L'élue solitaire sort de sa réserve pour le climat

MorgesUne motion sur la stratégie énergétique de la ville a mis en lumière l'isolement des vert'libéraux.

Alice de Benoit est la seule élue morgienne des vert'libéraux, un parti qui doit absolument recruter s'il veut peser sur les décisions du Conseil communal.

Alice de Benoit est la seule élue morgienne des vert'libéraux, un parti qui doit absolument recruter s'il veut peser sur les décisions du Conseil communal. Image: Alexandre Grieu

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La récente motion déposée par Alice de Benoit (28 ans) visant à encadrer la stratégie climatique de la Municipalité a eu le mérite de rappeler deux éléments: le Conseil communal de Morges compte en effet quelques jeunes élus dans ses rangs et parmi eux une unique représentante des Vert’libéraux, ce qui n’est pas forcément évident aux yeux de tous.

Accueillie au sein de l’Entente Morgienne, Alice de Benoit a dès lors réalisé ce qu’il est convenu d’appeler un joli coup en ralliant à sa cause une petite vingtaine de conseillers pour mettre la pression sur l’Exécutif dont la stratégie énergétique 2035 est jugée peu lisible par les signataires. «C’est moi qui porte ce texte, mais il est en réalité le fruit d’un travail collectif réalisé au sein du groupe Clim’action, qui compte des membres de plusieurs formations politiques. La Ville s’est engagée sur des objectifs climatiques à l’horizon 2035, mais nous avons l’impression que le suivi fait défaut et nous aimerions savoir régulièrement ce qui est entrepris pour atteindre des objectifs très ambitieux, soit des réductions massives de consommation d’énergie ou d’émissions de CO2. Il nous manque un véritable plan d’action plutôt qu’une liste de bonnes intentions. Mon souhait est que nous puissions disposer d’un rapport simple mais clair tous les six mois.»

La tribune donnée à l’élue – qui avait déjà fait parler d’elle il y a dix ans en sauvant les grillades à la plage de Préverenges – n’est pas négligeable, même si la motion doit encore faire son chemin. Et que, malgré leur appétit renforcé par les grèves du climat, les Vert’libéraux peinent à garnir leurs rangs dans le district de Morges et sont encore des Verts solitaires. «Le fait de compter deux députées confirmées avec Martine Meldem et Claire Richard pour un parti aussi jeune montre bien que nous avons un potentiel électoral important et que nos idées sont bien reçues», assure Laetitia Bettex, présidente de la section qui englobe ville et district de Morges.

Mais comment les faire progresser quand on ne dispose que d’un seul représentant sur 100 au Conseil communal? «L’idéal est de constituer un groupe politique, et c’est d’ailleurs l’objectif à moyen terme, poursuit la responsable. Notre tâche est cependant un peu plus difficile que pour les partis plus anciens, car nous n’avons presque pas de moyens et les jeunes qui partagent notre programme ne voient pas forcément la nécessité de s’engager en politique. D’autant plus que celle-ci se mène de plus en plus dans des groupes en marge des circuits classiques comme peut l’être une assemblée communale.»

La campagne qui démarre pour le Conseil national constitue ainsi une occasion en or pour profiler de nouveaux visages, comme Alice de Benoit et Laetitia Bettex justement. Avec peu de risque d’en voir un élu, mais l’opportunité d’occuper l’espace et de capitaliser pour demain.

Créé: 24.04.2019, 20h03

Les routiniers confisquent le micro

Ambiance

En développant sa motion, Alice de Benoit a aussi tranché dans le paysage d’un Conseil où le micro est «confisqué» par une douzaine d’élus, guère plus. On pense évidemment au PLR Jean-Hugues Busslinger, qui est sans conteste le ténor de l’assemblée – par la voix et la tenue – qu’il est rare de ne pas entendre, comme ses collègues Richard Bouvier, Pierre Marc Burnand et Bertrand Gilliard. En face, c’est le président du PS Bastien Monney qui leur donne la réplique, le Nobel Jacques Dubochet, le popiste Jean-Bernard Thüler et le Vert Mathieu Bornoz. Outre quelques voix éparses, la grande majorité reste, elle, silencieuse.

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