Il doit remettre les pendules à l'heure au château de La Sarraz

PatrimoineL'ancien patron de l'Espace horloger de la Vallée de Joux a été désigné pour imaginer la nouvelle muséographie d'un site culturel encore fragile.

Après avoir fait les belles heures de l'Espace horloger de la Vallée de Joux, Vincent Jaton a reçu mandat de dépoussiérer le château de La Sarraz.

Après avoir fait les belles heures de l'Espace horloger de la Vallée de Joux, Vincent Jaton a reçu mandat de dépoussiérer le château de La Sarraz. Image: Jean-Paul Guinnard

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«Le Phénix!» Voilà comment le conseiller d’État Pascal Broulis avait imagé la renaissance programmée du château de La Sarraz il y a tout juste deux ans, lorsque Canton et Commune avaient annoncé tout sourire leur apport de 1,6 million de francs (à parts égales) pour le sauvetage de ce monument du patrimoine vaudois.

Depuis ce jour, la direction du musée construit l’avenir brique après brique, la rigueur financière étant plus que jamais… de rigueur. Pour viser la pérennité et des lendemains qui chantent – le musée a été fermé de 2012 à 2016 suite à une inondation –, il y a le travail du quotidien, les salles à louer, les mariages à accueillir, etc. Mais aussi, et surtout, une vision à plus long terme qu’il s’agit de développer pour faire du château un espace culturel où l’on se rend comme une évidence lorsqu’on évoque la sortie familiale du week-end ou une activité de vacances avec les enfants.

C’est ce qu’on appelle la «refonte muséographique», laquelle a fait l’objet d’une mise au concours remportée par Vincent Jaton. Établi en Lavaux, ce dernier est bien connu pour avoir regonflé l’Espace horloger de la vallée de Joux de 2008 à 2017, avec des expositions qui font encore parler d’elles, comme celle consacrée aux montres de James Bond. «Je suis un concepteur-muséographe qui s’est retrouvé à la direction de fil en aiguille, sans l’avoir prémédité. Je suis heureux de tout ce qui a été fait là-bas, mais après dix ans, j’ai fait le tour de la question et j’ai pu m’en aller en ayant donné une direction pour l’avenir.»

Le quinquagénaire est tombé sous le charme du château sarrazin, légué à la collectivité en 1911 par le dernier membre de la famille de Mandrot. «Les gens ne sont pas conscients du rôle qu’a joué ce lieu en faveur de l’architecture moderne à son époque. Hélène de Mandrot a fait venir ici des légendes comme Le Corbusier, des artistes, des créateurs, mais aussi des figures du cinéma indépendant. C’est cette histoire qu’il faut faire revivre et pas uniquement montrer des pièces d’un bâtiment, aussi grandiose soit-il.»

Avec ses complices habituels, Laurent Clément et Blaise Magnenat, en charge de la scénographie et du design, Vincent Jaton sait qu’il a du pain sur la planche, compte tenu des moyens limités à disposition de la Fondation.

Familles à l’honneur

«J’ai d’emblée ressenti une dynamique, une volonté d’avancer et d’ouvrir cet endroit vers l’extérieur. J’ai hâte d’y apporter ma patte, en collaboration bien sûr avec la conservatrice Tiziana Andreani. Mon idée est d’aller puiser dans les collections pour redonner du faste à chaque pièce et que les futurs visiteurs soient accueillis par les personnages et surtout les familles qui ont façonné l’histoire de ce château. J’ai envie de provoquer une rencontre avec beaucoup de surprises!»

Pour cet expert de l’horlogerie et des grandes complications, le compte à rebours est donc enclenché puisque la fin du lifting – ou la révolution, c’est selon – est agendée pour avril de l’année prochaine. «On entre dans le concret, les décisions et les appels d’offres afin de pouvoir lancer les travaux dès le mois de juillet. Ce mandat limité dans le temps doit aussi permettre d’offrir des pistes pour le futur, des mises à jour pour l’équipe en place, comme dans un smartphone, une fois que je l’aurai achevé. Car un musée et ses expositions doivent évoluer en permanence.» Avec l’espoir que le château de La Sarraz – et son voisin, le Musée du cheval – se taillent une bien meilleure place dans les guides et les suggestions touristiques qu’elle ne l’est à ce jour. (24 heures)

Créé: 11.03.2019, 17h57

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Un édifice qui fait trop de «caprices»

«2019 une année de transition», explique la directrice du site, Florence Bonneru, à l’aube de la nouvelle saison. Mais même si les forces de travail sont tournées vers ce projet phare qu’est la refonte de 2020, cette année comporte tout de même des activités assez riches.

«À terme, notre défi est de parvenir à augmenter la billetterie de manière significative afin de dégager davantage de ressources financières pour ne plus dépendre aussi fortement des «caprices» du bâtiment», dit encore Florence Bonneru.

«Il faut comprendre que les frais d’entretien représentent environ un tiers de nos charges, poursuit-elle. Nous ne sommes jamais à l’abri d’un coup dur avec le chauffage ou récemment des dégâts sur le toit, ce qui a un impact direct sur la partie muséale.

Cela rend notre situation vulnérable, mais nous en avons conscience et c’est donc pour cela que nous essayons en parallèle de consolider notre capacité d’accueil, car nous disposons d’une belle force de frappe avec les salles que nous mettons en location, pour les séminaires et les mariages.»

Et de conclure: «Il faudrait juste que les couples s’unissent toute l’année et pas uniquement les samedis de la belle saison!»

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