Créer une place au centre du village, un casse-tête

BegninsDes rivalités politiques et des conflits d’intérêts privés et publics ont transformé un joli projet de place du village en un véritable sac de nœuds.

Les habitants de Begnins aimeraient enterrer les voitures et aménager une place publique au centre du village.

Les habitants de Begnins aimeraient enterrer les voitures et aménager une place publique au centre du village. Image: YVES MERZ

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Le syndic de Begnins, Antoine Nicolas, n’a pas passé une bonne séance de Conseil communal mardi soir. «Je n’en ai pas dormi de la nuit», a-t-il déclaré le lendemain. Les débats ont effectivement été houleux et le syndic a été personnellement pris à partie. Au bout du compte, la Municipalité se retrouve avec le dépôt de deux motions, mais n’a toujours pas de solution pour régler le problème embrouillé de l’aménagement du centre du village ancien, qui prévoit une place publique, du bâti et un parking souterrain.

Une des deux motions (qui sera traitée lors du Conseil communal du 5 décembre) demande d’abroger le plan de quartier (PQ) Centre Nord, qui définit les droits à bâtir sur les parcelles concernées par le projet. La commission du centre du village et de l’aménagement du territoire juge ce document de 1992 obsolète. «Il hypothèque toute place ouverte sur la Grand-Rue parce qu’il permet la construction d’un bâtiment au mauvais endroit», résume Jean-Pierre Friedli, président de ladite commission.

Le syndic, Antoine Nicolas, n’est pas convaincu. «Si on veut faire quelque chose dans un délai raisonnable, il vaut mieux respecter le plan de quartier. Si on l’abroge, il faudra en faire un nouveau, et renégocier les droits à bâtir des propriétaires privés. Cela prendra des plombes.»

Clarification: la Commune est propriétaire des deux parcelles où elle envisage la place publique et la construction de quelques logements et arcades commerciales. Mais le plan de quartier s’applique à un périmètre plus large, comprenant des terrains privés par où la Commune espère obtenir des accès au parking souterrain prévu sous la place en question. Or, vendredi dernier, une des propriétaires a informé le syndic qu’elle ne voulait plus vendre son terrain. Ce qui a fait dire à plusieurs conseillers que le syndic avait raté une occasion. «Pas du tout, se défend-il. La propriétaire n’a jamais affirmé qu’elle voulait vendre. Elle a réfléchi et a pris sa décision, c’est tout.»

Le président de la commission, Jean-Pierre Friedli, ne cache pas sa déception. «Si elle ne nous avait pas dit qu’elle avait l’intention de vendre, nous n’aurions pas fait tout ce travail d’étude des accès des voitures par son terrain.» Mais tout ne semble pas perdu. La deuxième motion votée à l’unanimité du Conseil invite la Municipalité à tout entreprendre pour reprendre les négociations, qui pourraient déboucher sur l’obtention d’un droit de passage souterrain.

Créé: 25.10.2017, 18h41

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