Le gendarme fauché reprend du service

RolleLe sergent Yves D. a réappris à marcher après son agression lors d’un contrôle routier à Trélex. A un mois et demi de sa retraite, il remet l’uniforme

Le sergent Yves D. s’était fait la promesse de revêtir son uniforme avant de prendre sa retraite. Pari réussi depuis ce matin. Même si le gendarme est encore un homme cassé.

Le sergent Yves D. s’était fait la promesse de revêtir son uniforme avant de prendre sa retraite. Pari réussi depuis ce matin. Même si le gendarme est encore un homme cassé. Image: PATRICK MARTIN

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Lundi matin, Yves D. a revêtu son uniforme et s’est rendu au poste de Rolle pour reprendre son travail, à peine une année après avoir été fauché par un cambrioleur en fuite lors d’un contrôle à Trélex.

Sur son lit d’hôpital, les jambes fracassées, le gendarme s’était promis de terminer sa carrière debout et en service. Il a relevé ce défi à force de courage, quelques semaines avant de partir à la retraite, le 21 janvier.

Si aujourd’hui Yves D. jubile presque à l’idée d’aller travailler, c’est qu’il se rappelle le chemin parcouru ces douze derniers mois, depuis son agression le 16 novembre 2011. A l’époque, les médecins avaient émis des réserves sur sa capacité à remarcher normalement. «J’ai vécu une année terriblement difficile, autant psychologiquement que physiquement», témoigne le gendarme.

«Plusieurs fois, j’ai pleuré»

Après trois opérations aux jambes et trois mois de lit, il a dû réapprendre à marcher. D’abord dans l’eau, puis avec une rampe, et enfin avec des béquilles, au sein du centre de rééducation de la SUVA à Sion. «Plusieurs fois, je me suis arrêté et j’ai pleuré, mais j’ai toujours gardé le cap grâce à ma famille, qui a été exemplaire dans son soutien.» Sa femme a aménagé son temps de travail pour passer plusieurs jours par semaine auprès de lui. Un collègue valaisan lui a mis à disposition une chambre pour qu’elle puisse dormir sur place.

Après six mois, il rentre enfin à la maison, où il reçoit un accueil digne d’un chef d’Etat. Ses collègues organisent une escorte, dans leur voiture de service, feu bleu enclenché pour ouvrir la voie à la voiture qui le ramène à son domicile. Un accueil fort en émotion pour le sergent passionné par son métier.

«Je n’ai plus de haine»

La confrontation avec son agresseur a été une épreuve lors du procès qui s’est tenu à Nyon début novembre. Lors de la reconstitution, il a pris conscience des circonstances de l’accident dont il n’a pas de souvenir. «Ce moment a été terrible. J’ai vraiment de la chance d’être encore vivant.» Malgré tout, il se refuse à commenter la sanction de 5 ans ferme infligée au cambrioleur marocain. Durant l’audience, pas une fois il n’a cherché à croiser son regard. «Je ne ressens plus de haine envers lui. J’éprouve simplement du mépris pour lui.»

Créé: 03.12.2012, 09h34

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Rappel des faits

Le 16 novembre 2011, Yves D. est appelé avec son collègue pour monter un contrôle routier sur la route Blanche, sur la commune de Trélex. La police cherche des cambrioleurs qui ont sévi à  Saint-Cergue. Peu après, une patrouille de la gendarmerie arrive pour leur prêter main-forte. Yves D. salue ses collègues et ne voit pas une petite Renault bleue immatriculée en France lui foncer dessus.

Le sergent est fauché à la hauteur des jambes, roule sur le capot et sa tête heurte le pare-brise, qui explose. Il tombe à 20 mètres de l’impact.

La voiture continue sa route. Son conducteur perd la maîtrise de son véhicule un peu plus loin. Il est appréhendé, mais son complice s’échappe et ne sera pas retrouvé. Le chauffeur, ressortissant marocain, a été condamné à 5 ans ferme pour tentative de meurtre.

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