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A Longirod, le système de la ferme de Pré-Martin est tout bio

Les Bovy élèvent agneaux et porcs laineux au sein d’un équilibre entre leurs cultures fourragères et maraîchères.

Victor et Étienne Bovy avec quelques-uns de leurs moutons miroirs élevés dans la Ferme de Pré-Martin.
Victor et Étienne Bovy avec quelques-uns de leurs moutons miroirs élevés dans la Ferme de Pré-Martin.
Odile Meylan

Les brebis bêlent ce jour-là alors qu’on s’approche de leurs agneaux âgés de trois jours. Dans l’écurie d’Étienne et Victor Bovy, à Longirod, les bêtes passent quelques semaines au chaud avant de retourner dehors dès le mois d’avril profiter des herbages et des pâturages. Mais elles profitent toujours d’une nourriture 100% bio, cultivée à la ferme de Pré Martin, un domaine qui fait aujourd’hui 36 hectares. Si les Bovy sont originaires de la commune du pied du Jura, le père, Étienne, a eu d’autres vies avant de reprendre l’exploitation. Après sa formation de paysan, il est devenu éducateur, est parti au Canada avant de revenir en 1993. «Au départ, j’étais moins à la ferme et les brebis étaient un moyen idéal d’occuper les champs. Ce sont des bêtes moins exigeantes qui se plaisent sur des prairies extensives ou des pâturages maigres.»

Le sexagénaire explique aussi que l’agneau se vend assez bien en vente directe, soit en bête entière, soit en demi. «Nos clients peuvent également choisir la découpe des pièces, grâce à l’excellent travail de notre boucher. Aujourd’hui, les gens mangent moins de viande mais ils privilégient la qualité, les circuits courts. Et comme on est bio...» Une viande de qualité vendue à un prix inférieur à celui des grandes surfaces, cela plaît. Les Bovy père et fils élèvent donc une soixantaine de brebis, qui vont donner une septantaine d’agneaux chaque année. «Au départ, nous avions du blanc des Alpes et quelques moutons noirs parce que j’aime ça, sourit Étienne Bovy. Mais désormais nous travaillons une espèce défendue par Pro Specie Rara, le mouton miroir, qui vient des Grisons. Notre but est d’arriver bientôt à n’avoir plus que celle-là.»

Non seulement l’espèce était menacée mais, en plus, le mouton miroir est trop mignon avec ses taches noires autour des yeux qui lui donnent un effet de lunette. «En bio, il faut vraiment faire de la prophylaxie dirigée contre les parasites gastro-intestinaux, mais c’est jouable. Et nous n’avons peu de problèmes d’onglons avec le piétain car les bêtes restent toute l'année sur l'exploitation, entre le bord du lac et la région de Longirod.» Si les agneaux se vendent bien en viande fraîche, les brebis de réforme, aux environs de leur huitième année, sont utilisées pour des produits transformés, merguez ou saucissons.

Autarcie

Comme pour les porcs laineux (lire ci-contre), toute la nourriture est produite au domaine, un mélange d’orge et de pois. Les Bovy ont une multitude de productions, depuis les grandes cultures de céréales panifiables, à côté des fourragères, du colza qu’ils font presser au Moulin de Sévery pour obtenir l’huile, une dizaine de chevaux en pension, une production maraîchère en plein champs à Longirod, des plantes aromatiques destinées à la Distillerie de Bassins.

Dans le même temps, Victor, le fils, ingénieur en environnement, n’est revenu au domaine qu’à condition qu’il devienne bio, une reconversion entamée en 2017. Victor donne également des cours à l’Ecole d’agriculture de Marcelin, et il s'occupe d'une partie du domaine, le Jardin de Marcelin. Ils y cultivent sous abri ou en plein champs légumes et fruits, ces derniers étant pressés au pressoir de Marcelin par Victor. Qui en profite aussi pour mener des études sur les microfermes périurbaines. «Là aussi, on s’aperçoit que leur seule filière rentable est la vente directe, comme nous le faisons.» Quand il ne produit pas de la bière avec son frère sous le nom L’Optimiste.

Le contact avec les clients

Les Bovy vendent en effet dans le magasin de la coopérative du village, que préside Victor, Dorignol, et au Jardin de Marcelin. Ils ont aussi un stand au marché de la vallée de Joux et à celui de Rolle. «C’est important de connaître nos clients, de leur expliquer ce que nous faisons, affirme Victor. et ce n’est pas parce que nous sommes bios que nous diabolisons l’agriculture conventionnelle, au contraire. Mieux vaut acheter des produits de proximité que des produits bios qui voyagent loin.»

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