Guerre intestine entre Morges Libre et Vaud Libre

PolitiqueLe président du parti morgien est devenu persona non grata auprès de la fédération Vaud Libre.

François Meylan, président de Morges Libre, entend faire sortir sa formation du giron de la fédération Vaud Libre.

François Meylan, président de Morges Libre, entend faire sortir sa formation du giron de la fédération Vaud Libre. Image: Philippe Maeder - A

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Il aura suffi d’une étincelle. Mais elle pourrait bien faire exploser le parti Morges Libre. Après une implantation dans le chef-lieu particulièrement rocambolesque fin 2013 (lire ci-contre) , la formation centriste, forte de quatre membres dont un conseiller communal morgien, traverse en effet actuellement la plus grave crise de sa courte existence.

Tout commence en début d’année, lorsque François Meylan, président de Morges Libre, dénonce l’accord passé entre les Vert’libéraux et l’Entente Morgienne (EM) – elle-même alliée à Morges Libre depuis fin 2014 – pour les élections communales de l’an prochain.

Le coup de gueule passe mal, notamment auprès des instances dirigeantes de Vaud Libre, groupement des partis indépendants auquel est affilié le parti Morges Libre. «Attaquer une formation avec laquelle on venait de signer un accord a été très mal vu et en a exaspéré plus d’un», confirme Emmanuel Gétaz, président de Vaud Libre, qui assure avoir multiplié les tentatives d’apaisement. «J’ai tout essayé mais, après beaucoup d’efforts, j’ai décidé de ne plus tenter de comprendre François Meylan. Définitivement.»

«Le diktat de la Riviera»

De son côté, François Meylan, visiblement de plus en plus poussé vers la sortie, n’en démord pas. Voulant libérer sa formation de ce qu’il appelle «le diktat de la Riviera», en référence à l’implantation géographique de la direction de Vaud Libre, il entend désormais demander le retrait de Morges Libre de la fédération, pour lui préférer le statut d’observateur, à l’image des Gens de Gland (GdG). «Je veux rendre ce parti aux Morgiens!»

Problème: François Meylan n’est pas seul maître à bord. «Morges Libre n’appartient pas à Vaud Libre, mais n’appartient pas non plus à François Meylan. Il s’agit d’une association, inscrite au Registre du commerce et régie par la loi. Tout ce qui s’y passe doit donc être conforme à la loi», lance Emmanuel Gétaz.

Et le président de Vaud Libre de rappeler que, très officiellement, Morges Libre compte trois membres fondateurs: François Meylan, Christophe Privet (vice-président de Vaud Libre) et Jérôme Christen (député Vaud Libre au Grand Conseil). «Seule une assemblée générale, où chaque membre a le droit de vote et de parole, peut décider de l’avenir du parti et des voies qu’il doit suivre», poursuit Emmanuel Gétaz, précisant qu’une telle réunion n’est pas à l’ordre du jour.

Partant, une telle séance pourrait exclure François Meylan de Morges Libre. «S’ils ne veulent plus de moi, qu’ils m’éjectent! Mais je ne démissionnerai pas, car je n’ai rien à me reprocher et j’ai énormément donné de mon énergie dans cette affaire», rétorque François Meylan, qui abattra l’une de ses dernières cartes mardi soir. «Nous avons une séance avec l’Entente Morgienne, où je proposerai la sortie de Morges Libre de la fédération Vaud Libre. Je prévois de la demander en marge de la prochaine assemblée générale, qui a lieu le 25 avril.» (24 heures)

Créé: 28.03.2015, 09h14

Implantation ubuesque

Fin 2013, en voulant baptiser le mouvement qu’elle entendait créer «Morges Libre», la conseillère communale UDC morgienne Patricia da Rocha a écrit le premier chapitre de ce qui allait devenir une véritable saga. Le projet d’appellation, qui n’a pas plu aux dirigeants de Vaud Libre, les avait contraints à un véritable marathon. Il faut dire que la fédération, qui envisageait déjà une implantation dans le district de Morges, avait l’impression de s’être fait couper l’herbe sous le pied.

Ni une ni deux, les membres de Vaud Libre se sont levés aux aurores, quelques jours plus tard, pour être les premiers à envoyer les statuts de Morges Libre – dûment rédigés – au Registre du commerce, à Moudon. La tactique s’est avérée payante, Vaud Libre coiffant la conseillère communale au poteau.

Le samedi 12 octobre 2013, la formation Morges Libre, qui entend jouer un rôle aussi bien au niveau du district que de la Commune, était officiellement créée.

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