Après dix ans, le Village du Monde a-t-il encore un avenir?

Paléo Dix ans déjà que le festival dans le festival programme des artistes provenant du Sud. A-t-on fait le tour de ces musiques?

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En 2003, Paléo avait vu grand en invitant l’Afrique pour inaugurer son tout nouveau Village du Monde. Puis il y a eu l’Amérique du Sud et l’Asie. Alors déjà, on se demandait comment le concept allait évoluer, vers quel nouveau continent? Les organisateurs ont zoomé sur les Balkans, l’Afrique du Nord, le Brésil, l’Inde, l’Afrique australe, les Caraïbes et cette année, le Moyen-Orient. Et ensuite? «L’océan Indien en 2013, confie Amaryllis Blanchard, responsable de ce festival dans le festival. Mais il est vrai qu’on est en train d’épuiser nos ressources. D’ici quatre ans, on aura fait le tour des régions du Sud.»

Dès lors, on pourrait penser que le Village du Monde disparaîtra. Car Daniel Rossellat rappelle qu’à l’origine, «le but était de donner un coup de projecteur sur une richesse musicale et culturelle qui a de la difficulté à s’exporter». Soit celle des pays émergents, bien différente de la culture occidentale, très marquée par les musiques médiatisées provenant des Etats-Unis et d’Angleterre.

La possibilité de resserrer le focus sur des régions plus petites, plus ciblées, reste envisageable. Mais si Paléo a toujours fait attention à ne pas présenter un Village du Monde qui ressemble à la vitrine d’un Office du tourisme, il veut également éviter de créer un ghetto ethnographique pour intellectuels tiers-mondistes.

Le boss du Paléo en est persuadé, «pour que ça marche, il faut que la richesse musicale reste accessible au plus grand nombre. Il ne faut pas être intégriste. Mais si on se tourne vers des pays du Nord, plus occidentalisés, il faudra voir comment conserver cette part d’exotisme. Et si on décide de revisiter certaines régions du Sud, il faut se dire qu’il y a plusieurs manières de voyager. Ce concept n’est pas un dogme, il peut évoluer.»

Amaryllis Blanchard ne dira surtout pas le contraire, elle qui fourmille d’idées. «Il y a des pays nordiques intéressants à découvrir. Et même, à l’extrême, pourquoi pas la Suisse traditionnelle? Chez nous aussi, il y a des projets humanitaires à soutenir. Et pour l’ambiance, on fera preuve d’imagination. Cette formule a encore un bel avenir. On pourrait choisir des thèmes plutôt que des régions. Par exemple la Route de la Soie ou le monde insulaire. Le tout est de rester original et d’apporter quelque chose de nouveau».

Créé: 20.07.2012, 15h18

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