Opération coup de poing contre les dérives des faillites

Saint-PrexUne trentaine d’ouvriers d’une petite entreprise de la construction réclament leurs salaires non payés à leur nouvel employeur, chargé de liquider la société.

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Le syndicat Unia, accompagné d’une trentaine de travailleurs impayés, a organisé une opération coup de poing ce jeudi matin à Saint-Prex. Les syndicalistes se sont présentés au siège de la société RSF Façades, pour réclamer des arriérés de salaires non payés. Montant total des commandements de payer pour les 45 salariés: près de 840'000 francs. Le patron de l’entreprise, annoncé absent, n’a pas reçu la délégation, promettant par téléphone de rencontrer ultérieurement les responsables du syndicat.

Le chef de l’entreprise, nouvel employeur des travailleurs lésés, est en réalité chargé de liquider la société. Comme l’a révélé Le Matin Dimanche le 6 octobre, l’homme d’affaires C. R. est un habitué de telles pratiques. Il est payé pour ce travail, ce qui permet à l’ancien propriétaire de la société d’échapper à ses obligations. Par son action, le syndicat Unia dénonce «les dérives des faillites à répétition d’entrepreneurs sans scrupules». «Ces stratégies de contournement des obligations sociales envers les salariés et les pouvoirs publics s’apparentent aux délits d’initiés», ajoute Unia.

Une centaine de travailleurs sur la touche
Ce matin, Matteo Antonini, responsable du secteur artisanat d’Unia, relevait que c’est la troisième faillite de cet «entrepreneur» depuis le début de l’année. Au total, les mesures frappent près de 100 travailleurs. «Nous aurions voulu qu’il signe une reconnaissance de dettes pour les salaires. Il a procédé a une mise en faillite de RSF Façades le 10 septembre dernier, ça nous laisse craindre le pire.» Depuis juin, les employés de cette société de peinture, plâtrerie et d’isolation n’ont reçu que quelques centaines de francs d'acomptes sur leurs salaires mensuels.

Le syndicat veut faire pression afin de faire bouger la législation qui, pour l’heure, ne donne aucun moyen pour lutter contre ce phénomène. Selon Unia, celui-ci s’explique par la sous-enchère dans le secteur de la construction qui met en difficultés les petites entreprises.

Contactés par des patrons de ces sociétés, des hommes d’affaires se chargent - contre rémunération - de reprendre à leur compte la propriété de l’entreprise ainsi que toutes les activités, avant de les mettre en faillite.

Créé: 10.10.2013, 12h50

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