«Une frontière nous sépare mais les problèmes sont les mêmes»

Divonne-les-BainsCandidat à sa propre succession, le maire veut renforcer les liens avec ses voisins suisses.

Vincent Scattolin, maire Divonne-les-Bains, candidat à propre succession.

Vincent Scattolin, maire Divonne-les-Bains, candidat à propre succession. Image: CHANTAL DERVEY

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Ce qui frappe d’entrée dans le discours de Vincent Scattolin, le maire de Divonne-les-Bains, ce sont les ressemblances de ses propos avec ceux des décideurs politiques du district de Nyon: «croissance mieux maîtrisée», «densification des secteurs déjà équipés de transports publics», «déclassement de terrains constructibles», «redynamisation du centre-ville»… «Entre 2007 et 2020, le Pays de Gex a construit 18000 logements, dont 1600 à Divonne. Désormais, nous voulons freiner cette croissance, comme chez vous. Une frontière nous sépare mais nous avons les mêmes problématiques, sur un même territoire. Voilà pourquoi nous devons davantage nous parler.»

Vincent Scattolin, 40 ans, n’occupe le siège de la mairie de Divonne-les-Bains que depuis février 2019. Urbaniste à l’État de Genève, il a quitté son poste pour succéder à Étienne Blanc, démissionnaire après avoir régné sur la cité thermale durant 28 ans. En 2014, il a été élu vice-président de la Communauté d’agglomération du Pays de Gex, en charge de l’aménagement du territoire. La semaine dernière, il présentait officiellement sa candidature à sa propre succession lors des élections municipales de mars 2020, «loin de tout esprit partisan, mais autour d’un projet rassembleur pour l’avenir de Divonne».

Le projet d’usine d’embouteillage d’eau a suscité des oppositions en Suisse. Comment avez-vous vécu ces incursions étrangères dans vos affaires locales?

Je ne l’ai pas mal vécu. Cela a permis de nous rendre compte de la nécessité de mieux communiquer sur nos projets des deux côtés de la frontière pour éviter de tomber dans les mêmes écueils. Cela dit, cette affaire a donné l’impression qu’on ne se souciait pas de nos rivières alors que des échanges transfrontaliers existent depuis des années pour assurer la qualité de l’eau de la Divonne-Versoix. Nous vivons sur un même territoire et partageons les mêmes inquiétudes.

Quel est le dossier transfrontalier prioritaire?

La mobilité. Nous avons de grands projets en commun pour améliorer l’offre en transports publics. L’instance du Grand Genève permet des échanges productifs pour avancer sur ces projets mais nous devons aller plus loin dans la collaboration pour régler les questions de tarification et d’infrastructures.

Une nouvelle ligne de bus a été introduitele 15 décembre entre Gex et Nyon. Le 16, il y a eu un contrôle douanier suisse qui a retardé les bus. En plus, des Divonnais s’opposent à la création d’une voie en site propre...

Il faut une période de rodage pour corriger ces petits problèmes et nous devons encore mieux communiquer pour expliquer aux opposants l’intérêt primordial de créer des voies rapides pour inciter les gens à changer leurs habitudes.

Les commerçants suisses se plaignent du tourisme d’achat et critiquent la pléthore de centres commerciaux...

Nous comprenons leurs préoccupations, mais nous devons aussi répondre aux attentes de notre population en forte croissance. Il faut un équilibre entre les emplois et les habitants. Chez nous, les emplois sont beaucoup liés au secteur commercial. Nous nous efforçons toutefois de concentrer ces commerces en ville ou dans les centres existants.

Le district de Nyon est victime de délinquants qui prennent la fuite en traversant en France. Vous en préoccupez-vous?

Oui, car le phénomène est le même dans le sens inverse. Le Pays de Gex est pillé par des voleurs qui s'enfuient en Suisse. Il y a heureusement une bonne collaboration entre les polices, les douaniers, et d’ailleurs aussi entre les pompiers. On en a eu l’illustration lors de l’incendie du château de Divonne en 2017.

Comment qualifiez-vous votre sentiment d’appartenance à cette région transfrontalière?

Je suis profondément attaché à ce territoire. Je me sens appartenir au Grand Genève. Je suis un partisan de la décentralisation. Trop souvent, les décisions prises à Paris ne tiennent pas suffisamment compte des spécificités régionales.

Le projet phare à Divonne?

La réalisation de l’écoquartier de la gare, qui comprendra 370 logements, des commerces et des services, un cinéma, un jardin public et un parking souterrain de 500 places.

Créé: 21.12.2019, 18h22

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