Il met Nyon sens dessus dessous

UrbanismeUn architecte propose à la Ville sa propre vision du développement. Intéressant, mais...

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La démarche est insolite. Georges Tornier, à la tête d’Atelier94, un bureau d’architecture de 27 personnes à Arzier, a planché durant deux ans, à ses frais, sans commande ni mandat, sur un projet urbain pour sa ville natale de Nyon. Pourquoi? «Parce que la ville a presque doublé sa population en trois décennies et que j’étais attristé par ce qu’on y faisait sur le plan de l’urbanisme. Il manque une vision globale pour mettre en valeur l’une des plus belles villes de La Côte et redynamiser son commerce local», explique celui qui a rendu public hier une étude très fouillée avec quelques propositions originales.

A partir des dysfonctionnements constatés en matière de mobilité, l’architecte veut privilégier l’accès aux commerces du centre-ville. Pas en parquant les voitures à l’extérieur, mais en les amenant vers les parkings du centre par des tranchées couvertes qui permettent en surface de donner aux piétons des espaces de détente. Il propose ainsi d’enterrer le passage et les arrêts des voitures, bus et taxis sous la place de la Gare, devenue piétonne, et de l’inclure dans un réseau souterrain qui relierait le Martinet à la rue Saint-Jean (sous les voies CFF et par la route des Marchandises). Tranchées qui seraient reliées à l’est à une passerelle sur l’Asse aménagée au débouché du tunnel de l’Etraz, élargi, idée qui fut abandonnée il y a trente ans. N’est-ce pas une option trop coûteuse pour des collectivités publiques? «Pas du tout, ce ne sont pas des tunnels, mais des tranchées couvertes. Il suffit de creuser et de mettre une dalle dessus!» estime Georges Tornier.

Culture sous Perdtemps

Deuxième pôle, la place Perdtemps, actuel parking à ciel ouvert, que l’architecte propose de végétaliser entièrement pour retrouver le poumon vert de son enfance. Dessous, il ne se contente pas de faire un parking souterrain de 1400 places réparties sur six niveaux, mais propose d’y enterrer de manière combinée salle de congrès, salles de cinéma, commerces et la salle d’exposition qui manque cruellement à Nyon. Le premier sous-sol aurait pignon sur rue avec boutiques et cafés du côté du Petit-Perdtemps, qui deviendrait ainsi une promenade. Là où les autorités songeaient à construire hôtel et centre de congrès, à Perdtemps-Usteri, il voit des logements avec commerces; et encore plus loin, là où l’EVAM pourrait construire un foyer, un bâtiment administratif qui pourrait accueillir les services communaux. «Cela libérerait la place du Château.»

Il propose bien sûr de construire au Martinet, derrière la gare, de grands immeubles de logements, de bureaux et de commerces, avec parking souterrain, ainsi qu’un pavillon, plus bas, abritant restos ou hôtel. Mais contrairement aux options prises par la Ville ces dernières années, il remettrait la route de Saint-Cergue en circulation à deux sens, avec giratoire au débouché avec la Morâche. Enfin, l’architecte propose de réaménager les rives du lac entre le débarcadère à la Grande Jetée, en enterrant les voitures sous un grand espace de verdure et de loisirs, avec plan d’eau et même piscine et ombrière sur la digue. Qu’attend-il maintenant de la Ville? «La majorité de la Municipalité ayant changé, mon projet peut contribuer à donner une vision globale et déboucher sur une collaboration», espère Georges Tornier. (24 heures)

Créé: 06.10.2016, 06h36

La Ville veut aller au-delà du rêve

Nouveau municipal de l’Urbanisme, Maurice Gay est pour l’instant le seul membre de l’Exécutif nyonnais à avoir vu le projet. «Sur le fond, la démarche est intéressante car elle donne une vision extérieure au monde politique ou administratif. Mais je constate qu’on y retrouve les grandes lignes de notre projet Cœur de ville, sur lequel nous planchons pour redynamiser le centre-ville. M. Tornier a travaillé sur les vides existants de quatre pôles, sans les contraintes que nous avons sur le plan des finances et des décisions déjà prises. On travaille sur les mêmes pôles, mais en les liant dans une vision plus globale sur le fonctionnement de la vieille ville et la mobilité. Ainsi, enterrer la circulation ne règle pas les problèmes de trafic dans la périphérie», explique le municipal, qui espère présenter le printemps prochain le concept général de Cœur de ville. «Les images de M. Tornier font certes rêver et nous les examinerons, mais nos projets sont presque plus ambitieux, notamment sur les rives, où il se contente d’un aménagement paysager.»

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