400 gymnasiens débattent sur le climat

NyonEntre deux manifs, les jeunes ont pu poser leurs questions sur le dérèglement climatique à des experts de haut vol.

Martin Béniston, (à gauche), climatologue, Adèle Thorens, conseillère nationale verte, et Laurent Tissot, historien, ont répondu aux nombreuses questions des élèves du gymnase de Nyon.

Martin Béniston, (à gauche), climatologue, Adèle Thorens, conseillère nationale verte, et Laurent Tissot, historien, ont répondu aux nombreuses questions des élèves du gymnase de Nyon. Image: VANESSA CARDOSO

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«Ne faut-il pas arrêter le capitalisme et changer de paradigme?» «L’écologie est-elle compatible avec la globalisation?» «Pourquoi n’a-t-on pas en Suisse une banque éthique qui encouragerait les projets écologiques?» «Que fait l’État pour faire baisser le prix des trains?» Mardi matin, les 400 gymnasiens présents à l’aula du collège de Marens, à Nyon, étaient d’attaque lors du débat sur le dérèglement climatique et ses enjeux pour la Suisse et dans le monde. Les questions et remarques des élèves de 3e année ont fusé, en bonne intelligence.

Choisi en septembre dernier par la direction, le thème du climat, déjà très chaud, est devenu brûlant d’actualité avec la grève-manifestation du 18 janvier. «Il y a eu le temps de la grève, il y a aujourd’hui le temps de la réflexion, et il y aura le temps de l’action», a déclaré le directeur du gymnase, Yves Deluz, en introduction.

«Critiquer les multinationales n’est pas suffisant»

Animé par David Berger, journaliste à la RTS, le débat a d’abord réuni le climatologue Martin Beniston, codétenteur du Prix Nobel de la paix accordé au GIEC en 2017, Laurent Horvath, économiste spécialisé dans les énergies, ainsi que Jean-François Mouhot, historien de l’environnement. À chaque question, les invités ont répondu en montrant que le champ des possibles était très large. Pas d’alarmisme, mais une incitation à chercher des solutions. «Il y a urgence, mais il n’y aura pas un moment précis où tout va se dérégler, a expliqué Martin Beniston. Les problèmes climatiques vont d’abord accentuer les clivages entre riches et pauvres, car nous ne sommes pas tous égaux face à la montée des océans ou à la sécurité alimentaire. Essayer de régler ces problèmes d’inégalité est une des voies à explorer.»

Plusieurs questions des gymnasiens contenaient des propositions de solutions, comme de changer de système économique ou d’accueillir les réfugiés climatiques du sud sur des terres inhabitées du nord, qui deviendront plus accessibles avec le réchauffement. «Le capitalisme débridé est un énorme problème, mais critiquer les multinationales n’est pas suffisant, il faut aussi réfléchir à ses propres valeurs, notamment en tant que consommateur», a répondu Jean-François Mouhot. «Il ne faut surtout pas copier ce qu’on a fait. Il faut se réinventer. On a besoin de votre aide», a ajouté Laurent Horvath.

Politiques trop passifs?

La deuxième partie du débat était plus focalisée sur les enjeux climatiques en Suisse. Laurent Tissot, historien spécialisé dans le tourisme, et Adèle Thorens, conseillère nationale Verte, faisaient face aux étudiants. On a parlé de transition structurelle des stations de moyenne montagne et du prix des trains, que Laurent Tissot trouve scandaleusement trop élevé. Mais surtout, la conseillère nationale a dû répondre aux questions des élèves sur l’attitude jugée trop passive des autorités politiques.

Vu l’influence des lobbies économiques, faut-il encore croire aux vertus de la démocratie? La conseillère nationale a expliqué que son parti avait fait plusieurs propositions qui n’avaient pas eu la majorité. «Le pouvoir est au peuple, qui a élu cette majorité en toute connaissance de cause. Chacun a le droit de voter, et chacun choisit ce qu’il consomme», a-t-elle insisté. Et les accords de Paris, une fumisterie pour se donner bonne conscience? «C’est trop long, mais il y a des avancées», a répondu Martin Beniston, qui relève que des entreprises font aussi leur virage énergétique.

Créé: 29.01.2019, 20h27

«Cela ne sert à rien d’aller se plaindre aux grandes autorités si on ne fait rien par soi-même»

Daniela Vargas, élève du gymnase de Nyon

«Il faut réveiller les jeunes et les responsabiliser, à l’école, dans les médias, par l’éducation»

Chiara Mosca, élève du gymnase de Nyon

«La priorité, c’est d’alerter les autorités politiques pour qu’elles prennent des mesures»

Aurélie Früh, élève du gymnase de Nyon

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