appelé à dispenser une petite formation aux proches qui se retrouvent soudain à la maison sans savoir comment empoigner, laver ou manipuler une personne handicapée.

«A terme, nous espérons convaincre d’autres CMS du canton d’adopter cette carte et qu’elle sera largement distribuée aussi par médecins, hôpitaux ou pharmaciens», conclut Jacques Charbon. (24 heures)

Créé: 09.12.2015, 20h31

Un sésame qui ouvre le droit à la parole

Lorsque sa femme a fait un AVC, il y a dix ans, Gilbert Kislig s’est retrouvé complètement désemparé. Après quatre mois de rééducation en hôpital, puis un long séjour à Aubonne, son épouse, qui a dû réapprendre à parler et n’a pas récupéré toute sa mémoire, a pu rentrer à la maison. «Elle est gravement impotente et moi, malgré l’aide du CMS pour la lever et l’habiller, j’étais stressé et paniqué car je ne savais pas comment m’y prendre à la journée», raconte cet octogénaire de Bassins, qui vient de fêter avec son épouse leurs 62 ans de mariage. Il a certes rapidement appris les gestes à faire, avec l’appui des aides à domicile. «Mais si on m’avait montré à l’hôpital déjà comment faire, je n’aurai pas vécu ce désarroi du début».

Depuis, Gilbert Kislig est devenu un aidant efficace, même militant puisqu’il est membre de l’Association des proches aidants fondée il y a une année et demie à Vullierens. C’est en l’écoutant que le directeur du GHOL, Daniel Walch, a pris conscience de la nécessité de développer un esprit de partenariat avec les proches aidants. «Car à l’hôpital, on est considéré comme un visiteur, on ne nous écoute par forcément, alors qu’avec nos compétences, on pourrait faciliter les choses», estime le retraité. La carte d’urgence lui ouvre enfin ce droit à la parole. «Ma femme doit bientôt se faire opérer de la cataracte et on m’a chargé de faire son transfert dans la salle d’opération!» se réjouit Gilbert Kislig.

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