Aubonne balaie sèchement le mariage avec ses voisins

UnionDimanche, Aubonne a fait capoter le projet de fusion, largement accepté à Saubraz, à Montherod et à Saint-Oyens.

Luc-Etienne Rossier, syndic d'Aubonne (à gauche) et Charles Gabella, fer de lance des opposants à la fusion.

Luc-Etienne Rossier, syndic d'Aubonne (à gauche) et Charles Gabella, fer de lance des opposants à la fusion. Image: Philippe Maeder

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Une véritable gifle. Dimanche, à l’heure de dévoiler les résultats de la votation sur le projet de fusion entre Aubonne, Montherod, Saint-Oyens et Saubraz, les mines étaient déconfites et l’incompréhension se lisait sur tous les visages. Car si le mariage a été accepté par les populations des trois petits villages, il a définitivement été condamné par Aubonne, la fiancée la plus imposante avec ses 3050 habitants. Le résultat est sans appel: 388 oui contre 612 non, pour un taux de participation se situant à 59%.

«D’ordinaire, dans ce genre de projet, ce sont les petites localités qui ont peur de se faire manger par la grande commune. Là, c’est elle qui ne veut pas «manger» les petites, se permet d’imager Daniel Barbezat, syndic de Saubraz, village où la fusion a été largement plébiscitée avec 105 oui contre 37 non. Je suis très déçu, car nous aurions eu beaucoup à apporter à Aubonne, notamment un poids plus important face à l’Etat.»

A Montherod et à Saint-Oyens, l’amertume domine. Depuis des semaines, les Municipalités de ces localités bataillent ferme pour faire passer cet objet auprès de leurs habitants. Pour mémoire, les autorités de Montherod ont pris leur bâton de pèlerin pour renverser la vapeur après le vote sur la convention de fusion passée à la raclette devant le Conseil en juin dernier. De même qu’à Saint-Oyens, où des anciens s’opposaient à cette union.

Signal négatif

«Aubonne envoie un signal négatif aux petites communes. C’est une réaction purement égoïste», s’emporte Michel Dubois, syndic de Saint-Oyens, où la fusion a obtenu 108 oui contre 72 non. Philippe Chevallaz, son collègue de Montherod (128 oui et 50 non), lui emboîte le pas les yeux embués de larmes: «Tout le travail que nous avons accompli depuis deux ans est détruit. Je suis triste et dégoûté, car nous partageons beaucoup avec Aubonne, notamment la déchetterie.»

Il faut dire que la fusion aurait permis à ces villages de souffler. Notamment au plan financier, mais également au plan humain, à l’heure où il est toujours plus difficile de trouver des miliciens prêts à s’engager au sein des autorités.

A Aubonne, les autorités sont conscientes du mauvais signal envoyé au reste de la région. «L’échec est dur à encaisser, admet Luc-Etienne Rossier, syndic, tout aussi abasourdi. Je sentais que cet objet allait être difficile à faire passer en votation populaire, mais pas dans une telle proportion. Là, j’ai un peu honte.» Selon lui, la récente sortie du bois d’opposants à Aubonne a lourdement fait pencher la balance. Pour rappel, le petit groupe dénonçait une incohérence territoriale avec Saubraz et Saint-Oyens, attirées vers Gimel, tout en brandissant des arguments financiers, dont une hausse inévitable d’impôts.

«Je suis content, car nous militions pour un autre montage, précise Charles Gabella, fer de lance des opposants. Il y aura des synergies plus logiques à réaliser à l’avenir, notamment avec Allaman. De dire que nous ne sommes pas solidaires avec les autres communes n’est pas juste, car nous donnons beaucoup par le biais de la péréquation et de la facture sociale. Mais là, notre trésor de guerre aurait rapidement fondu. Alors que dans un projet plus équilibré, c’est du gagnant-gagnant.»

«Difficilement compréhensible»

Enfin, pour Béatrice Métraux, conseillère d’Etat en charge des Institutions et de la Sécurité, les résultats de ce dimanche sont «difficilement compréhensibles». «Le processus de fusion a été bien construit et beaucoup plus participatif qu’ailleurs, rappelle-t-elle. Par ailleurs, c’est la première fois qu’un projet de fusion est refusé aussi sèchement par la plus grande des communes. Aujourd’hui, du point de vue des communes concernées, on peut légitimement se poser la question de la cohésion et de la solidarité régionales.»

Et la ministre de souligner l’intervention tardive des opposants, qui laisse peu de temps de réaction aux autorités communales. «Je rappelle que la question des finances reviendra tôt ou tard sur la table pour l’ensemble des communes, notamment par la réforme fiscale des entreprises et la réforme de la péréquation.» (24 heures)

Créé: 13.09.2015, 20h42

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