L’instigateur du parc éolien met un frein à son projet

BièreL’implantation de sept éoliennes ne se fera pas avant des années. Le revers essuyé à Sainte-Croix a refroidi la SEFA, qui préfère jouer la prudence.

Christian Jan, directeur de la SEFA, estime qu’il n’est pour le moment pas opportun de lancer les études d’impact du futur parc éolien, devisé à 45 millions de francs.

Christian Jan, directeur de la SEFA, estime qu’il n’est pour le moment pas opportun de lancer les études d’impact du futur parc éolien, devisé à 45 millions de francs. Image: Vanessa Cardoso

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Assis dans son bureau, Christian Jan, directeur de la Société électrique des forces de l’Aubonne (SEFA), n’y va pas par quatre chemins: «Nous attendons que des éoliennes tournent dans le canton avant de mener des études approfondies sur notre futur parc de Bière.» En clair, le projet d’implantation de sept éoliennes, censées alimenter l’équivalent de 7000 ménages en électricité, ne devrait pas se réaliser avant plusieurs années.

Dans sa planification initiale, la société électrique ambitionnait pourtant de le soumettre à l’enquête au milieu de l’année prochaine. Le tout après avoir mené des études d’impact pointues sur l’intégration paysagère, l’ombre des pales, la faune ou encore le bruit.

Ne pas investir dans le vide

Mais la récente décision du Tribunal cantonal, qui a partiellement admis les recours des opposants du côté de Sainte-Croix, a aujourd’hui changé la donne. Pour mémoire, la Cour a demandé au Canton des études plus poussées. Ces dernières portent notamment sur les effets du bruit, qui doivent désormais se mesurer éolienne par éolienne, et sur les nuisances sonores, qui doivent être réduites de 4 décibels au lieu de 2.

Ne souhaitant pas se heurter au même problème, la SEFA a décidé de jouer la carte de la prudence avant d’investir dans des études coûteuses. «Une société comme la nôtre ne peut pas se permettre de dépenser 500 000 francs d’études dans le vide, argumente encore le directeur. Nous attendons désormais que des projets cantonaux plus avancés aboutissent avant de lancer nos propres études d’impact.»

La SEFA pourrait pourtant se baser sur les considérants du tribunal pour se lancer dans l’aventure. Mais cette option n’a pas été retenue. «Dans ce genre de projets, qui courent sur de nombreuses années, les niveaux d’exigence évoluent constamment. En bons entrepreneurs, nous devons aussi savoir gérer les risques», rétorque Christian Jan.

Meilleurs soutiens attendus

Pour expliquer sa réserve, le producteur d’électricité n’invoque pas uniquement des arguments financiers. Aujourd’hui, il veut aussi s’assurer de meilleurs soutiens politiques et citoyens dans le domaine de l’énergie éolienne. «Actuellement, les politiciens font peut-être preuve d’une prudence légitime vis-à-vis de parcs éoliens contestés», poursuit le responsable. Pour rappel, le projet birolan a déjà suscité un vent de contestations, notamment du côté de Berolle , village qui subira l’impact visuel des futures installations. En novembre dernier, le groupe anti-éolien Pieduvent a même été constitué pour défendre l’intérêt des citoyens (lire ci-dessous). Christian Jan l’assure, la société ne restera pas les bras croisés durant ce temps mort. «Nous le mettrons à profit pour dialoguer et informer les autorités et les habitants concernés par le projet. Nous continuerons aussi les mesures des vents que nous menons depuis plus de deux ans. Notre motivation reste intacte.»

Jusqu’à présent, ces mesures se sont d’ailleurs montrées particulièrement concluantes. «Nous pourrions produire quelque 28 millions de kWh par année. En l’additionnant à l’énergie hydraulique, nous pourrions ainsi produire près de 80% de l’énergie consommée par la région de manière renouvelable. Nous sommes convaincus que ce projet est essentiel pour toute la région. Mais, dans le contexte actuel, il est urgent d’attendre», conclut le directeur. (24 heures)

Créé: 06.04.2015, 20h30

«Nous continuons à affûter nos armes»

Patrick Badan, président de l’association citoyenne Pieduvent, est aujourd’hui content de voir que la Société électrique des forces de l’Aubonne (SEFA) marque un temps mort dans ce projet vivement contesté.

Pour autant, il assure que son groupe anti-éolien ne baissera pas les bras si facilement. «Nous continuons à affûter nos armes en coulisses et nous n’allons rien lâcher, assure-t-il. Au contraire, cela nous donne encore davantage de force. A mon avis, le parc éolien de Bière doit être plus que limite, sinon la SEFA aurait déjà lancé ses études d’impact.»

Comptant désormais une septantaine de membres venant de Ballens, de Berolle et de Bière, l’association poursuit sa croisade pour «accomplir son devoir d’information». Pour ce faire, elle dispose de plusieurs outils. «Nous avons ouvert un site Internet et nous allons également produire un petit film pour que les habitants puissent se rendre compte de l’impact réel des futures éoliennes», poursuit Patrick Badan.

Aux yeux du président, il importe surtout que les citoyens – qu’ils approuvent ou non le projet – puissent se faire une opinion en toute connaissance de cause.

Pour mémoire, ce groupe a été créé il y a six mois à Berolle pour s’opposer à l’implantation des sept éoliennes prévues dans la commune limitrophe de Bière. C’est dans ce village que le vent de la contestation s’est levé en premier, car de nombreux habitants craignent de perdre leur vue imprenable sur les Alpes.

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