Le meunier de la Vaux passe le témoin

AubonnePierre-Alain Pantet tire sa révérence après presque trente ans d’activité. Un jeune couple a repris les rênes du moulin.

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En cette période de moissons de l’orge, le Moulin de la Vaux, niché en contrebas d’Aubonne, tourne à plein régime. Mais depuis une semaine, les agriculteurs venant déposer le fruit de leurs récoltes ne sont plus accueillis par Pierre-Alain Pantet. Le meunier vient tout juste de tirer sa révérence après presque trente ans d’activité. Vendredi dernier, il a remis les clés à Olivier et Caroline Pioux, un couple de Français tombé amoureux des lieux.

Une page se tourne au Moulin de la Vaux, aux mains de la famille Pantet depuis 1959. «Mon père est parti de zéro, car son prédécesseur avait fait faillite et avait laissé une réputation peu reluisante», raconte Pierre-Alain Pantet. Au fil des ans, cette petite entreprise familiale a gagné en notoriété et a glané de plus en plus de clients.

«Le rôle du meunier est de faire le lien entre l’agriculteur et le boulanger, résume Olivier Pioux. Avec le temps et grâce à l’expérience, nous parvenons à créer des variétés de farine correspondant aux demandes des clients.» D’ailleurs, la farine à pizza élaborée par Pierre-Alain Pantet aurait fait saliver les pizzaïolos napolitains les plus récalcitrants. Son secret? Bien gardé – mais transmis à son successeur.

Retour en force du «local»

Mais la concurrence reste ardue face aux grandes usines, à l’image des Moulins de Granges-Marnand. Le canton de Vaud ne compte aujourd’hui plus que trois meuneries de taille modeste: Echallens, Yverdon et la Vaux (Cossonay ne produisant plus de farine depuis peu). Les petits moulins jouissent du retour en force des produits estampillés «local». «Ce n’était pas du tout le cas il y a vingt ans, on assiste à un retour en arrière», observe le meunier retraité.

Les liens tissés au fil des ans avec les clients jouent aussi un rôle essentiel. «Les boulangers apprécient d’avoir un contact direct avec le meunier», explique Yvette Pantet. «Le fait de pouvoir parler de patron à patron, ce paramètre humain, est ce qu’il y a de plus important pour moi», confirme Jérôme Locatelli, patron de la Boulangerie Locatelli à Cugy.

Aux commandes depuis quelques jours seulement, Olivier et Caroline Pioux le savent: ils ont du pain sur la planche. Mais le nouveau meunier, épaulé par son épouse, connaît son métier sur le bout des doigts. Formé à Paris, Olivier Pioux a d’abord exercé dans une grande usine à Marseille. C’est là qu’il a rencontré sa femme, qui travaillait au service commercial. Le couple s’envole ensuite vers le Maroc, où il vivra pendant quatorze ans. «C’est là-bas que j’ai rencontré un ancien apprenti du Moulin de la Vaux. Il m’a mis en contact avec Pierre-Alain Pantet, qui souhaitait préparer sa retraite», sourit Olivier Pioux, passant la main dans sa barbichette. Entre les Pantet et les Pioux, le courant passe instantanément. «Ce moulin correspondait parfaitement à nos valeurs, à notre envie de défendre l’artisanat», conclut Caroline Pioux.

Créé: 09.07.2016, 14h04

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