«Le film d’archéologie a beaucoup évolué en vingt ans»

NyonChristophe Goumand, directeur du Festival du film d’archéologie, évoque les évolutions techniques qui permettent de mieux restituer notre histoire.

Archéologue et cinéaste, Christophe Goumand a créé le festival de Nyon, le plus important en Europe. Il est aussi devenu un spécialiste de l’histoire du film d’archéologie.

Archéologue et cinéaste, Christophe Goumand a créé le festival de Nyon, le plus important en Europe. Il est aussi devenu un spécialiste de l’histoire du film d’archéologie. Image: Odile Meylan

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Ce mardi, pour ses 20 ans, le Festival du film d’archéologie de Nyon (FIFAN), considéré comme le plus important en Europe, s’ouvrira par une soirée dédiée à l’histoire du film documentaire sur le sujet. Jusqu’au 30 mars, le FIFAN propose une trentaine de films, souvent en présence des réalisateurs et des archéologues impliqués. Fondateur du festival, Christophe Goumand, archéologue et cinéaste, explique pourquoi le film d’archéologie a connu un succès croissant.

Pourquoi avoir créé un festival du film d’archéologie, en 1999?
La TSR avait été pionnière dans la diffusion d’émissions sur l’archéologie. Il y avait déjà un fort intérêt du public. Mais un film ne passait qu’une seule fois. Je me suis dit qu’un festival donnerait l’occasion aux gens de voir ou de revoir ces films. En même temps, cela permettrait au Musée romain de Nyon de sortir de ses murs, d’avoir une meilleure visibilité.

Quoi de neuf en vingt ans?
En 1999, le film d’archéologie se résumait à des images de fouilles, de ruines et d’objets commentées par un archéologue. C’est l’arrivée des images de synthèse reconstituant les sites historiques en trois dimensions qui a révolutionné le genre. La numérisation a aussi beaucoup simplifié le travail des réalisateurs. Plus récemment, ce sont les documentaires-fictions qui ont encore augmenté l’intérêt du public. On ne fait pas que montrer un site, on raconte comment les hommes vivaient à l’époque.

Votre article publié dans la revue «Archéologie suisse» parle des liens entre le film d’archéologie et la politique.
Dans les années d’avant-guerre, les dictateurs utilisaient ces documentaires comme propagande lors des ciné-journaux. Mussolini pour s’approprier la gloire de l’Empire romain, et Hitler pour magnifier la race arienne. Cela faisait la promotion de l’archéologie, mais en travestissant l’histoire.

La TSR, une pionnière?
Le journaliste Henri Stierlin et le réalisateur Pierre Barde ont pu démontrer, dans les années 1960, que l’archéologie n’était pas une chasse au trésor mais permettait de reconstituer le quotidien des gens vivant à l’époque. Les coûts de tournage au Mexique, en Syrie ou en Égypte étaient très lourds. La TSR a fait de gros efforts.

Puis il y a eu les films qui alertent l’opinion publique.
«Le phare d’Alexandrie», en 1996, montre qu’un projet de digue menaçait les fouilles sous-marines. Ce film fut diffusé sur les TV du monde entier. La construction de la digue a été stoppée. À la suite de ce documentaire, Arte a mis en place la case «Aventure humaine» en prime time.

Qu’est-ce qu’un bon film d’archéologie?
Un film scientifiquement correct, techniquement bon, qui raconte une histoire intéressante. (24 heures)

Créé: 26.03.2019, 09h24

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