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Julien Bugnon veut de la noisette d’ici

À Cottens, l'agriculteur expérimente les cultures spéciales. Avec Dicifood, il a aussi décidé de produire noix et noisettes.

Sous un noyer plus ancien, Julien Bugnon pose avec quelques-uns de ses produits… mais pas encore avec ses noisettes.
Sous un noyer plus ancien, Julien Bugnon pose avec quelques-uns de ses produits… mais pas encore avec ses noisettes.
Odile Meylan

«Des collègues agriculteurs s’achètent des machines, moi je m’achète des arbres.» Julien Bugnon en achète même beaucoup, depuis des sapins jusqu’à des noisetiers qu’il plante par hectare. La suite d’un parcours commencé il y a dix ans, quand il reprend très jeune, à 21 ans, le domaine familial de Cottens que sa famille exploite depuis cinq générations. Son père a arrêté l’élevage pour se consacrer aux grandes cultures de céréales sur les 65 ha qu’il cultive. Son fils a entendu l’ancien conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann dire que les prix suisses allaient rejoindre les prix européens. «Tôt ou tard, ce sera le cas, admet le jeune homme de 31 ans. Le prix des céréales n’a cessé de baisser depuis dix ans. On est dans un pays où on ne veut pas payer le vrai prix des aliments et où on préfère verser à côté des paiements directs.»

Lui a d’autres idées, comme un créatif qui a l’air de s’amuser mais qui réfléchit et qui bosse. C’est ainsi qu’il a commencé à vouloir planter des noix et des noisettes il y a quatre ans. «En fait, on avait quelques noyers plantés de-ci de-là, plutôt décoratifs. Moi, j’avais fait mon projet de maîtrise autour de la noix, avec un business plan et tout et tout. Quand j’ai commencé à visiter des exploitations, je me suis rendu compte qu’elles avaient souvent aussi des noisettes, que les cultures se complétaient bien.» Il dédie donc 11 hectares à ses nouveaux vergers, 3 pour les noyers et 8 pour les noisetiers.

Voir à long terme

«C’est un bel investissement, d’autant qu’il faut attendre environ quatre ans pour une première récolte, et encore un ou deux ans de plus pour que la récolte soit abondante.» Et faire face aux ravageurs connus, la mouche du brou – qui pond ses larves dans la peau de la noix – ou le balanin – qui fait un petit trou dans la noisette pour y faire croître ses larves. De la noix, il a déjà fait un vin de noix avec sa compagne œnologue ou des noix vertes confites qu’on déguste en pickles. Mais le Moulin de Sévery n’est pas loin et son patron, Jean-Luc Bovey, un copain. Des débouchés il y aura. Pour les noisettes, il a convaincu quelques collègues. Au total, ce sont donc 25 ha qui ont été plantés, et des premiers contacts ont été pris avec des chocolatiers. Réponse cet automne avec la première vraie récolte.

Le garçon a toujours eu de la ressource. C’est déjà lui qui avait introduit il y a huit ans Ecosapin dans la région, cette entreprise qui vous loue un sapin de Noël en pot, avant de venir le récupérer pour le replanter. Là aussi, Julien Bugnon travaille en réseau et écoule quelques milliers d’arbres pendant les Fêtes.

Il avait aussi monté une entreprise, Paniers d’Ici, qui proposait des paniers de produits régionaux à commander sur le net. «On a été un peu dépassé par la logistique et on a finalement arrêté.» Mais le nom est resté au moment où il a fondé avec Philippe Michiels, l’ancien patron d’Hugo Reitzel, une nouvelle société de produits locaux et originaux. «On devait créer une société pour vendre à des entreprises qui sont certifiées ISO 22 000.»

De graines en légumineuses

Julien Bugnon s’est d’abord mis en 2015 à la moutarde, jaune ou brune, qu’il vend au Moulin de Sévery, à Hugo Reitzel, à la Fromagerie du Moléson. Et, à travers Dicifood, il la propose soit en graines soit moulues. «C’est assez irrégulier comme plante, ça peut passer un mois en feuilles, à la merci des insectes.» L’agriculteur aime travailler en réseau. «Nous partageons toutes nos machines agricoles avec mon voisin, cela diminue nos coûts.» Et réseau, c’est aussi bosser avec quelques copains agriculteurs pour Dicifood. Sur l’emballage figure toujours le nom du producteur. «Si on veut vendre du local, il faut être transparent jusqu’au bout.»

C’est ainsi que la jeune entreprise propose trois sortes de lentilles, verte, béluga et brune, des graines de lin de Pompaples, des pois chiches, des maïs à pop-corn variété Butterfly ou Mushroom, qui éclatent bien à la cuisson. Tout est trié par machine optique pour éviter les déchets ou les petits cailloux, tout est conditionné par un atelier d’intégration. Et les produits sont certifiés par Beelong, l’indicateur écologique de la nourriture. «Les volumes augmentent, ça a vite pris de l’ampleur. Des producteurs me téléphonent pour participer mais nous devons garder une taille humaine.» Aujourd’hui, le blé représente moins d’un tiers de la production. «Ces cultures spéciales sont un moyen de nous différencier de l’importation.»

www.dicifood.ch

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