Nyon revient sur un siècle de petit train rouge

AnniversaireLe Nyon - Saint-Cergue - Morez fête cette année ses 100 ans. L’occasion de revenir sur quelques moments oubliés.

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Quelques mois après avoir reçu ses nouvelles rames, le NStCM (Nyon-Saint-Cergue-Morez) peut cette année les étrenner comme autant de cadeaux d’anniversaire. Et quel anniversaire! Cent ans, depuis le 12 juillet 1916, que le «petit train rouge» sillonne les coteaux jurassiens entre Nyon et La Cure. Près de 27 kilomètres, auxquels il convient d’ajouter les 39 kilomètres du tronçon Morez-La Cure, abandonné en 1958, qui ont aussi tissé leur lot de grandes et petites histoires.

Jusqu’à Gimel?

A la fin du XIXe siècle, une première demande de concession est déposée par un Saint-Cerguois. Le train doit alors emprunter le tracé de la route existante, de Nyon à La Cure. Le projet capote, face à l’opposition unanime des communes concernées. En 1898, un autre projet est présenté. La ligne partirait de Nyon pour viser non seulement La Cure et Morez, mais aussi Gimel (via Bassins) et Le Brassus (via Bois-d’Amont). Quatorze ans plus tard, lors de la mise à l’enquête, plus trace de la liaison vers Gimel, déjà desservie par les peu rentables tramways venant de Rolle et d’Aubonne.

La Première Guerre

Si lointain que fut le front, la Première Guerre mondiale a livré son lot de conséquences au projet. Ainsi, la mobilisation générale stoppe net la construction du tronçon français jusqu’en 1917. Quant au tracé situé en neutre Helvétie, c’est une faillite du constructeur bernois des ponts de l’Asse et de Givrins qui sème le trouble, tout comme l’approvisionnement de cuivre et de certains rails, rendu difficile, voire impossible, par la guerre.

Il neige!

L’or blanc cause bien des tourments à la compagnie, en cet hiver 1924. Il y en a tant que la ligne est coupée durant trois semaines entre Saint-Cergue et Morez. Puis des trains spéciaux sont organisés pour admirer les murs de neige.

Pas de sous, mais des idées

Le NStCM n’a jamais connu de période faste, financièrement parlant. Pour faire face à la demande en hiver et pour limiter les coûts, la carrosserie Lauber, à Prangins, et le chantier… naval Oester, à Rolle, sont mandatés en 1930 pour construire deux remorques pour skieurs. Les roulements seront, eux, récupérés sur du matériel accidenté.

Rares accidents

Le premier accident notable survient en 1926, alors qu’un wagon non freiné avait déraillé au carrefour de la Morâche, à Nyon, après avoir roulé seul depuis le dépôt des Plantaz. Aucun blessé n’est alors à déplorer. En 1931, une première collision avec une voiture fait un mort. Plus connu, le déraillement d’un train au carrefour de la Morâche, en 1968, qui fera dix blessés.

A skis

Pour diversifier son offre et surfer sur le succès grandissant des sports d’hiver, le NStCM inaugure le 25 janvier 1939 la «téléluge» de la Dôle. Le télésiège de la Barillette suivra neuf ans plus tard. Au rayon «revenus annexes», la fabrication de pelleteuses dans le dépôt des Plantaz est envisagée.

La Seconde Guerre

En Suisse, il est question de détruire le tronçon pour ne pas faciliter l’accès aux nazis. En France, on discute moins. La liaison est d’abord dynamitée par les troupes françaises luttant contre les Allemands, puis, dès l’occupant installé, elle sera régulièrement attaquée par la Résistance. Il faudra attendre 1948 pour que la ligne soit à nouveau exploitée sans interruption, de Nyon à Morez.

L’incertitude

La deuxième moitié du XXe siècle est pénible pour la compagnie. Il y a la fermeture, en 1958, du tronçon français. Mais surtout, en 1969, la commission Angehrn préconise auprès du Conseil fédéral la suppression du train entre Nyon et La Cure et son remplacement par une ligne de bus, moins onéreuse. Il faudra attendre dix ans de contre-expertises pour réhabiliter le rail et dégager un nouvel avenir au petit train rouge.

Source: «Compagnie du chemin de fer Nyon-Saint-Cergue-Morez», Editions BVA

Créé: 06.01.2016, 07h05

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