La Parenthèse fête 10 ans de concerts dans une cave

NyonBenjamin Zumstein a réussi à placer sa petite salle en sous-sol parmi les hauts lieux de la musique en Suisse romande

Ben Zumstein, qui a lancé il y a 10 ans un programme de concerts dans le club La Parenthèse

Ben Zumstein, qui a lancé il y a 10 ans un programme de concerts dans le club La Parenthèse

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Le lieu ne paie pas de mine. À l’écart et en sous-sol, on y accède en passant sous une arcade de la vieille ville de Nyon. Des escaliers conduisent à une cave voûtée, avec bar à l’entrée, et une mini-scène au bout du tunnel. Les parois arrondies placent le public entre parenthèses. Là, le temps est suspendu, on oublie tout ce qui se passe à l’extérieur pour se concentrer sur la musique en live, dans une ambiance intimiste. La Parenthèse n’a pas encore la réputation du Cavern Club de Liverpool, où les Beatles se sont produits soir après soir, mais en dix ans, le caveau s’est déjà fait un nom qui compte chez les mélomanes et les musiciens.

Comme souvent dans les belles aventures, l’histoire débute par un heureux concours de circonstances. Avec ses potes Fabio Mulone et Patrick Manduca, Benjamin Zumstein – qui n’était ni barman ni organisateur de concerts, mais conseiller financier – rêvait de gérer un établissement qui mélange les genres et propose de la musique de qualité. Lorsque l’occasion de reprendre le bar Chez Odette (ex-Club espagnol et ex-club de jazz de l’Orange) s’est présentée en 2008, le trio n’a pas hésité. «On s’est dit qu’on pourrait en faire une sorte de cabaret, avec des groupes alternatifs», raconte Benjamin Zumstein, mieux connu sous le diminutif de Ben.

Dès le départ, cet ancien habitué du New Morning et du Chat Noir à Genève a voulu laisser un accès le plus ouvert possible à un public hétéroclite: pas de tenue correcte exigée ni de prix d’entrée. Les concerts sont gratuits. C’est le bar qui est censé faire tourner la baraque et un chapeau tourne à la fin des sets. «On a tout monté avec trois câbles et deux bouts de ficelle. On a répondu à une attente des gens de la région qui n’avaient plus besoin d’aller à Genève ou à Lausanne.»

Un millier de concerts

En dix ans et avec plus de 1000 concerts au compteur, La Parenthèse s’est taillée une réputation au-delà des frontières nyonnaises. Ben Zumstein, passionné de musique, a multiplié les contacts dans les milieux qu’il côtoyait. Il s’est révélé être un excellent dénicheur de pépites. D’abord en Suisse, puis en France, en Belgique, au Royaume-Uni et, finalement, un peu partout dans le monde.

Le boss du Paléo, Daniel Rossellat, est le premier à reconnaître que «Ben a réussi à optimiser le rapport volume-espace-impact de ce minilieu. Cette salle fait désormais partie du paysage musical romand. C’est une chance pour Nyon. Lorsqu’on a quitté le Folk-Club de l’Escalier, c’était mon rêve d’avoir un local dans ce genre. Comme on ne l’a pas eu, on a monté un festival.»

Le patron du Caribana, Tony Lerch, relève surtout la qualité de la programmation. «C’est dans des endroits aussi authentiques que le rock peut continuer à vivre. Ben recherche toujours la perle rare. C’est un lieu de découvertes et c’est un tremplin qui permet aux groupes débutants de faire leurs premières armes. Plusieurs sont venus au Caribana ou au Paléo.» Municipale de la Culture, Fabienne Freymond Cantone se réjouit qu’une telle salle existe à Nyon. «C’est un lieu unique où l’on est sûr de découvrir des artistes intéressants.»

Du premier concert de Trip In à ce week-end de fête, Ben Zumstein s’est beaucoup investi pour faire vivre ce lieu. Avec du cœur, du talent, et de l’argent. Depuis 2011, la création de l’association La Parenthèse culturelle, formée de 200 membres, a permis au club de bénéficier de cotisations, de dons privés et de soutiens institutionnels (Ville de Nyon, Conseil régional, Canton de Vaud, Loterie Romande…). «On a pu augmenter les cachets, on n’a plus de dettes, et on arrive à équilibrer le budget d’une centaine de milliers de francs par année», précise-t-il.

À 47 ans, celui qui a mené de front sa carrière professionnelle et l’animation nocturne de La Parenthèse cherche à déléguer certaines tâches, même au niveau de la programmation, pour laquelle Théo Quiblier, ex-leader de The Kreeks, le seconde déjà. «J’ai aussi des collaborations avec le collectif Hapax 21, très dynamique à Nyon. L’important, c’est de continuer à attirer un public de tous âges pour écouter de la bonne musique ensemble, dans une ambiance décontractée», déclare ce rassembleur. Ouverture, originalité et convivialité sont les marques de fabrique du caveau nyonnais.

Créé: 26.04.2018, 21h24

Au programme

Les dix ans de la Parenthèse se fêtent en musique, avec trois groupes choisis sur le volet. Présentation par Ben Zumstein.

Jeudi 26
Wintershome. «Ce sont des jeunes de Zermatt, une famille de skieurs et leurs copains, qui font du folk polyphonique. Ils seront à Caribana en juin.»

Vendredi 27
Le Roi Angus. «Des Genevois réunis autour de Martin, qui allient le rock psychédélique et la chanson française.»

Samedi 28
It It Anita. «Alors là, ça déménage. Ce trio belge est déjà venu. Ce sont des fous furieux. Ils donnent tout sur scène et vous réservent des surprises.» Y. M.

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