Divonne renonce au projet d’usine d’eau minérale

France voisineLe maire de la cité thermale a annoncé mardi soir qu’il n’y aura pas d’usine d’embouteillage. Il a reçu une salve d’applaudissements.

Stop Embouteillage manifestait encore avant d’apprendre l’abandon du projet.

Stop Embouteillage manifestait encore avant d’apprendre l’abandon du projet. Image: JEAN-LUC GUINNARD

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Volte-face inattendue des autorités divonnaises. Devant une salle de l’Esplanade archipleine de plus de 500 personnes, le maire de Divonne Vincent Scattolin a surpris tout le monde en annonçant l’arrêt du projet de construire une usine d’embouteillage d’eau minérale dans sa ville. Ce projet monumental, qui prévoyait la production de 400 millions de bouteilles d’eau par année, était décrié des deux côtés de la frontière. Les opposants craignaient son impact sur les sources d’eau de la Versoix et le trafic transfrontalier de 160 camions par jour. Même le Conseil fédéral avait été interpellé sur ce dossier bouillonnant.

Cette annonce est d’autant plus surprenante que le permis de construire avait été délivré par la Commune en mars dernier. Cet accord avait alors déclenché une forte vague d’oppositions. Mardi, le maire Vincent Scattolin a déclaré que cette décision de renoncer à l’usine avait été prise suite à une rupture de confiance avec le porteur du projet, la société Andrénius, présidée par Patrick Sabaté: «Nous avons multiplié les échanges pour obtenir des garanties et n’avons jamais eu de réponses satisfaisantes.»

En fait, la Commune n’a pas obtenu de plan financier suffisamment crédible. Et le porteur du projet, début août, a refusé d’inclure au contrat une série d’avenants écologiquement contraignants. Le maire aurait souhaité que la Société d’exploitation des eaux minérales de Divonne-les-Bains donne des garanties que le transport et le recyclage des plastiques soient compatibles avec sa politique menée dans le domaine de l’environnement et du développement durable.

L’arrêt du projet ne serait donc pas motivé par l’impact négatif qu’aurait pu avoir le pompage de 80'000 litres d’eau par heure sur les sources de la Divonne, qui devient la Versoix en Suisse. Cette préoccupation majeure avait pourtant incité le conseiller national genevois Carlo Sommaruga à interpeller le Conseil fédéral. Et huit communes de Terre Sainte, plus Versoix et Céligny, ont déposé un recours «gracieux» contre le projet, parce qu’elles craignaient un assèchement des nappes phréatiques et donc une baisse du débit de la Versoix. Les Communes françaises du Pays de Gex, qui se sont déjà retrouvées en déficit d’eau à plusieurs reprises, avaient aussi exprimé leurs craintes.

Une page tournée?

La page est-elle définitivement tournée? Certes, les opposants exultent. Et le vice-président du Conseil municipal de Versoix, Michel Zimmermann, qui avait parlé de casus belli lors d’une précédente séance d’information publique houleuse, a publiquement félicité le maire d’avoir pris cette décision. Tout comme la députée suppléante Christina Meissner, également présente dans l’assemblée mardi, qui avait déposé une motion demandant au Grand Conseil genevois d’exiger d’être impliqué dans les discussions et dans l’étude d’impact.

Pourtant, les dix Communes suisses n’ont pas encore décidé de retirer leurs recours. Alain Barraud, syndic de Chavannes-de-Bogis, village qui aurait été impacté par le trafic de camions, se dit soulagé par la décision divonnaise. Mais il attend un document écrit de la mairie de Divonne. «Nous avons jusqu’à mi-septembre pour décider si nous voulons que notre recours passe au «contentieux». Nous avons besoin de toutes les garanties pour suspendre cette procédure.»

Les Divonnais, qui ont déjà dépensé de grosses sommes dans l’étude du projet (environ 53'000 euros par année depuis 1991), ont encore un souci majeur: le prix que pourrait leur coûter la rupture de contrat avec la société Andrénius. Vincent Scattolin s’est refusé à articuler des montants. «Le dossier est entre les mains de nos avocats». Le PDG d’Andrénius, Patrick Sabaté, contacté par téléphone, se refuse à tout commentaire. Reste une question: est-ce qu’un autre projet d’usine est dans les tiroirs de la mairie? Vincent Scattolin assure que non, mais il cherchera toujours à valoriser l’eau de Divonne-les-Bains. Le maire, revenu à des projets plus mesurés, propose de réaliser une fontaine publique d’eau minérale au cœur de la ville.

Créé: 03.09.2019, 23h43

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