L’Hôpital de Prangins visé par une plainte pénale

JusticeL’épouse d’un patient qui a fugué pour mettre fin à ses jours accuse l’établissement d’homicide par négligence.

L'Hôpital psychiatrique de Prangins

L'Hôpital psychiatrique de Prangins Image: ALAIN ROUÈCHE - A

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Le vendredi 5 octobre 2012, S.*, patient de l’Hôpital psychiatrique de Prangins, demande aux infirmiers de pouvoir passer le week-end à la maison. Il affirme ne pas avoir d’idées suicidaires. Peu avant 14 h., son épouse, qui vient de recevoir un message d’adieu sur son téléphone, prévient une infirmière. L’alerte est donnée, et le personnel se lance à la recherche du patient, en vain. La chambre est vide, et il n’y a personne dans le parc. Quelques minutes plus tard, la police annonce un «décès par accident» à la gare de Prangins. Avant 15 h., les papiers d’identité, retrouvés sur place, permettent aux agents d’informer l’épouse que son mari vient de mettre fin à ses jours.

L’homme, cadre dans une banque vaudoise, avait à peine 40 ans. Il laisse deux petites filles en très bas âge, qui ne se souviendront sans doute pas de leur père. Son parcours de vie, lui, est particulièrement douloureux, rythmé par une dépression sévère, par plusieurs tentatives de suicide et une difficulté manifeste à supporter les pressions professionnelles. A partir de 2008, il séjournera six fois à Prangins, notamment pour des idées suicidaires et des hallucinations.

Le 5 octobre, quand son épouse, affolée, alerte l’hôpital après avoir reçu un message d’adieu, son interlocutrice lui répond qu’elle ignore si son mari est encore hospitalisé. Devant son insistance, elle vérifie et constate que la chambre est vide. Pour la jeune femme, effondrée, la cause est entendue: son mari, qui cherchait inlassablement à mettre fin à ses jours, devait faire l’objet d’une surveillance stricte, et l’Hôpital psychiatrique de Prangins, à ses yeux, a donc failli à sa mission.

Elle dépose donc une plainte pour homicide par négligence contre l’établissement hospitalier, qui dépend du Département de psychiatrie du CHUV, et demande une expertise médicale. L’épouse de S. ne comprend pas pourquoi, par exemple, son mari était resté trois semaines dans une chambre de soins intensifs en 2008, à la suite d’idées suicidaires, alors qu’en 2012, après une tentative de suicide, il n’y est pas allé du tout.

*Nom connu de la rédaction.

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Créé: 12.02.2014, 17h51

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