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La flavescence dorée menace nos vignes

La cicadelle, insecte vecteur d’une grave maladie, est présente sur tout l’arc lémanique.

Grappes séchées: la vigne pourrait être infectée par la flavescence dorée.
Grappes séchées: la vigne pourrait être infectée par la flavescence dorée.
DR

Depuis une vingtaine d’années, l’Agroscope de Changins suit de très près l’évolution d’un insecte présent autour de l’arc lémanique: le Scaphoideus titanus , plus communément appelé la cicadelle. Pourquoi une telle surveillance? Cette bestiole représente une véritable menace pour la vigne puisqu’elle est le vecteur d’une grave maladie comparable au feu bactérien en arboriculture: la flavescence dorée. Lors de la foire Agrovina 2012, la station de recherche de Changins a indiqué avoir découvert deux nouveaux foyers de cicadelles, à Allaman et à Bursinel. Ces points d’ancrage forcent le constat suivant: le Scaphoideus titanus a colonisé tout l’arc lémanique.

«La cicadelle est probablement arrivée par Genève et s’est ensuite étendue jusque dans le Chablais, déclare Patrik Kehrli, collaborateur scientifique à l’Agroscope. L’insecte n’a pas encore été détecté dans le nord du canton de Vaud, à Neuchâtel, en Valais central ou en Suisse alémanique.» Son collègue, Christian Linder, qui a procédé aux captures de l’insecte, ajoute: «Pour l’heure, il reste une petite zone de La?Côte où nous n’avons pas trouvé de Scaphoideus titanus. Il est fort probable que sa population soit encore faible à cet endroit.»

Trois symptômes

Si le vecteur est bien présent, la flavescence dorée ne s’est pas encore déclarée. Mais il suffit qu’une seule cicadelle soit porteuse de la bactérie pour commencer la contagion; tout comme au Tessin, où le vignoble souffre de cette maladie depuis 2004 (lire ci-contre). Pour Olivier Viret, chef du département de recherche à l’Agroscope, il ne fait aucun doute que «l’arrivée de la flavescence dans nos contrées n’est qu’une question de temps».

La station de recherche fait état de trois symptômes de cette maladie. Tout d’abord, les feuilles de la vigne se décolorent. Celles des cépages blancs deviennent jaunes, tandis que celles des cépages rouges virent au rouge. Ces signes sont visibles en juillet et en août. Ensuite, le bois reste vert et ne mûrit pas. Pour finir, les grappes sèchent.

Infection difficile à repérer

Patrik Kehrli prévient qu’il est difficile de diagnostiquer la flavescence dorée. «Ses symptômes ressemblent à ceux du bois noir. Visuellement, il est impossible de faire la différence entre les deux infections. Des tests en labo sont nécessaires.» Voilà qui donne du fil à retordre aux viticulteurs, ce d’autant plus que les végétaux ne déclarent les symptômes qu’une année après avoir été infectés. Quant à la manière dont la bactérie de flavescence dorée peut arriver dans une région, les chercheurs avouent ne pas avoir de réponse précise.

Mesures à prendre

Quelles seront les mesures à prendre quand cette maladie se déclarera chez nous? Tout d’abord, les viticulteurs doivent annoncer chaque cas suspect auprès de l’Office cantonal de la viticulture qui transmettra le dossier à l’Agroscope. «Quelques viticulteurs nous ont déjà appelés à ce sujet, déclare Gilles Andrey, membre de la police phytosanitaire de l’Office cantonal. Pour l’instant tous les tests se sont révélés négatifs.»

Ensuite vient la mise en application des mesures fédérales. «Le cep infecté ainsi que ceux qui se trouvent dans un rayon de 2?mètres autour de lui doivent être arrachés, explique Gilles Andrey. Il faut également procéder à un traitement à l’insecticide des vignobles touchés. Ces mesures doivent être appliquées sur une période de deux?ans après la découverte de la maladie.» Les pépinières se trouvant dans des zones où la cicadelle prolifère doivent aussi être traitées pour lutter contre la ponte des cicadelles adultes. Toutefois, relève l’Agroscope, tenter d’éradiquer le vecteur de l’infection est illusoire.

«Une maladie qui fait peur»

La plupart des viticulteurs portent un regard inquiet sur l’arrivée de la flavescence dorée. C’est le cas de Roland Dupuis qui possède le domaine des Complices à Mont-sur-Rolle et exploite, pour le compte de la ville de Payerne, un vignoble à Villette (Lavaux). «C’est une maladie qui fait peur. On sait qu’elle arrive tranquillement mais sûrement. Nous l’attendons de pied ferme.»

«Ma vigne ne craint rien! Elle peut encaisser toutes les maladies», assure de son côté Thierry Cevey. Ce Chablaisien travaille son vignoble, le Domaine des 4?saisons, à Bex, selon les principes de la biodynamie. «J’ai planté un cépage par la graine. Je n’ai jamais effectué de greffe ou un autre type de clonage qui dégénère et affaiblit la vigne.» Il déclare tout de même qu’en cas d’infection –?«peu probable» –?de son domaine, il arrachera les ceps touchés. Et pour ce qui est du traitement à l’insecticide? «Plutôt mourir que d’asperger des produits chimiques sur mon vignoble!»

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