«Le parc est encore perçu comme une réserve»

NatureBertrand Meylan, président de l’association du Parc Jura vaudois, parle des défis que la nouvelle directrice devra relever

Pour le président du Parc Jura vaudois, Bertrand Meylan, «il faudra convaincre les 30 communes du parc sans les brusquer».

Pour le président du Parc Jura vaudois, Bertrand Meylan, «il faudra convaincre les 30 communes du parc sans les brusquer». Image: Patrick martin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Tout juste nommée directrice du Parc Jura vaudois, Nathalie Rizzotti entrera en fonction le 14 mai. Elle succédera à Olivier Schär, qui avait quitté son poste le 1er novembre dernier, «d’un commun accord», mais suite à des divergences de vues avec le comité de l’association. Aujourd’hui encore, le président du Parc et municipal du Chenit Bertrand Meylan n’en dit pas plus. Mais il s’exprime sur le choix de Nathalie Rizzotti et sur les défis qui attendent cette biologiste, titulaire d’un master en études internationales du développement.

Plus de 150 candidats ont convoité ce poste. Pourquoi avoir choisi Nathalie Rizzotti?

Pour son esprit de synthèse, son expérience professionnelle et sa personnalité. On l’a sentie capable de diriger une équipe et de mener à terme nos objectifs.

Un des enjeux est de parvenir à gagner la confiance des partenaires. Pourquoi ne pas avoir choisi quelqu’un possédant un réseau régional?

Les qualités professionnelles de madame Rizzotti ont prévalu. Nous avons choisi une personne connaissant bien les administrations cantonales et fédérales, qui sont nos principaux financeurs.

Et quels sont les objectifs à réaliser, selon le comité?

Il s’agit d’abord de consolider ce qui a déjà été mis en place, et de concrétiser trois projets prioritaires: le développement coordonné des alpages, l’espace découverte au Marchairuz et la Toile verte (voir encadré).

Quels sont les obstacles?

Il faut réussir à convaincre les 30 communes du parc sans les brusquer. Elles sont nombreuses à être sur les pattes arrière quand on leur parle d’écologie. Elles ont peur de se retrouver avec trop d’interdictions. On doit faire un gros travail de communication pour gagner leur confiance.

Il y a souvent des conflits d’intérêts entre agriculteurs, conservateurs de la nature et promoteurs touristiques. Comment les résoudre?

Pas facile, en effet. Il faut rassurer et trouver des compromis. Il faut également sensibiliser les touristes aux bonnes pratiques et poursuivre nos programmes de sensibilisation aux écoliers.

Les gens ne perçoivent-ils pas le parc comme zone hyperprotégée?

De nombreuses personnes voient encore le parc comme une réserve où l’on ne peut pas se rendre librement, c’est effectivement un frein. Alors que nous voulons le parc accueillant et ouvert à chacun.

Encore une question de communication… Ce n’est pas évident. Nous faisons le tour des Conseils communaux et répétons sans cesse le message: nous cherchons à harmoniser nature, économie et loisirs. La charte du parc, entrée en vigueur en 2013, est encore jeune. Il faut laisser du temps au temps.

Vous avez lancé des initiatives (fête populaire, charte des habitants, ambassadeurs du parc…) pour impliquer les habitants. Avec quel retour?

Difficile à évaluer. C’est un travail de longue haleine. Mais ces initiatives ont lieu d’être.

Le parc met l’accent sur le développement économique et touristique. Avec quels succès et quelles faiblesses?

Au niveau de la visibilité et de l’offre touristique, on est assez bon. Les gens ne se rendent pas compte que nous collaborons avec les Offices du tourisme de la Vallée, de Nyon, de Morges et d’Yverdon. Par contre, nous devons faire des efforts pour la labellisation des produits du parc. Le Parc régional Gruyère Pays-d’Enhaut est souvent cité en exemple. Une voie à suivre?

Oui. Cela ne sert à rien de réinventer la roue. On doit bosser ensemble et créer des synergies.

Créé: 18.02.2018, 19h57

Trois projets prioritaires

Alpages coordonnés:

Le projet de développement régional agricole intitulé «Agritourisme sur les alpages» concerne plusieurs alpages appelés à se coordonner pour développer leurs activités de production et d’accueil. Déjà bien avancé, il permettra de toucher des subventions substantielles pour financer les infrastructures.

Accueil au Marchairuz:

Le projet prévoit la création d’un lieu d’accueil du public au col, doté d’un petit musée interactif prolongé par des sentiers didactiques. Deux autres portes d’entrée du parc sont prévues à la Givrine et au Mollendruz.

Toile verte:

Le projet vise à renforcer l’infrastructure écologique du Parc Jura vaudois, en apportant une aide matérielle aux propriétaires de terrain (communes ou privés) afin d’entretenir ou de revitaliser des petits milieux naturels, comme des haies, marais, vergers ou étangs. Ces milieux permettent de relier de plus grands biotopes.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.