Les habitants de Gland balaient la hausse d’impôts

RéférendumLa population s'est prononcée ce dimanche sur une hausse de quatre points d'impôts, votée par le Conseil communal en octobre dernier. Les citoyens ont largement refusé cette augmentation.

Les Glandois ont voté sur une hausse d'impôts de 4 points, soit pour un taux d'imposition de 66,5%.

Les Glandois ont voté sur une hausse d'impôts de 4 points, soit pour un taux d'imposition de 66,5%. Image: Vanessa Cardoso - A

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Le résultat est net, tranchant et sans appel. Dimanche, les votants ont refusé à plus de 85% la hausse de 4 points d’impôt (soit 2 millions d’apports) votée par le Conseil communal en octobre dernier et contestée par un référendum. Dans le détail, 2928 électeurs ont refusé de faire passer le taux d’imposition de 62,5% à 66,5% en 2015, contre 505 qui se sont prononcés pour. En ajoutant 25 bulletins blancs et 6 nuls, le taux de participation a atteint 42,86%. Pour les autorités, c’est une deuxième gifle après le très net refus portant sur la construction d’une piscine couverte.

Réuni dans le cellier communal, le comité référendaire, emmené par le PLR, ne cachait pas sa satisfaction. Fer de lance des opposants, Guillaume Labouchère glissait: «Nous sommes contents que la population nous ait largement suivis et nous la remercions. La Municipalité justifiait cette hausse pour son ménage communal. Elle réclamait un coussin sans avoir fait de plan d’économies au préalable.» Très clairement, pour le camp bourgeois, cette hausse d’impôts n’était pas justifiée, surtout que les budgets n’ont jamais été déficitaires. «Après le refus de la piscine, nous disposons d’une marge suffisante pour les années à venir», confirme Olivier Fantino, élu PLR.

Si la Municipalité s’attendait à un refus, elle n’imaginait pas le résultat cinglant des urnes. «Même si elle a été acceptée par 70% du Conseil, il est toujours difficile de faire passer une hausse d’impôts en votation populaire, analyse Gérald Cretegny, syndic. Le référendum est une machine à dire non. En touchant aux revenus des contribuables, on entre dans l’émotionnel.» Pourtant, avec cette hausse des recettes fiscales, la ville de 13 000 habitants espérait disposer de moyens supplémentaires essentiels à son développement. «Aujourd’hui, le défi va être de continuer notre gestion rigoureuse des finances tout en maintenant le statu quo au niveau des impôts», poursuit le chef de l’Exécutif.

Le poids de la piscine

Dans ce dossier, le projet de piscine couverte a clairement joué en la défaveur de la Municipalité. Cette dernière comptait affecter 1,5 point d’impôt sur les quatre demandés à la construction de cette infrastructure. Après ce net refus, l’Exécutif s’était engagé à reverser la somme perçue en trop (750 000 fr.) aux contribuables. L’argument n’a pas convaincu.

Désormais, les autorités vont devoir prendre des mesures. «Nous ne pourrons pas continuer avec le même cadre financier, prévient Daniel Collaud, grand argentier communal, qui appelle le PLR à prendre ses responsabilités. Qu’allons-nous faire avec le passa­ge sous voies, le réaménagement de la Grand-Rue ou le financement régional? Il va falloir assumer le choix populaire.»

Et le syndic de conclure: «Il ne s’agit pas de menaces, mais cela va coincer. Il faut aujourd’hui trouver des solutions.»

(24 heures)

Créé: 19.04.2015, 11h55

Des autorités à contre-courant

Commentaire de Lauriane Barraud

Les vents contraires sont nombreux à souffler sur les autorités glandoises. Pour la seconde fois en l’espace de quelques semaines, la Municipalité et le Conseil ont été désavoués dans les urnes par la population. Le refus de la construction de la piscine de Montoly – 20 millions – a servi de tour de chauffe à la votation d’hier portant sur la hausse d’impôts.
A une année des élections, la période est particulièrement faste pour les référendums populaires. C’est un joli coup du PLR, bien qu’un peu facile, voire opportuniste. Au-delà de cette question, on retrouve des similitudes dans les deux objets: dans les deux cas, le débat s’est cristallisé autour de l’argent, le nerf de la guerre. A tel point que Gérald Cretegny, syndic, s’en est mis à douter: «Doit-on changer notre vision ou est-ce uniquement une question de porte-monnaie?» Car autant la piscine que la hausse d’impôts ont préalablement été plébiscitées par l’organe délibérant. La Municipalité et le Conseil communal devront se remettre en question et améliorer leur communication sans plus attendre pour renverser la vapeur.

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