Un Nyonnais affrontera les meilleurs paddleurs du monde dans le Pacifique

Stand-up paddleSteeve Fleury s’envole lundi pour les Fidji. Un sacré défi pour un surfeur qui s'est entraîné sur le Léman.

Avec un budget de 8000 francs pour sa participation au championnat du monde aux îles Fidji, Steeve Fleury doit se contenter d’emporter une seule planche (en photo), adaptée au surf, soit plus petite que la planche utilisée pour le stand-up paddle conventionnel.

Avec un budget de 8000 francs pour sa participation au championnat du monde aux îles Fidji, Steeve Fleury doit se contenter d’emporter une seule planche (en photo), adaptée au surf, soit plus petite que la planche utilisée pour le stand-up paddle conventionnel. Image: Christian Brun

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Le défi paraît surréaliste. Comment imaginer qu’un gars pratiquant le stand-up paddle (SUP) sur le lac Léman parte surfer sur les immenses vagues du Pacifique dans le cadre d’un championnat du monde? La réponse est double. Steeve Fleury est un cas, et le SUP qu’il pratique n’a rien à voir avec celui des amateurs qui pagaient tranquillement sur le lac pour leur loisir.

Membre du club de Nyon, le quadruple champion suisse aurait pu s’inscrire dans la catégorie SUP Racing, une course longue distance, où il excelle. Mais non, il a choisi – et a été sélectionné par l’Association suisse de SUP – le surf. «Mon but n’est pas de gagner. De toute façon, je ne peux rien faire contre des concurrents qui vivent au bord de la mer toute l’année. J’y vais parce qu’il y a une vague exceptionnelle, une des dix meilleures du monde, qui démarre à 50 centimètres et tient jusqu’à 10 ou 15 mètres de haut. C’est déjà un sacré challenge.»

Un rêve d’enfant

Bien qu’il apprécie Gilly, le charmant village viticole où il habite depuis sa naissance, en 1980, Steeve Fleury n’est visiblement pas né au bon endroit. Car, dès son plus jeune âge, il rêve de surf. «J’ai un père qui fait du windsurf. On passait toutes nos vacances au bord de l’eau avec le vent dans les oreilles. Et, dans ma chambre, j’ai toujours eu une carte postale avec l’image d’un surfeur dans un tube.»

Lorsque l’occasion de rejoindre son cousin en Australie se présente en 2007, Steeve Fleury n’hésite pas une seconde. «On a loué un bus et on a fait du surf pendant trois mois.» Il rentre en Suisse alors que le SUP connaît ses premiers balbutiements. «Pour ne pas perdre la forme, je me suis acheté une planche. Il n’y en avait que trois au choix sur le catalogue. A cette époque, je ne croisais personne d’autre qui faisait ce sport. On devait être quatre ou cinq sur le lac.»

Pionnier du SUP sur le Léman, Steeve Fleury en a fait sa passion. En 2008 il faisait déjà le tour du lac en paddle, et chaque jour il sort sa planche et rame, parfois jusqu’en France. «La meilleure saison, c’est d’octobre à mai, car il n’y a pas de bateaux, pas de fausses vagues. C’est plus rude, mais c’est plus beau.» Même professionnellement, ses activités tournent autour du SUP, puisqu’il collabore avec un magasin nautique et développe des prototypes de planches dans l’entreprise Nidecker à Rolle.

Philosophie de vie

Le plus étonnant chez lui, c’est qu’il réussit à vivre comme un surfeur australien mais en Suisse: il se promène avec son matériel de glisse dans son bus, qui lui sert souvent d’abri pour dormir; avec son crâne rasé, sa barbe fournie et ses tatouages, il a un style superfun; on le voit généralement en short et pieds nus; et surtout il prend la vie comme les vagues: «Quand les vagues se présentent, il faut choisir la bonne en une fraction de seconde. Si on s’est trompé, soit on continue jusqu’au bord pour rien, et ce sera long de revenir, soit on admet qu’on s’est trompé et on change. Dans la vie, je fonctionne aussi comme ça.»

Et en dehors du SUP? «Je fais beaucoup de performances improvisées. J’aime ce qui est spontané et amusant. Je fais aussi des camps avec les enfants, à qui on montre qu’on peut faire autrement que l’ordre établi.»

Créé: 05.11.2016, 10h57

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