La tradition de la boucherie à la ferme entre au musée

GinginsLe Musée de Chiblins organise sa première exposition temporaire avec l’espoir d’accroître sa fréquentation.

Une photo de l'exposition

Une photo de l'exposition "Boucherie de campagne, tradition vivante", prise chez un paysan à Le Vaud. Image: ERIC MEYLAN

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«On dit que le Moulin de Chiblins abrite la plus belle collection de Suisse avec plus de 2000 objets. C’est magnifique, mais cela ne suffit pas à attirer le public», remarque Pierre-Alain Humbert, président de la Fondation du Centre historique de l’agriculture, propriétaire et gérante des lieux.

Inauguré en 1991, le Musée romand de la machine agricole a de nombreux atouts. Mais il manque de visibilité et doit être modernisé. Plusieurs projets sont en attente de financement. D’ici là, on y organise une première exposition temporaire (du 19 avril au 28 octobre), sur le thème de la «Boucherie de campagne, tradition vivante», pour essayer de relancer l’intérêt des visiteurs.

C’est un photographe de la région, Éric Meylan, qui est venu frapper à la porte du Moulin de Chiblins avec sa collection d’images illustrant cette tradition ancestrale en voie de disparition. Habitant de Le Vaud, il a réalisé ses reportages chez deux agriculteurs du village, et chez un paysan de Genève. «On faisait déjà boucherie à la ferme de mes parents à Cologny. Trente-cinq ans plus tard, j’ai remarqué que les pratiques étaient restées les mêmes», relève cet ancien enseignant en images et médias.

Pierre-Alain Humbert, fils d’une famille paysanne de Burtigny, confirme: «J’ai retrouvé un texte de 1946 qui décrit une journée de boucherie à la campagne. Rien n’a changé, ou presque.» Le texte servira d’ailleurs de guide pour les photographies. Afin de compléter l’exposition, Willy Rochat, boucher à la retraite, a mis ses beaux outils à disposition du musée, et trois films seront projetés, dont un documentaire, «Le panier à viande» (1966), de Jacqueline Veuve.

Cette exposition a toute son importance puisque la boucherie à la ferme est en voie de disparition en Suisse. L’abattage du porc ne répond plus aux besoins nourriciers d’une famille paysanne d’aujourd’hui, et il n’y a aucun intérêt économique puisque les produits de la boucherie à la ferme ne sont pas autorisés à la vente. De plus, les bouchers itinérants ont peu à peu disparu. Et les agriculteurs, désormais spécialisés dans certaines cultures, ont abandonné l’élevage des cochons, qui demande du travail supplémentaire.

À la peine

Pierre-Alain Humbert ne doute pas que cette thématique devrait intéresser la population. Mais il sait aussi que cette opération ne suffira pas à récolter assez d’argent pour relancer le musée, qui n’accueille pas plus de 2000 visiteurs par an. «On vit à 70% grâce au secteur restauration. Nos finances sont saines, mais nous n’avons pas de réserves pour investir dans de nécessaires projets de développement (audioguide, signalétique, buvette, boutique), ni même pour payer la rénovation du système de défense incendie ou l’isolation du bâtiment. Nous avons un très bel outil mais cher à entretenir, et nous ne recevons aucun soutien, ni de la Confédération ni du Canton.»

Le président de la fondation est même un peu fâché avec le Canton, «qui nous complique la vie. On avait un projet d’usine hydraulique. On a passé par tous les méandres de la procédure pour nous entendre dire que ce n’était ni écologique ni rentable. Et, quand on a voulu construire un nouveau hangar, on nous a mis tellement de contraintes qu’on a renoncé. Enfin, si on demande un soutien financier pour le musée, on nous répond qu’on est un musée romand. Qu’est-ce que vous voulez faire?!» (24 heures)

Créé: 18.04.2018, 07h12

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