Une élue remet en cause la gestion de l'Usine à Gaz

NyonLa présidente du PLR nyonnais veut mettre au concours l’exploitation de la salle agrandie.

Pierre-Yves Schmidt dirige l’Usine depuis vingt ans. La conseillère communale Roxane Faraut-Linares suggère de mettre au concours la gestion de la salle.

Pierre-Yves Schmidt dirige l’Usine depuis vingt ans. La conseillère communale Roxane Faraut-Linares suggère de mettre au concours la gestion de la salle. Image: Florian Cella

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De prime abord, la proposition de Roxane Faraut-Linares frise l’hérésie. La présidente du PLR nyonnais a demandé, dans une interpellation développée lundi au Conseil communal, que la Municipalité mette au concours le mandat d’exploitation de l’Usine à Gaz. Alors que les élus se prononceront en décembre sur le crédit de réalisation d’une deuxième salle pour ce lieu culturel, elle estime qu’il faut en parallèle se poser la question de sa future gouvernance.

«Loin de moi de dénigrer le travail conséquent réalisé par l’Association Usine à Gaz durant vingt ans, mais le choix de la Municipalité de confier, de fait, ce potentiel futur centre à l’exploitant actuel prive le lieu de propositions alternatives.» Pour l’interpellatrice, une seconde salle ouvre des possibilités de programmation et de création dans une multitude de disciplines artistiques: «La Ville va investir dans les murs, augmenter les subventions, il me semble donc normal d’ouvrir un concours, sachant que l’Association Usine à Gaz pourra aussi postuler.»

Pas de hauts cris

Elle n’était apparemment pas la seule à penser qu’un renouvellement à la tête de l’Usine mérite réflexion. Aucun élu n’a bronché à l’énoncé de cette demande. C’est que la salle de spectacle et son directeur, Pierre-Yves Schmidt, ne font pas toujours l’unanimité, certains estimant que sa programmation est trop alternative, soit trop élitiste. En coulisses, quelques voix évoquent des relations parfois difficiles avec d’au­tres utilisateurs de la salle.

«Au moment d’agrandir l’Usine, il est juste de vouloir faire le point, de voir comment exploiter au mieux ce nouveau potentiel»

Municipal de la Culture, Olivier Mayor s’avoue quelque peu surpris par la démarche. «Car l’Association Usine à Gaz fonctionne bien et fait, avec ses bénévoles, un travail de gestion extraordinaire en tant que service public délégué. Avant de vouloir la remplacer, je me demande quel est le présupposé de cette demande de mise au concours.» Veut-on simplement la tête du directeur, qui est en place depuis vingt ans? «Je ne me prononcerai pas sur ce point, sachant que les dirigeants d’institutions culturelles ne sont pas toujours soutenus ni aimés par tous», note le municipal, tout en admettant que l’interpellation, à laquelle la Municipalité répondra à la prochaine séance, pose de bonnes questions, mais sans expliciter sa motivation profonde.

Un poste exposé

Le syndic Daniel Rossellat admet que, dans la plupart des institutions culturelles, il est plutôt rare qu’un directeur reste en place durant vingt ans. «C’est un poste forcément exposé. Au moment d’agrandir l’Usine, il est juste de vouloir faire le point, de voir comment exploiter au mieux ce nouveau potentiel, car le changement sera important, tant pour l’association, qui n’a pas démérité, que pour le lieu.»

Pour Alexandre Démétriadès, président du PS nyonnais, l’interpellation a au moins le mérite de distinguer la gestion du lieu de la décision que doit prendre la commission du Conseil sur les murs. Et confirme que l’exploitation des salles doit rester dans un cadre associatif. «J’espère que la Municipalité laissera en place le partenariat historique avec son association. Car, si on regarde bilan et chiffres, ils sont bons et le public est là. Cela n’empêche pas d’évoluer», estime le socialiste, pour qui se préoccuper maintenant de la manière de gérer le lieu peut rassurer ceux qui ne sont pas favorables à l’extension de l’Usine. Et de rappeler que les milieux culturels nyonnais sont tous derrière le projet.

Du sang neuf

Reste que certains, comme les programmateurs de La Parenthèse et des groupes suisses au Paléo Festival, ont conditionné leur soutien à la deuxième salle pour autant que le programme en musiques actuelles, qui manque de dynamisme, soit plus étoffé et que du sang neuf vienne appuyer le comité. «Après vingt ans, il est difficile de conserver l’ADN du lieu, d’autant plus qu’on demande à l’Usine de tout faire, des concerts assis et debout aux spectacles pour enfants», relève Benjamin Zumstein, patron de La Parenthèse.

Créé: 10.11.2015, 18h24

Agacé, mais plutôt serein

Big boss de l’Usine à Gaz, Pierre-Yves Schmidt s’avoue très surpris par cette interpellation, tombée du ciel à un moment crucial pour la salle nyonnaise. «Depuis vingt ans, on a prouvé notre compétence et, si le projet d’extension existe, c’est que?l’association en a tracé les?grandes lignes il y a dix ans déjà.» Employé par l’association, et non par la Ville, le directeur se?dit plutôt serein face à cette remise en cause. «L’Usine existe grâce à l’association voulue par?les autorités nyonnaises. Et?il?n’y en a pas d’autre qui a notre?métier pour exploiter une salle de spectacle. Nous avons de?nombreuses collaborations avec les autres acteurs culturels de la ville, sans parler des soirées spéciales à gérer et les locations de la salle», estime le directeur, qui table justement sur la?deuxième salle pour développer l’offre culturelle et?les partenariats. «C’est à?l’Exécutif de répondre à la?question de l’interpellatrice.»

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