Faciliter l’intégration avec la méthode «tupperware»

NyonLa Ville de Nyon recrute des animatrices qui encadreront des rencontres chez les migrantes pour échanger des infos.

Marie-Christel Ciliberto (à gauche) et Aurélie Hegetschweiler seront animatrices pour Femmes-Tische.

Marie-Christel Ciliberto (à gauche) et Aurélie Hegetschweiler seront animatrices pour Femmes-Tische. Image: Chantal Dervey

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La méthode ressemble aux réunions tupperware connues des ménagères du monde entier. Mais, dans le programme Femmes-Tische (nom qui fait écho au StammTisch, table des habitués d’un bistrot), on ne vend pas un récipient en plastique, on parle intégration. Le concept est né en Suisse alémanique en 1996. Dans le canton de Vaud, Nyon est la deuxième ville, après Yverdon, à lancer ce programme. Son principe? Proposer aux migrantes des réunions, dans un lieu familier, pour discuter de toutes sortes de problèmes.

«De nombreuses personnes venant de l’étranger, et pas seulement des primo-arrivants, manquent d’informations sur des sujets touchant leur vie quotidienne, constate Christiane Piazzini, déléguée à l’intégration de la Ville de Nyon. Les femmes en particulier, parce qu’elles sont plus isolées socialement, ou parce qu’elles parlent mal le français, ont beaucoup de questions liées aux assurances, à la scolarité, à la formation, à la retraite… Et souvent elles n’osent pas se rendre aux guichets des administrations car elles sont impressionnées par les structures institutionnelles.»

En proposant de réunir les migrantes – les hommes sont également les bienvenus – dans un cadre décontracté, soit chez quelqu’un, soit dans un lieu public (maison de quartier, bibliothèque…), le programme Femmes-Tische veut combler ces lacunes. Les échanges sont encore facilités par le fait que les rencontres se font en petits groupes et souvent dans la langue maternelle des participantes.

Pas un rôle de conseillère

Responsable du centre créé par le Service social de la Ville de Nyon pour mettre en place ce programme, Christiane Piazzini a commencé par recruter six ou sept animatrices disposant d’un bon réseau dans leur communauté d’origine.

Cet automne, ces personnes suivront une courte formation pour apprendre à encadrer les rencontres et à mener les discussions. Mais, n’étant pas spécialistes d’un thème, elles n’endossent pas un rôle de conseillère. Elles sont chargées de trouver des participantes, et des hôtesses d’accord de recevoir les réunions chez elles. Ces «tables rondes» débuteront en 2019.

À ce jour, six personnes ont manifesté leur intérêt: une Italienne, une Albanaise, une Allemande, une Marocaine, une expatriée anglophone et une Suissesse, déjà engagée bénévolement dans l’association Le lieu-dit, qui vise à favoriser l’intégration de migrants en exil à Nyon. «En tant que conseillère communale, je fais aussi partie de la Commission Suisses-Étrangers, précise Aurélie Hegetschweiler. Lors de la Fête des voisins de mon quartier, où il y avait une forte communauté anglophone, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas que le bas seuil de la société qui avait des besoins. Les expats ont aussi beaucoup de questions, d’autant plus qu’ils restent plus longtemps chez nous qu’auparavant.»

Christiane Piazzini relève qu’Aurélie est une personne de ressource très précieuse parce qu’elle a un réseau important et tout simplement parce qu’en tant que mère de trois enfants entre 5 et 10 ans, elle se trouve au cœur des préoccupations à partager avec les autres femmes. «Je suis très contente d’avoir réussi à constituer un groupe d’animatrices de communautés diverses, qui ont des expériences de migrantes très variées», ajoute la responsable du projet.

D’origine italienne, Marie-Christel Ciliberto est née à Genève et s’est installée à Nyon au début de l’année. «Je suis fille d’immigrés et mon mari est arrivé en Suisse en 2008. J’ai fait partie de l’association des Calabrais de Genève et je suis travailleuse sociale, mère de jumeaux de 3 ans. Je pense avoir les compétences pour faciliter l’intégration des immigrées italiennes. Je suis nouvelle à Nyon, mais je vais créer mon réseau, notamment en m’adressant à la Mission catholique italienne.»

Tant la responsable du programme nyonnais de Femmes-Tische que les animatrices recrutées sont convaincues que ces réunions organisées en toute simplicité permettront de toucher une population qui contribuera ensuite elle-même à favoriser l’intégration de leur famille et de leurs connaissances.

Créé: 27.08.2018, 07h57

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