A Nyon, le Café Vaudois est orphelin de sa patronne

DécèsDenise Borcard a tenu la pinte vaudoise pendant 40 ans. Avec sa disparition, le centre-ville perd un peu de son âme.

Denise Borcard était l'âme du Café Vaudois de Nyon.

Denise Borcard était l'âme du Café Vaudois de Nyon. Image: Alain Rouèche

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Le Café Vaudois est orphelin. Denise Borcard, qui tenait les rênes de cette pinte nyonnaise depuis plus de quarante ans, est décédée mercredi dans sa 74e année, emportée en quelques mois par le cancer. Un choc pour les habitués, qui pensaient que ce petit bout de femme dynamique était aussi éternel que cet estaminet ancré au cœur de la vieille ville depuis 1792. Si sa tête blanche dépassait à peine le comptoir, Denise Borcard avait l’œil sur tout ce qui se passait dans «son» café. Un bistrot au décor d’antan, avec ses rideaux verts, ses bancs et tables vernissés, et au mur le traditionnel portrait du général Guisan. Coquette (elle allait tous les vendredis chez le coiffeur), la patronne était omniprésente, virevoltant de la salle à boire à la terrasse, échangeant quelques mots avec chacun de ses clients, qu’elle tutoyait presque tous. Un métier qu’elle pratiquait depuis 1964, puisqu’elle avait d’abord tenu le Café de l’Union, à Crans-près-Céligny, avec son mari Michel. Douze ans après, le couple avait repris le Café Vaudois à Nyon. Devenue veuve, cette mère de famille avait alors dû passer sur le tard la patente de cafetier pour poursuivre l’exploitation. La patronne voulait absolument conserver l’âme de la pinte vaudoise, celle où on vient boire un coup, un thé ou un chocolat, qu’on soit employé de banque, chômeur, notable, mère de famille ou amateur de yass. Pour elle, il n’était pas question de retraite. «Tant que j’ai la santé, je serai sur le pont», disait celle qui refusait toute offre de rachat de ce commerce si bien situé en zone piétonne. «Durant son temps libre, elle adorait voyager, en Asie ou à l’île Maurice. Pour nos 50 ans, on est partis le lendemain de la fête faire le tour du monde», raconte son compagnon, l’ancien croque-mort et Pirate de Rive, Christian Narindal. Triste de ne pas avoir pu épouser celle dont il a partagé la vie si longtemps, il veut tout faire pour que le Café Vaudois, dont l’avenir est désormais incertain, reste ouvert. (24 heures)

Créé: 13.01.2018, 09h33

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