Les «cow-boys» de Swisscom fâchent le téléréseau nyonnais

OpérateursLa présidente de Téléréseau de la Région Nyonnaise dénonce le démarchage agressif et déloyal du géant bleu.

Directeur de TRN, Phong Pham n'apprécie guère la campange de son grand concurrent.

Directeur de TRN, Phong Pham n'apprécie guère la campange de son grand concurrent. Image: Vanessa Cardoso

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Face au géant bleu, le Téléréseau de la région nyonnaise (TRN) n’y va pas de main morte. Sa présidente, la municipale Fabienne Freymond Cantone, vient d’adresser à Swisscom une lettre dans laquelle elle se plaint des méthodes «cavalières, déloyales», et même de «l’abus de confiance envers les clients» que représente la commercialisation de ses offres dans la région. Selon elle, Swisscom fait circuler deux messages mensongers pour convaincre les gens de changer d’opérateur. Dans un courrier adressé à tous les clients de téléphonie fixe de Nyon, fin 2014, Swisscom aurait informé que leur câblo-opérateur allait cesser très soudainement la diffusion de chaînes de TV analogiques, qu’il y avait donc urgence de changer d’opérateur «avant qu’il ne soit trop tard». Or l’arrêt total de la télévision analogique n’est pas envisagé sur le territoire de TRN, qui diffuse en plus depuis bientôt dix ans la TV numérique, soit 120 chaînes SD et HD sans décodeur.

Mais ce qui fait encore plus bondir le directeur de TRN, Phong Pham, c’est que Swisscom, dans sa campagne de démarchage lancée depuis le début de cette année, aborderait les futurs clients en leur annonçant «enfin l’arrivée sur Nyon de la fibre optique». «Cela fait vingt ans que la fibre optique est installée à Nyon! A cette époque, elle était ville modèle des PTT dans le cadre d’un projet pilote national pour la construction d’un réseau à large bande», rappelle Phong Pham. C’est donc l’ancêtre de Swisscom qui a construit le réseau nyonnais en fibres optiques et Swisscom qui l’a revendu en 1998 à la Ville, estimant cette technologie trop coûteuse et innovante pour les besoins de l’époque.

Swisscom dément
Porte-parole de Swisscom, Christian Neuhaus réfute ces accusations. Concernant le mailing incriminé, il précise qu’il s’agit d’une information générale. «On ne prétend pas à un arrêt de diffusion de certaines chaînes analogiques sur le téléréseau nyonnais, mais informons que la modification légale le permet et que l’offre analogique va en général diminuer.» Quant à la désinformation des démarcheurs de Swisscom, il n’en a aucune indication concrète. «Il reste néanmoins un risque de mauvaise interprétation de leurs propos par le destinataire.» Il y a deux ans, TRN et Swisscom semblaient pourtant avoir trouvé un terrain d’entente. Le 7 mai 2013, les deux concurrents signaient une lettre d’intention fixant un cadre pour négocier l’investissement conjoint dans la construction d’un réseau de fibres optiques jusqu’à la prise dans le nord de la ville. Mais quelques mois plus tard, TRN renonçait à toute collaboration, estimant qu’elle était perdante dans cette affaire. «Nous avons fait nos calculs et conclu que ça nous coûtait moins cher de réaliser notre propre développement», explique Fabienne Freymond Cantone.

Aller vers le client
TRN a donc choisi de partir seul pour développer son réseau de fibre optique pour Nyon et les 16 communes affiliées. «Cela nous prendra cinq à six ans, au lieu de quatre avec Swisscom», précise Phong Pham. C’est pour avoir plus de moyens financiers que la société a ouvert son capital en septembre dernier à la SEIC-Télédis, société active dans le Bas-Valais et le Chablais vaudois, qui a apporté 6,7 millions de francs. Pour améliorer son marketing et se rapprocher de sa clientèle, TRN a décidé de devenir «net + Léman», d’ouvrir un shop au centre-ville et de proposer la gratuité des installations multimédia à domicile.

Créé: 04.03.2015, 11h23

Une forte concurrence malgré la collaboration

Contrairement à Nyon, la Société électrique intercommunale de La Côte, à Gland, a conclu un accord avec Swisscom. «Chacun construit son réseau, nous au sud des voies CFF, Swisscom au nord et chacun paie la moitié de l’autre», explique Dieter Gisiger, directeur de la SEIC. Cela dit, la concurrence n’est pas gommée pour autant. C’est même la guerre, avoue le directeur. «Il faut se rendre compte qu’il y a dix ans encore, les téléréseaux avaient presque 100% des clients pour la télévision, Swisscom presque 100% des clients pour la téléphonie. Maintenant, les gens veulent les trois services, avec Internet, dans un multipack du même opérateur, ce qui fait que chacun perd une part de ses clients. La concurrence est donc très dure». L’analogique, technologie des années 80-90, ayant fait son temps (la RTS l’a supprimé en 2006, Cablecom pour avril prochain), les téléréseaux de Nyon et Gland ont encore gardé une vingtaine de chaînes de ce type pour ne pas forcer les vieux abonnés à acheter un nouveau téléviseur. Mais ce n’est qu’un sursis.

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