Il faudra glisser 10 francs dans le tronc pour visiter l'Arboretum

Parc botaniquePour assurer son financement, l’association du parc du Vallon de l'Aubonne instaure une entrée payante dès juin. Mais sans caisse ni tourniquet.

Le président Pierre-Alain Blanc (à g.) et le directeur Pascal Sigg autour de l'un des troncs où les visiteurs seront appelés à verser leur obole.

Le président Pierre-Alain Blanc (à g.) et le directeur Pascal Sigg autour de l'un des troncs où les visiteurs seront appelés à verser leur obole. Image: Vanessa Cardoso

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C’était une décision difficile à prendre, mais elle a été bien réfléchie. Après un demi-siècle de gratuité, l’Arboretum d’Aubonne demandera dès le 1er juin un droit d’entrée de 10 francs à ses visiteurs. Uniquement pour les adultes, l’entrée restant libre pour les enfants jusqu’à 18 ans, ainsi que pour les membres de l’Association de l’Arboretum national du Vallon de l’Aubonne, qui gère ce parc botanique abritant 4000 espèces et variétés de plantes. «Tout va bien, nous ne sommes pas en faillite. Mais depuis deux à trois ans, il nous manque 100 000 francs pour boucler l’année, sur un budget d’un peu plus d’un million», explique son président, Pierre-Alain Blanc.

Si le financement de l’Arboretum a toujours été, depuis l’époque des pionniers qui l’ont planté, dépendant d’intenses recherches de fonds, les sponsors préfèrent soutenir des projets concrets plutôt que contribuer aux salaires et à l’entretien du parc. Or, en huit ans, ce dernier a développé des prestations qui ont un coût, que ce soit le balisage de sentiers, qui atteignent aujourd’hui plus de 30 km, les visites des écoles, les animations et conférences. Sous la houlette de son directeur, Pascal Sigg, le personnel a passé de 3 à 6,5 EPT, soit dix personnes. Une professionnalisation nécessaire pour valoriser et entretenir un arboretum arrivé à maturité et qui figure dans le haut du panier des parcs de ce genre.

Élargir la tirelire

«Au Jardin botanique de Genève, qui couvre 35 hectares, il y a 35 jardiniers. Ici, nous avons 120 hectares et trois personnes à plein temps qui s’occupent également de la forêt, pas seulement de nos 40 hectares de collections botaniques», rappelle le directeur, qui peut heureusement compter sur quelque 150 bénévoles pour venir, tout au long de l’année, aider à faucher, mettre de la fumure ou faire des plantations.

Au début, le parc était ouvert une demi-journée par semaine et touchait une subvention de 250 000 francs de l’État de Vaud. Mais après la démarche d’économies «Orchidée», à la fin des années 90, cette dernière est tombée à 200 000 et l’Arboretum, ouvert toute l’année, fonctionne six jours sur sept.

Actuellement, les dons, les cotisations des 1800 membres de l’association et les sponsors couvrent près de la moitié du budget. Canton et communes en assurent un quart, comme les recettes venues des visiteurs à travers la vente de produits, la buvette ou les visites guidées. Or le parc accueille entre 60 000 et 80 000 personnes par année, qui sont autant des amoureux de la nature que des familles, sportifs, randonneurs avec ou sans bâtons, écoles ou clubs d’aînés. «On ne sait pas exactement le nombre, puisqu’il n’y a jamais eu de tourniquet à l’entrée», rigole Pierre-Alain Blanc.

Et de tourniquet, le président n’en mettra point. Ni de caisse d’ailleurs. «Le système de paiement est basé sur la confiance, les gens étant invités à mettre l’argent dans les troncs installés depuis trois ans déjà pour les dons aux entrées, ou par l’application Twint. Il n’y aura donc pas de ticket, ni de contrôles, même sporadiques, comme c’est le cas pour la vignette de ski de fond», explique-t-il.

«On aimerait que les visiteurs aient conscience que le plaisir qu’ils retirent de l’Arboretum a un coût»

Car à l’Arboretum, on déteste les barrières. Certes, annoncer que l’entrée devient payante est une prise de risque pour l’association. Mais elle aimerait que les visiteurs aient conscience que le plaisir qu’ils retirent de l’Arboretum a un coût. Quant aux habitués qui viennent s’y balader plusieurs fois l’an, ils auront intérêt à devenir membres pour 50 francs. (24 heures)

Créé: 22.05.2019, 17h47

Un parc botanique bientôt certifié bio

L’Arboretum d’Aubonne, c’est plus de 3500 espèces d’arbres et arbustes de toutes les régions du monde, des vergers conservatoires regroupant 350 variétés anciennes de fruits, des étangs, une rivière, des prairies sèches ou humides, bref un milieu qui présente une biodiversité remarquable, même si elle n’est pas purement indigène. Bientôt, ce musée vivant deviendra dans ce domaine la première institution certifiée bio du canton.

Depuis le 1er janvier, l’Arboretum s’est engagé à remplir le cahier des charges de Bio Suisse pour obtenir, d’ici à janvier 2021 la certification du Bourgeon.

«Nos collections botaniques ne sont pas traitées depuis très longtemps et nous n’utilisions que très peu d’engrais chimiques pour l’horticulture. En nous engageant à n’employer que des produits autorisés pour la culture biologique, cela nous permettra de mieux valoriser nos modes de gestion durables auprès du public et des sponsors», se réjouit le directeur Pascal Sigg.

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