Une famille décimée lors d’un drame à huis clos

ApplesUn enfant de 13 ans et ses parents ont été retrouvés sans vie lundi dans le village d'Apples. Un voisin inquiet de ne plus les voir a donné l’alerte.

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La stupeur et la pudeur. À Apples, où la nouvelle d’un drame sans précédent s’est répandue tôt hier matin, les gens n’en revenaient pas de lire en boucle sur les sites d’information que les trois personnes retrouvées sans vie par la gendarmerie lundi soir vivaient bien dans leur village, en plein centre du quartier résidentiel de Châtagnis. Il s’agit d’un couple et de son fils de 13 ans, des ressortissants belges installés là depuis l’automne 2017 après avoir vécu dans une commune voisine.

«Le drame doit remonter à quelques jours, ce que les enquêteurs doivent désormais déterminer»

Sur le balcon de la coquette villa aux stores entièrement baissés, du linge sèche encore au soleil sous l’œil du lapin de compagnie. Appuyé contre le mur, le VTT semble prêt à partir pour l’école, comme si tout était normal. Car tout s’est déroulé à l’abri des regards, jusqu’à l’arrivée des patrouilles de la gendarmerie et des corbillards, lundi vers 22 heures. «Un voisin qui s’inquiétait de ne plus les voir a donné l’alerte, confirme Cédric Pittet, répondant presse de la police cantonale. Le drame doit remonter à quelques jours, ce que les enquêteurs doivent désormais déterminer.»

La piste du drame familial

La nouvelle a commencé à s’ébruiter dans les bus scolaires mardi matin, les écoliers la relayant par SMS auprès de parents incrédules. «Nous nous trouvions avec une commission du Conseil communal quand la gendarmerie a essayé de nous contacter lundi», explique la syndique Marie-Christine Gilliéron, qui a eu la confirmation des faits tôt le lendemain. «Je ne connaissais pas personnellement cette famille et il n’y a donc pas de commentaires à faire de notre côté, si ce n’est de laisser les enquêteurs faire leur travail.»

Le procureur s’est rendu sur place et a immédiatement lancé les investigations afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame, qui serait d’ordre familial selon «la thèse privilégiée par les enquêteurs», formés des inspecteurs de la division criminelle et de la brigade scientifique de la police de sûreté. À ce stade et comme premier élément, «il ne semble pas avoir été fait usage d’une arme à feu», précise Cédric Pittet.

«Ils se plaisaient dans leur village et s'impliquaient dans le club de basket. On tombe des nues»

Féru de basket, le fils de 13 ans était enclassé au collège d’Apples où une information a été donnée très rapidement. «Les élèves ont été avisés par la directrice, qui a fait le tour des 20 classes de l’établissement, explique Julien Schekter, responsable de la communication du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC). Un dispositif de crise a été lancé et il y a dans toutes les écoles des personnes formées pour faire face à une telle situation.»

Les Red Devils sous le choc

Médusé, c'est peu dire du sentiment qui a animé le petit monde du basket morgien, mis au courant progressivement dans la journée. «On ne comprend pas. Pour nous, le choc est total», glisse avec beaucoup d'émotion Michel Perrin, directeur technique des Red Devils, mais en réalité bien plus que cela. «Leur fils et mon beau-fils étaient inséparables et tous deux devaient encore dormir chez nous ce week-end. Les parents étaient très unis, toujours souriants et impliqués dans le club. La maman, que nous savions atteinte dans sa santé, gérait l'administratif de l'équipe M15 et le papa les feuilles de match. Quant au gamin, c'était un passionné qui suivait tous mes camps de vacances et ne ratait jamais un entraînement... sauf le dernier. C'est terrible.» Ne voulant pas y croire, Michel Perrin a même fait le déplacement d'Apples mardi après-midi comme pour retarder l'échéance ou refuser l'évidence. «Ils disaient se plaire dans le village et aimaient la vie du club, jamais nous n'aurions pu penser à une issue pareille: je suis anéanti...»

L’image du bonheur à trois

Au village, la famille n’était pas très connue. La mère faisait toutefois partie de la Société de gymnastique féminine, alors que l’homme est décrit comme un passionné de voitures de sport, lui qui en possédait plusieurs. Également impliqué dans le basket, ce cadre dans le domaine pharmaceutique a notamment été chargé du sponsoring du BBC Nyon de 2016 à 2018. Sur les réseaux sociaux, toutes les photos semblent témoigner d’un bonheur à trois, ce qui laisse forcément incrédule après une issue aussi terrible, dont on ne connaît pas – il est nécessaire de le rappeler – les circonstances.

Ce drame a nécessité l’intervention de deux médecins du centre universitaire de médecine légale (CURL), de quatre patrouilles de la gendarmerie, de la police scientifique, de la division criminelle de la police de sûreté ainsi que l’équipe de soutien d’urgence (ESU).

Créé: 18.06.2019, 17h35

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