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Le grand timonier de la «petite» Fondation Bolle

Surtout connue pour sa galerie, la fondation présidée par Yves Rattaz distille bien des coups de pouce autour du Léman.

Yves Rattaz, président de la Fondation Bolle, bonne fée de nombreux projets morgiens en faveur de la culture et du patrimoine.
Yves Rattaz, président de la Fondation Bolle, bonne fée de nombreux projets morgiens en faveur de la culture et du patrimoine.
Patrick Martin

Même lorsqu’on organise tout de son vivant, le cours des choses nous échappe forcément. Jean-Jacques Bolle, un ancien marchand de vins ayant pignon sur rue, décédé en 2012, n’aurait jamais pu imaginer le rôle majeur que jouerait la fondation issue de ses biens. Mais il en serait assurément très heureux.

«C’est l’histoire d’un commerçant bien intégré dans sa ville et qui estimait que les entrepreneurs avaient un rôle à y jouer», explique Yves Rattaz, le notaire à qui l’ancien «marchand de vins» a confié la barre – mais plus encore l’esprit – d’une démarche qui n’était pas vraiment censée faire autant parler d’elle. «À un moment de son existence (ndlr: il est décédé en 2012), il lui a tenu à cœur de ne pas disperser son patrimoine et si possible, avec la modestie qui était la sienne, de faire perdurer le nom de sa famille alors qu’il n’avait pas de descendants. Avec la bénédiction de sa sœur et de ses nièces, il a regroupé dans une fondation ses quatre beaux immeubles de la rue Louis-de-Savoie – du 73 au 79 – ainsi que les domaines viticoles du Plessis à Vufflens-le-Château et de Sarraux-Dessous à Begnins. Ma mission, et celle des membres du conseil, est d’entretenir ces biens et d’utiliser au mieux les montants que nous parvenons à en retirer.»

Si elle très vite sortie de l’ombre, c’est que l’espace d’exposition qui fête ses 10 ans cette semaine n’a pas cessé de faire des vagues, dans le bon sens du terme évidemment. «Alors que nous jetions les bases du projet avec M. Bolle, nous avons fait la connaissance de Salvatore Gervasi (ndlr: le futur conservateur), lors d’un lunch du Rotary où il cherchait à mettre en valeur ses collections d’images et de cartes postales. De fil en aiguille, nous lui avons mis à disposition un garage puis une salle, puis un immeuble complet. Personne n’aurait pu imaginer un tel scénario ni qu’Hubert de Givenchy vienne en personne inaugurer une rétrospective en son honneur dix ans plus tard.»

Passion lémanique

Car la passion du duo Bolle-Rattaz, c’est d’abord la voile et les vieux bateaux qu’ils ont vus naviguer – chacun à leur époque – sur le Léman, leur envie commune de maintenir ce patrimoine à flot. «On s’est très bien compris dès le départ», se souvient Yves Rattaz, qui rappelle que l’idée de base était de promouvoir des actions dans les domaines de l’art, du vin, de la chasse et du lac. «Et nous avons visé juste: quand on voit certains chantiers navals de tradition en passe de disparaître, le savoir-faire avec eux… Avec la création du Prix du patrimoine du Léman, nous distribuons une aide ponctuelle mais aussi de précieux conseils pour la rénovation grâce aux experts qui gravitent autour de la fondation. La question est la même pour les cabanes de pêcheurs, menacées par la pression immobilière qui sévit dans la région lémanique.»

L’institution se montre également généreuse avec les initiatives de sa ville, comme la récente Fête des voiles latines ou la prochaine Nuit des épouvantails, le 29 septembre. «Grâce à l’aura d’Audrey Hepburn, l’exposition a su saisir des opportunités qui lui ont permis d’organiser des événements d’envergure. Nous nous sommes laissé embarquer avec enthousiasme. Mais il est temps de revenir à une offre plus en rapport avec nos moyens, les 200'000 francs – au maximum – que nous distribuons chaque année devant être répartis équitablement entre les buts poursuivis.»

À l’heure de l’exposition anniversaire, la signature de Jean-Jacques Bolle n’a plus de lien direct avec l’activité viticole, même si le nom de la «bonne fée» de la vie morgienne s’écrit encore en lettres d’or sur les bouteilles de pinot noir qui portent son nom. Il rayonne désormais d’une autre manière dans le cœur des Morgiens, premiers bénéficiaires de sa générosité.

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