Inquiets sur la route, trop d’écoliers renoncent au vélo

MobilitéS’appuyant sur un sondage distribué dans des écoles, Pro Vélo veut identifier des itinéraires sûrs pour les élèves.

Elias, 10 ans, et Soma, 12 ans, empruntent un petit chemin pour aller à l’école de Borex-Crassier depuis Arnex.

Elias, 10 ans, et Soma, 12 ans, empruntent un petit chemin pour aller à l’école de Borex-Crassier depuis Arnex. Image: OLIVIER VOGELSANG

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Ce n’est pas l’envie qui manque. Voilà le premier enseignement que Pro Vélo La Côte a pu tirer du sondage que l’association a diffusé en juin dans des établissements scolaires de Nyon-Prangins, de Borex-Crassier et de Coppet. Résultat, plus de 50% des élèves ayant répondu (217 réponses sur 1200 flyers distribués) aimeraient se rendre plus souvent à l’école à vélo alors que 15,7% le font effectivement.

Les raisons tiennent un peu aux conditions météo et aux distances entre le domicile et l’école, mais ce sont surtout les dangers de la route et la crainte des vols qui freinent leur élan.

Plus un usage récréatif et sportif

Les participants au sondage (plus de 80% ont plus de 11 ans) possèdent presque tous un vélo (92,2%) et une bonne moitié d’entre eux se sont déjà rendus au moins une fois à l’école avec. Ceux qui habitent entre 500 m et 2 km de l’école utilisent plus souvent leur bicyclette pour s’y rendre que les autres. Mais en règle générale, la petite reine est essentiellement utilisée pour un usage récréatif et sportif plutôt que pour aller en classe.

«Pour quelles raisons tu n’utilises pas ton vélo pour venir à l’école?» demande le sondage. Les réponses sont claires: principalement à cause du sentiment de danger, du trafic et du manque de pistes cyclables. Puis il y a la crainte du vol (mais de gros efforts ont été entrepris pour sécuriser les parkings), la distance à parcourir et le manque de places de stationnement. Les contraintes physiques ou météorologiques ne sont pas souvent citées.

À l’école en toute sécurité

Dès lors, se pose la question de savoir comment rendre plus sûr l’itinéraire entre la maison et l’école. «On peut trouver l’excuse que les réseaux sont mal faits et non sécurisés, et attendre que les pouvoirs publics réalisent des aménagements. Mais il y a d’autres manières d’aborder la problématique, affirme Raphaël Charles, président de Pro Vélo La Côte. Le mieux, c’est d’expérimenter les itinéraires pour se rendre compte que ce n’est pas si dangereux que ça et qu’il y a des mesures simples à mettre en place.»

C’est justement ce que l’association a fait à l’Établissement scolaire Élisabeth de Portes (Borex-Crassier) lors d’une journée de sensibilisation à la mobilité douce en 2018. «Nous avons accompagné les élèves et les parents à vélo sur des parcours que nous avions préalablement choisis pour leur montrer qu’il existe des chemins plus sûrs que d’autres», raconte Raphaël Charles.

Le président de Pro Vélo La Côte aimerait proposer aux associations de parents d’élèves et aux conseils d’établissement d’identifier les itinéraires les plus adéquats depuis chaque village, puis de repérer les endroits dangereux, afin d’inciter les Communes à mettre en place certains aménagements légers, comme des signalisations au sol, des panneaux clignotants ou des ralentisseurs. «Une fois que les habitudes seront prises et qu’une masse critique suffisante de cyclistes prendra la route, les automobilistes seront attentifs», estime-t-il.

Parents en souci

Membre du comité de Pro Vélo La Côte, Franck Janura s’est occupé de gérer ce sondage. Il remarque que cette initiative a diversement été accueillie par les établissements scolaires (lire encadré). Mais dans les écoles où il a pu être largement diffusé, il estime que ce coup de sonde a déjà permis d’ouvrir la discussion sur cette question. «Souvent, ce sont les parents qui se font surtout du souci. Il est important qu’ils s’impliquent, par exemple en accompagnant leur enfant à vélo sur le parcours choisi. En Terre Sainte, j’ai pu constater un fort intérêt pour nos propositions.»

À Coppet, justement, la directrice de l’établissement primaire, Christine Trolliet, abonde: «Trop de parents amènent leur enfant en voiture. Nous favorisons tout ce qui permet à l’enfant de s’autonomiser, à pied ou à vélo, à condition que ce soit de manière sécurisée.»

Créé: 20.09.2019, 11h13

Sondage plus ou moins bien accueilli

Une circulaire déconseillant aux élèves de venir à l’école à vélo était envoyée aux parents des enfants scolarisés à l’Établissement primaire Nyon Léman. En écho à cet envoi, Pro Velo La Côte a décidé de lancer le sondage «Le vélo à l’école».

Pascale Mauron, directrice de l’établissement, précise que ce courrier a été supprimé depuis plusieurs années. «À l’époque, venir à l’école à vélo comportait un risque parce qu’il y avait beaucoup de vols et de déprédations, explique-t-elle. La situation a beaucoup évolué.»

Aborder le sujet avec élèves et parents

Franck Janura, membre du comité de Pro Velo La Côte, s’en félicite, mais il estime qu’il est important de sensibiliser tous les milieux concernés à la mobilité douce. «Notre objectif est d’aborder le sujet du vélo à l’école avec les élèves et les parents, mais aussi de voir quelle volonté il y a d’évoquer le vélo au sein des établissements scolaires», déclare-t-il.

Il se réjouit de l’accueil reçu à Nyon-Marens et à Coppet, un peu moins à Borex-Crassier, et regrette que l’établissement primaire de Nyon ait refusé de distribuer le sondage. Pascale Mauron précise pourquoi: «C’est uniquement parce que l’école est submergée de documents à communiquer dans les classes. Le refus est valable pour tout le monde. En revanche, nous ouvrons notre École des Tattes d’Oie pour le cours vélo du samedi 21 septembre.»

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