«Quand j’ai commencé, Gland n’était qu’un village»

PortraitDominique Gaiani quittera son poste de secrétaire municipal en août. Il a accompagné la folle croissance de sa ville durant 36 ans.

Dominique Gaiani occupe l'ancienne salle de la Municipalité. Tout un symbole pour celui qui l'aura accompagnée durant 36 ans.

Dominique Gaiani occupe l'ancienne salle de la Municipalité. Tout un symbole pour celui qui l'aura accompagnée durant 36 ans. Image: Odile Meylan

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A son arrivée à Gland, en juin 1980, Dominique Gaiani découvrait un village. Plutôt grand, avec ses 4200 habitants, mais un village quand même. «Je ne connaissais alors personne, mais tout le monde se connaissait. L’intégration était facile, notamment grâce au foot.»

Trente-six ans plus tard, l’énergique Broyard (il est originaire de Payerne) sait tout d’une commune qu’il a vu grandir en étant au cœur du pouvoir, en tant que secrétaire municipal. A quelques petits mois de la retraite, qu’il prendra en août, Dominique Gaiani trône encore derrière son grand bureau. Suffisamment large pour y déposer soigneusement tous les dossiers en cours.

«Bras droit»

Ancien syndic de Gland, Jean-Claude Christen n’a pas engagé Dominique Gaiani. Mais presque: «J’étais municipal quand il est arrivé, puis syndic dès 1982.» Pendant douze ans, les deux hommes vont se côtoyer de très près. «Il était un bras droit idéal, presque un sixième municipal. Je pouvais m’appuyer sur lui en toute confiance, il connaissait parfaitement aussi bien les dossiers que les besoins des Glandois.

«C’est ce qui m’a toujours plu dans ce travail, la diversité et les rencontres!»

Car à cette époque où l’administration communale comptait une petite dizaine d’employés – «concierges compris!» –, le secrétaire municipal était sur tous les fronts, y compris au-devant des citoyens. «C’est ce qui m’a toujours plu dans ce travail, la diversité et les rencontres!»

«Dominique a toujours su tenir sa place, celle d’un conseiller alerte», ajoute Christen. «C’est le propre d’un secrétaire municipal, on travaille dans l’ombre, en donnant objectivement toutes les informations utiles, sans participer à la décision. Autant dire qu’il vaut mieux ne pas nourrir un grand ego», précise le futur retraité.

En coulisses

Un job en coulisses qui sied parfaitement à cet ancien libero, «précis et méticuleux dans son travail», juge l’actuel syndic, Gérald Cretegny. Dominique Gaiani se prépare, ne navigue pas à vue, pèse chaque mot, bosse beaucoup. «Pas tant que ça, rigole le secrétaire municipal. De 7 h 30 à 19 h, en général.»

«Quel que soit le dossier, il sait toujours trouver l’élément manquant, celui qui pourrait poser problème», ajoute le syndic, au milieu d’un torrent d’éloges. Une maîtrise à tous les niveaux. «J’ai vérifié l’année de naissance de mes enfants, au cas où vous me le demanderiez», nous glisse-t-il, malicieux, peu après avoir tendu un document résumant en une page le rôle d’un secrétaire municipal.

«Qualités de rassembleur»

On y apprend que, des séances de la Municipalité au contrôle des champignons, de l’approvisionnement des habitants en cas de crise au bilan de législature, tout semble passer entre les mains du secrétaire. «C’est un rôle transversal, où les qualités de rassembleur de Dominique ont fait merveille, ajoute Jean-Claude Christen. Il aura été un grand serviteur de la commune de Gland!»

Un homme-clé qui va néanmoins devoir rendre son trousseau en août. «La retraite, je m’y prépare, on a même suivi un cours avec ma femme. D’ailleurs, c’est plus elle que cette perspective inquiète, s’esclaffe le Glandois. Elle doit déjà me rappeler régulièrement qu’à la maison je ne suis pas au bureau, alors imaginez après la retraite!»

Perspectives plus calmes

Pour quelqu’un qui a tant planifié pour sa ville et dont on salue le travail soigné à la virgule, le programme dès septembre semble d’un calme olympien. «Avec quatre enfants, dont un fils à Montréal, et six petits-enfants, j’aurai de quoi ne pas m’ennuyer. Et puis il y a notre maison à entretenir. Avant, ça me vidait la tête, désormais ça occupera mes journées.»

Vient alors le moment de la photo. Dominique Gaiani s’y montre particulièrement attentif. «C’est pas pour moi, c’est pour ma mère. Elle a 92 ans et ne me rate pas si je me tiens mal», lâche-t-il encore dans un éclat de rire.

Créé: 25.01.2016, 16h00

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