«Cette fusion autour d'Aubonne n’a ni cohérence ni logique»

UnionA moins d’un mois du vote populaire sur le mariage intercommunal, des opposants sortent du bois.

Des opposants au projet réunis ici à Aubonne, avec, de g. à dr.: Céline Nicod, Josselin Meylan, Nicole Gabella, Guy Maurer, Audrey Nicod et Romain Perrenoud.

Des opposants au projet réunis ici à Aubonne, avec, de g. à dr.: Céline Nicod, Josselin Meylan, Nicole Gabella, Guy Maurer, Audrey Nicod et Romain Perrenoud. Image: MARIUS AFFOLTER

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Le vent de contestation sur le projet de fusion entre Aubonne, Montherod, Saint-Oyens et Saubraz aura mis du temps à se lever. Son souffle est finalement parti d’Aubonne. A moins d’un mois de la votation populaire sur le mariage intercommunal, agendée au 13 septembre, douze citoyens du bourg – dont huit conseillers communaux – sont sortis du bois pour dénoncer ce projet qu’ils jugent inapproprié.

«Cette fusion n’a aucune cohérence dans la forme proposée par les Municipalités, explique d’emblée Charles Gabella, fer de lance des opposants, tout en précisant que le groupement n’est pas fondamentalement réfractaire à tout projet d’union. Mais celui-ci n’a aucune logique pour Aubonne.»

Un problème territorial

Parmi les arguments avancés, le petit groupe met en avant le problème de la contiguïté territoriale. Ayant pris le train de la fusion en marche, Saint-Oyens s’était greffé à ce projet après que Bougy-Villars avait abandonné le navire en février 2014.

«Le territoire de Saint-Oyens ne touche pas la future entité, séparée par Gimel, reprend Charles Gabella, qui siège au sein de l’organe délibérant. Tout comme Saubraz, ce village est naturellement attiré vers Gimel, sa voisine, qui dispose de commerces et de services. Dans cette même logique, il serait beaucoup plus compréhensible que l’on veuille s’unir avec Féchy ou Allaman.»

L’autre grande pierre d’achoppement concerne les finances. Les opposants estiment que la fusion n’apportera aucune synergie à Aubonne au niveau des investissements. Et qu’il faudra rapidement augmenter le taux d’impôt de la future commune de 4300 habitants. Pour rappel, celui-ci se situera à 68 points – soit le statu quo pour Aubonne – à l’entrée en vigueur de l’entité en janvier 2017.

«Les plans d’investissement et les budgets devront être revus rapidement, spécialement pour Saubraz et Saint-Oyens, qui n’ont rien investi ces dernières années», poursuivent les opposants, estimant que la corbeille de la mariée n’est pas aussi belle que cela.

Réaction tardive

Au-delà de ces aspects, le temps de réaction des contestataires à quelques semaines du vote peut paraître étonnant, alors que le projet a été initié il y a de nombreux mois déjà. «Nous mettions beaucoup d’espoir dans le vote du Conseil d’Aubonne au mois de juin, rétorque Josselin Meylan, conseiller et opposant. C’était à lui de dire que ce projet n’avait aucun sens. Mais il a décidé qu’il fallait laisser la population s’exprimer. Une fois le préavis accepté, nous avons été forcés de réagir pour donner un autre éclairage aux citoyens et les informer.»

Pour faire valoir ses arguments, le groupe sera présent au stand de la Municipalité au Comptoir d’Aubonne, qui ouvre aujourd’hui. Il compte aussi sur l’envoi d’un tous-ménages et vient de mettre en ligne le site www.fusionaubonne.ch.

S’il estime qu’il est bon d’avoir un débat qui soit le plus large possible, Luc-Etienne Rossier, syndic, trouve que l’initiative des opposants est «dommageable pour Aubonne». Selon lui, il est impossible de ne résumer la fusion qu’à des aspects financiers et territoriaux. «Peut-être que nous sommes un peu plus à l’aise au niveau des finances, mais cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas s’unir avec les autres. Le but d’une fusion est de construire un projet de vie à plusieurs. Aubonne a beaucoup à en retirer. Elle sera davantage ancrée dans un milieu rural. De plus, nous avons des liens évidents avec les autres, notamment au travers de l’association scolaire.»

Revenant enfin sur la possibilité d’une union future avec d’autres communes que celles concernées aujourd’hui par le projet de mariage, le chef de l’Exécutif assure vouloir constituer un noyau solide qui permettra au fruit de grandir.

Créé: 20.08.2015, 07h36

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L'aide financière du Canton sera réduite

Echichens en 2011, Aubonne en 2015. Dans la région, ces deux projets de fusion, sensiblement de même taille (4 communes, entre 3000 et 4000 personnes concernées), se ressemblent.

A une exception près. Alors que l’Etat avait accordé une enveloppe de 1,4 million à Echichens – calculée en fonction de la population notamment –, l’incitation financière ne se montera qu’à 370'000 fr. si le mariage intercommunal autour d’Aubonne se réalise. «Cet écart s’explique par le fait qu’Aubonne a déjà fusionné par le passé, avec Pizy ( ndlr: en 2010). Or la loi sur les fusions stipule que si une commune qui a déjà fusionné relance un projet dans les dix ans, sa population ne sera pas prise en compte. C’est arrivé à Lucens l’an dernier», explique Laurent Curchod, Monsieur Fusion du Canton. Et le juriste de préciser qu’entre février 2005 et janvier 2015, l’Etat accordait également une prime à la fusion. «Pour encourager les pionniers.»

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