Daniel Rossellat veut rester syndic de Nyon

Élections communalesLe patron de Paléo a officialisé ce lundi sa candidature à sa propre succession. Sans dire encore clairement qu'il se représente sous la bannière de la plateforme de gauche.

Daniel Rossellat se représente à la Municipalité, et à la syndicature, de Nyon.

Daniel Rossellat se représente à la Municipalité, et à la syndicature, de Nyon. Image: Alain Rouèche/Archive

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Il a laissé planer le doute, comme il l’avait déjà fait en 2011 lors de sa deuxième élection à la syndicature de Nyon. Daniel Rossellat, élu il y a sept ans sans être affilié à aucun parti, s’est décidé à rempiler pour un troisième mandat, malgré une fin de législature quelque peu chahutée. Après avoir dressé un état des lieux, pesé les intérêts, consulté tous les partis locaux et même commandité, à ses frais, un sondage pour vérifier sa cote de popularité, le fondateur et grand patron de Paléo entend redoubler d’énergie pour sa ville et ses habitants. «J’ai vu un lot de contrariétés raisonnablement supportables, mais beaucoup d’éléments de satisfaction, avec de nombreux projets qui se concrétisent», affirme celui qui ne veut pas lâcher en route des dossiers majeurs pour cette ville en mutation.

Alors que le centre droit nyonnais a déjà sorti un wagon de cinq candidats, avec l’objectif de reprendre la majorité à l’Exécutif, la plate-forme de gauche, sur la liste de laquelle le syndic a été réélu il y a quatre ans, n’a pas encore officiellement avancé ses pions, même si trois candidats – les socialistes Fabienne Freymond Cantone et Stéphanie Schmutz, ainsi que le Vert Olivier Mayor – sont déjà connus. «Je dois encore décider d’ici quinze à vingt jours d’un apparentement avec les Verts et les socialistes, mais les discussions sur les grandes lignes d’un programme sont en cours.»

Diriger au centre

Elu directement syndic sur sa notoriété, sans avoir jamais siégé dans un Législatif, Daniel Rossellat s’était ensuite approché, sans pour autant y adhérer, du parti des Verts. La formation avec laquelle il se sent le plus d’affinités, sans toutefois se départir de sa liberté. Car l’homme de spectacle veut rester sans parti. «C’était une bonne décision il y a sept ans, malgré quelques inconvénients, comme le manque de relais au Conseil communal.» Socialement à gauche, économiquement à droite, le syndic aime diriger «au centre», jouer l’arbitre. Dans ce sens, un rééquilibrage des forces à la Municipalité, voire un basculement vers une majorité de droite, ne serait pas pour lui déplaire. «Je peux travailler avec tout le monde, et avoir des candidats écoutés dans leur parti ne peut être que bon pour l’Exécutif.»

Gérer les échecs

A 62 ans, l’homme qui a donné, grâce à un festival de musique, une référence planétaire à sa ville natale se sent comme un poisson dans l’eau dans sa fonction de syndic. Il a tout de même dû avaler pas mal de couleuvres, ces derniers mois, dont la plus retentissante fut la faillite du Luna Classics. Lui qui avait déroulé le tapis rouge pour que le festival déménage de Saint-Prex à Nyon a vu la bulle éclater en laissant une ardoise que nombre d’élus nyonnais ne lui pardonnent pas. Autre ratage: l’absence d’un délégué de la Municipalité de Nyon au Conseil régional, ce qui a fait échouer le vote crucial sur le sauvetage de la télévision régionale. Le syndic était en voyage, les autres empêchés.

Dans un contexte préélectoral et de fixation des priorités, la droite a encore refusé d’engager un chef de projet pour diriger un plan de quartier majeur de la ville et renvoyé aux études un projet de chauffage urbain. Enfin, le chaos né des feux de circulation mis en place pour prioriser les bus, il y a une année, a fait tant de vagues sur les réseaux sociaux qu’un citoyen, tout aussi hors sol que Daniel Rossellat, se présente à la Municipalité pour défendre la vox populi!

«Je n’y suis pour rien dans la faillite de Luna, mais j’étais sur la photo à son arrivée! Et si le chauffage à distance avait été porté par un municipal PLR, le projet aurait certainement passé. Je sais relativiser ces échecs car je suis de nature fondamentalement optimiste», réagit le syndic. Sa cote de popularité est-elle en chute libre? «Il peut y avoir une érosion avec l’exercice du pouvoir, d’autant plus qu’il faut défendre des positions qui ne sont pas toujours les miennes. Mais si je peux m’attribuer un mérite, c’est d’avoir réussi à améliorer l’état d’esprit entre la Municipalité et les acteurs locaux, et entre Nyon et sa région.» (24 heures)

Créé: 02.11.2015, 22h16

Les axes de la prochaine législature

Il y a les projets déjà lancés et votés par le Conseil communal de Nyon, comme les constructions scolaires et sportives, l’Auberge de Jeunesse et l’Usine à Gaz, qu’il s’agit de conduire jusqu’au bout. Et il y a ceux que le syndic Daniel Rossellat met dans ses priorités pour la prochaine législature.

Place Perdtemps Un projet qui lui tient spécialement à cœur et qu’il espérait concrétiser plus vite: enterrer ce grand parking situé au milieu de la ville tout en l’agrandissant de 200 places. «Les avis divergent au sein de la Municipalité sur l’affectation en surface. Moi qui l’ai connue gamin, je verrais bien une grande place plantée de hautes tiges, d’autres une plus petite entourée de constructions.»

Colovray La zone entourant le stade de Nyon, dont la gestion a été confiée à l’UEFA voisine, est promise à recevoir un hôtel, une salle polysport et autres équipements de loisirs, en partenariat public-privé.

Le Martinet Un plan de quartier situé derrière la gare de Nyon qui est en souffrance depuis le refus par le peuple d’une Petite Ceinture routière.

Le Musée du Léman Le syndic a réussi à relancer une dynamique pour son extension, grâce notamment à des dons de mécènes qui ont permis de financer un concours d’architecture.

Le commerce local Les loyers chers, le franc fort et la concurrence des centres commerciaux et de la France voisine mettent à mal les magasins du centre-ville.

L’amphithéâtre Découvert il y a dix-huit ans déjà, ses ruines dorment sous des bâches en attendant la réalisation d’un projet de parc didactique. G.B.

«Sa candidature est légitime»

Attendue depuis longtemps, la décision de Daniel Rossellat ne surprend personne dans le landerneau politique nyonnais. «On était certains qu’il se représenterait, et il est tout à fait légitime qu’il le fasse», se contente d’observer Roxane Faraut Linarès, présidente du PLR nyonnais et candidate à la Municipalité. La conseillère communale ne dira par contre rien du plan concocté par le centre droit pour contrer le très populaire Rossellat. «Nous sommes encore loin de l’élection à la syndicature, occupons-nous déjà du premier tour.» Et de garder ensuite quelques cartouches pour la conférence de presse organisée demain par l’alliance de droite. Chez l’allié UDC, le chef de groupe Sacha Soldini en dit encore moins sur ce «secret de Polichinelle». Et si la droite regagne la majorité à la Municipalité mais que le patron de Paléo garde son fauteuil de syndic? «De toute façon, quelle que soit la majorité, son rôle ne changera pas!» «La seule chose qui m’embête vraiment, c’est que Daniel Rossellat roule avec la gauche, estime pour sa part le Vert’libéral Patrick Buchs. Si la droite l’emporte, il verra combien il sera plus facile de faire avancer ses projets avec nous plutôt que dans la situation actuelle.» Reste le programme esquissé par le candidat Rossellat. «Il liste les problèmes que connaissent les Nyonnais mais n’apporte aucune solution», regrette l’élu vert’libéral. «Une lettre au Père Noël», scande son alliée PLR. A propos d’alliance: en cas de victoire de la droite, le syndic Rossellat ne pourrait-il pas retourner sa chemise? «Il ne le voudra sans doute pas, assure Alexandre Démétriadès, président du PS nyonnais. Même s’il se dit économiquement à droite, nous partageons de nombreux points de vue, y compris sur ce volet-là.» G.B.

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