Le Parc Jura vaudois veut plus de produits du cru

CertificationPauvre en produits labellisés, le Parc Jura Vaudois veut élargir sa gamme. Il prévoit d’assouplir ses exigences.

Le boulanger de Bassins Dan Josseron a obtenu le label du Parc Jura Vaudois pour son pain complet du Jura.

Le boulanger de Bassins Dan Josseron a obtenu le label du Parc Jura Vaudois pour son pain complet du Jura. Image: CHRISTIAN BRUN

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À ce jour, le Parc Jura vaudois (PJV) compte 44 produits labellisés: quelques miels, une viande de bœuf, un pain et trente-six fromages de chèvre et de brebis. «C’est peu, estime Éric Mosimann, qui a récemment repris ce dossier en main en tant que chef de projet agriculture & alpage au PJV. Il n’y a que huit producteurs concernés, alors que notre parc réunit 30 communes et se situe entre la plaine et la montagne. Il a un gros potentiel. Nous allons tout mettre en œuvre pour augmenter le nombre de labels.»

Éric Mosimann rappelle que les labels sont une plus-value pour les producteurs et prestataires de services, pour le dynamisme économique de la région de provenance, et pour tous ceux qui consomment ces produits de qualité. En outre, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) - qui autorise les parcs naturels suisses à créer des labels avec le carré vert accompagné du logo du parc - relève que ces certifications garantissent au consommateur qu’il contribue au maintien d’une nature et d’un paysage exceptionnels.

Plus simple, aussi sérieux

La nouvelle directrice, Nathalie Rizzotti, reconnaît que le PJV a du retard sur les autres parcs. «Notre règlement interne est trop complexe. Il ne permet pas de labelliser tous les genres de produits. Il faut le simplifier et rendre les labels plus accessibles. Mais plus simple ne veut pas dire moins de sérieux ni moins de qualité.»

La garantie de provenance des composants d’un produit et les exigences liées au mode de production resteront strictes. Les fromages labellisés seront toujours fabriqués avec du lait de vache ou de chèvre ayant brouté l’herbe du coin, et la farine du pain sera toujours faite avec des céréales cultivées ici. Mais faut-il vraiment que les ruches soient construites avec du bois du Parc? Et le boucher, en plus d’avoir une viande de bœufs élevés sur place, doit-il encore aménager des nichoirs pour les hirondelles?

«Nous tenons à conserver la notion de développement durable dans nos critères, précise Éric Mosimann, mais nous allons assouplir nos exigences, sans laxisme. Surtout, au lieu d’avoir une liste de critères pour tel ou tel fromage, nous allons en dresser une nouvelle qui sera appliquée pour tous les produits laitiers. Et nous élargirons la gamme des labels aux fruits et légumes, y compris transformés en jus, en confitures ou même en vin, ainsi qu’aux produits de boulangerie, voire à d’autres types de produits, non alimentaires, comme les cosmétiques, ou même à des services.»

Coûts trop élevés

La question des frais engagés par les producteurs pour obtenir un label, puis pour le conserver, a aussi son importance. La certification initiale d’un produit coûte 700 francs. Au lancement du label, le Parc verse une participation financière, mais par la suite (en général tous les deux ans), c’est le producteur qui prend seul en charge le coût des contrôles effectués par l’Organe intercantonal de certification (OIC).

«Proportionnellement au nombre de tommes ou de pains vendus dans ce marché de niche, ces coûts sont trop élevés, remarque Éric Mosimann. Nous cherchons des solutions pour que cette charge soit moins lourde pour les producteurs.» Une réflexion visant à baisser ces coûts et à simplifier les démarches administratives est en cours avec le Canton. À terme, l’objectif serait de labelliser une fromagerie, une boulangerie, une boucherie ou une épicerie. À Longirod, des agriculteurs s’apprêtent à ouvrir une arcade pour y vendre leurs produits. Le logo du Parc Jura vaudois y ferait bonne figure.

Créé: 04.11.2018, 17h06

Quel avenir pour le pain du Parc?

Le boulanger de Bassins Dan Josseron est fier d’avoir obtenu un label pour son pain du Parc Jura Vaudois en novembre 2016.

Mais le succès initial de ce pain complet, généré par les médias, n’a pas duré. Plus coûteux à la production, notamment à cause du logo à 20 centimes posé sur chaque miche, il est aussi plus cher à la vente. «Comme tous les pains de la boulangerie sont de bonne qualité, les clients n’ont pas de raison de payer celui-ci plus cher», explique-t-il.

En plus, Dan Josseron a eu des soucis avec la qualité de la farine. Du coup, il hésite à payer les 700 francs du contrôle des deux ans, ou à créer un nouveau pain. «Il faudrait qu’on ait plus de produits labellisés, ou que la boulangerie elle-même le soit.

Pour ça, il faudrait que le moulin garantisse une livraison de farines du Parc.» Un projet allant dans ce sens est à l’étude. Il pourrait déboucher sur un pain du Parc pour la fondue, puis, sur «La fondue du Parc».

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