Nyon plébiscite la construction de logements à loyer modéré

RéférendumLe plan de quartier de la Suettaz a été plébiscité par 68,6% des votants. Le «Mur de la honte» sera détruit.

L'immeuble de la Suettaz a été construits dans les années 1960 et il est aujourd'hui en mauvaise état.
Vidéo: Anetka Muhlemann

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Maximo Costa avait mis un costume avec une cravate mauve dimanche sur la place du Château. Le moment était aussi particulier qu’important pour cet homme au physique de rugbyman. Ses lunettes à soleil cachaient toutefois des yeux fatigués. Angoissé par l’issue du référendum contre lequel il s’est battu ces dernières semaines, il n’avait pas dormi depuis deux jours.

À 14h15, il a crié sans retenue sa joie à l’annonce des résultats. Peut-être même que, derrière ses lunettes, quelques larmes ont coulé. Son bâtiment sera détruit. Cet habitant de la plus grande barre locative de Nyon pouvait enfin lâcher la pression. «Je suis soulagé pour mes enfants et pour moi-même. Nous allons avoir de meilleures conditions de vie avec le projet qui pourra se réaliser.»

Les résultats sont nets. Les Nyonnais ont plébiscité le plan de quartier par 4017 oui contre 1838 non. Soit 68,61% d’avis favorables. Un tsunami inespéré pour les défenseurs du projet. «Le message est clair, souligne la conseillère communale socialiste Chloé Besse, coprésidente de l’association Oui à la Suettaz. Il n’y a pas photo. C’est le fruit d’une magnifique mobilisation.»

Municipale du Logement, Stéphanie Schmutz (PS) voit une autre raison à la vague de oui en rappelant que le projet avait été imaginé en mettant autour de la table le propriétaire (Logement Social Romand), la Ville et surtout les résidents du quartier. «Pour ce référendum, ce n’était pas que des politiques qui s’affrontaient entre eux sur la place publique. Il y avait aussi des gens qui étaient concernés et qui se sont engagés.»

Il est vrai que les locataires se sont investis avec vigueur dans la campagne, soutenant avec force leur propriétaire, Logement Social Romand (LSR). «C’était facile de s’engager tant le projet est joli, relève Kadrushe Bilalli, une habitante de la Suettaz. Maintenant, on peut aller de l’avant.»

Dans le camp des perdants du jour, on avait la mine déconfite après l’annonce des résultats. Jacky Colomb, l’un des animateurs de la campagne, ne s’attendait pas à un score aussi brutal: «Je suis surpris. La population n’a probablement pas bien compris nos propos.» Le membre du Parti des indépendants mettait toutefois en garde le promoteur: «Nous espérons maintenant que toutes les promesses de la campagne seront honorées.»

Les arguments des référendaires, issus des rangs UDC et du Parti des indépendants, n’ont donc pas porté. Face à leur argument de sauver les vieux arbres du quartier, l’aspect social du projet l’a emporté. «La population a ressenti que la construction de logements d’utilité publique était un besoin», note Maurice Gay, municipal de l’Urbanisme, heureux du résultat. La pénurie de logements est sévère à Nyon, où le taux de vacance n’est que de 0,35%.

Un quartier plus vert

Le plan de quartier de la Suettaz permettra de réaliser le projet de LSR, une société qui a la vocation de construire des logements à loyer abordable. Il est prévu de démolir deux immeubles locatifs et de les remplacer par quatre nouveaux. Le nombre de logements passera alors de 248 à 350. Les bâtiments seront plus petits (six étages) que le mur actuel de la Suettaz (douze étages), mais plus étalés.

Le parking sera en revanche enterré, contrairement à aujourd’hui, où il occupe un grand espace minéral. Sa disparition permettra de créer des zones de verdure avec la plantation de 76 nouveaux arbres. Une végétation qui poussera aussi dans la cour des résidences, conçue comme de petits parcs.

Des solutions adaptées ont été trouvées pour tous les locataires pendant la durée du chantier. Certains ont déjà déménagé dans un immeuble du quartier voisin. Aucun n’a eu recours à l’Asloca pour le défendre, dénotant l’exemplarité de LSR.

Son directeur, qui s’est lui aussi beaucoup investi dans la campagne, regarde désormais l’avenir avec un peu de sérénité. «Je suis soulagé pour les locataires car ce sont eux qui souffrent en premier lieu des sept mois de retard pris à cause du référendum, insiste Ilhan Büchler. Nous pensons mettre les plans du projet à l’enquête dans les trois prochains mois. Si tout se passe bien, nous pourrions commencer les travaux en début d’année 2021.»

Créé: 09.02.2020, 18h44

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