De méchants doutes planent sur l’Usine à Gaz de Nyon

Conseil communalLa commission du Conseil veut des éclaircissements sur l’extension de la salle de spectacle.

Des voisins de l'Usine à Gaz, situés au dessus de la salle de spectacle, interpellent la commission du Conseil communal.

Des voisins de l'Usine à Gaz, situés au dessus de la salle de spectacle, interpellent la commission du Conseil communal. Image: Vanessa Cardoso

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Les tensions autour de l’extension de l’Usine à Gaz de Nyon sont loin de s’être apaisées. Lundi, lors de la dernière séance de l’année du Conseil communal, le président de la commission chargée de rapporter sur le crédit de 16 millions de francs demandé pour la création d’une deuxième salle de spectacle et des bureaux a tenu à faire une mise au point quant au retard pris par ce dossier. «Mettre, comme le fait la Municipalité, le retard sur le dos de la commission est déloyal et faux. Un rapport avait été préparé lorsque, trois jours avant son dépôt, plusieurs problèmes liés au projet ont été portés à notre connaissance», expliquait le Vert’libéral Patrick Buchs dans une lettre adressée aux élus en son absence.

Les nouvelles questions qui taraudent la commission concernent la mise à l’enquête de l’extension de l’Usine. Cette dernière, menée parallèlement aux travaux de la commission, a suscité plusieurs oppositions. «Celles-ci doivent être traitées, et cela prendra du temps. Alors dire qu’il ne manque que la décision du Conseil pour sortir les trax et lancer le chantier est faux», relève Patrick Buchs.

«Incurie et amateurisme»

Mais il y a, aux yeux de la commission, plus grave. Il y aurait une opposition au plan de quartier de l’Usine à Gaz, faite en 2004, qui n’aurait jamais été levée par le Service de l’urbanisme. «Il est donc légitime de poser des questions, de savoir si cette erreur pourrait invalider le plan de quartier et tout bloquer», estime le président de la commission.

Philippe Glasson (PLR), qui d’habitude enrobe ses interventions d’un humour caustique, a durci le ton en dénonçant «l’incurie de la Municipalité» et «l’amateurisme ambiant des services communaux». C’est lui qui a relayé à la commission les remarques de Jacques Suard, propriétaire voisin dont l’opposition au plan de quartier en 2004 n’a jamais été levée et qui a encore une fois fait opposition à la construction. «On essaie de nous faire avaler des choses mal faites, comme le mur de soutènement à l’arrière de l’Usine, qui n’a pas été mis à l’enquête publique», pestait l’élu en demandant le report du préavis.

Un vieux «bug»

Le syndic, Daniel Rossellat, a vivement déploré le fait de retrouver en commission des arguments d’opposants. Et de rappeler que cela mettait la Municipalité dans une situation inconfortable, car ce n’est pas de la compétence du Conseil de lever les oppositions dans un dossier de construction, mais bien de l’Exécutif. «C’est scandaleux de voir des intérêts privés relayés au sein d’une commission du Conseil», appuyait le socialiste Alexandre Démétriadès.

Quant au plan de quartier, il y a effectivement eu un «bug», l’opposition de M. Suard n’ayant pas été formellement levée. «Mais nous avions garanti tout ce qu’il demandait, servitude, droit de passage lors des travaux ou encore accès goudronné au lieu d’engazonné», explique le municipal Claude Uldry, pour qui cet oubli ne devrait pas remettre en cause la légalité du plan de quartier. Quant au mur de soutènement, il s’agit d’une paroi entièrement souterraine, sorte d’ouvrage pour lequel l’aménagement du territoire n’a encore jamais demandé d’enquête publique.

Créé: 08.12.2015, 20h13

Le peuple aura peut-être le dernier mot sur l’extension de l’Usine à gaz de Nyon

Commentaire, Madeleine Schürch

Ils jouent un drôle de jeu. D’un côté, des élus de droite, comme Philippe Glasson, ancien président du Festival des arts vivants, et Roxane Faraut Linares, qui demandait la mise au concours de la gestion des futures salles de spectacle, se disent plutôt favorables à l’extension de l’Usine à Gaz, mais font tout pour torpiller l’avance du dossier. Perturbée par des faits rapportés en dernière minute par des opposants, la commission du Conseil veut gommer tous les doutes qui subsistent dans ce dossier brûlant. Cela peut sembler légitime, mais cela montre surtout la défiance de certains élus de droite vis-à-vis d’une Municipalité pressée de faire aboutir l’un des dossiers phares de la législature.

Le principe d’une deuxième salle à l’Usine à Gaz, d’un développement de ce centre culturel unique dans une ville plus connue pour ses festivals que ses rares salles de spectacle, est plutôt bien accepté, puisque le Conseil communal avait voté un crédit d’étude dans ce sens. Mais les coûts de l’opération ont pris l’ascenseur. En pleine période électorale, la droite se demande si la Ville peut se payer raisonnablement une dépense de 16 millions, alors que d’importants investissements scolaires, quasi incontournables, vont grever la dette communale. A ce titre, on cherche la petite bête pour temporiser, se mêler de ce qui est de pure compétence municipale. Au final, ce sera probablement le peuple qui aura le dernier mot. Car, comme le rappelle Philippe Glasson, l’Usine à Gaz est née d’un vote populaire. Il y en aura peut-être un autre pour décider de son extension.

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