«Les paysannes ont un rôle essentiel à jouer»

MarchissyHabituée à défendre le monde agricole, Laurence Bassin est la nouvelle présidente de l’Association des paysannes professionnelles.

Laurence Bassin est active avec son mari sur un domaine de 36 hectares.

Laurence Bassin est active avec son mari sur un domaine de 36 hectares. Image: Vanessa Cardoso

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Laurence Bassin a pris l’habitude ces dernières années d’être le porte-drapeau des paysannes. Volontaire plus qu’ambitieuse, l’agricultrice de Marchissy a accepté une nouvelle fois de s’engager pour défendre son métier et sa corporation. «Je ne cherche pas à me mettre en avant, assure-t-elle. Mais il est important pour moi de vulgariser et d’expliquer ce qui se passe sur nos domaines. De montrer que derrière notre production il y a des hommes et des femmes.» La pétillante agricultrice, intarissable quand elle parle de son activité, a été élue il y a une semaine à la présidence de l’Association romande des paysannes professionnelles (ARPP), un organe fort de 366 membres qui regroupe des agricultrices ayant réussi le brevet fédéral de paysan ou le diplôme EPS (examen professionnel supérieur).

À ce poste et entourée de son comité, Laurence Bassin occupe une place privilégiée pour œuvrer dans la défense professionnelle, une mission à laquelle elle est rodée. En 2014, dans un autre style, elle avait tenu un blog qui racontait la vie du domaine de 36 hectares avec son bétail laitier et ses grandes cultures. Cette opération avait été lancée par l’Union suisse des paysans à l’occasion de l’Année internationale de l’agriculture familiale. Une famille par canton avait été choisie pour dévoiler son quotidien en textes et en images.

Elle et les siens auraient pu avoir une audience encore plus grande quand M6 leur avait proposé de participer à une de ses émissions. Le concept consistait à échanger les mamans entre les deux familles pendant quelques jours. Les Bassin avaient décliné.

Valoriser le travail

Aujourd’hui, Laurence Bassin a un mandat plus sérieux et qui sort du simple marketing. L’association qu’elle préside est notamment active dans la promotion de la formation des paysannes. Un élément important aux yeux de l’habitante de Marchissy. «Nous voulons faire la promotion de cet enseignement auprès des jeunes. Les exploitations doivent faire face à des enjeux importants pour leur avenir avec la Politique agricole 2022. Dans ce cadre, les paysannes ont un rôle essentiel à jouer.»

Elle-même a réussi son brevet il y a quelques années. Elle sait ce que lui a apporté la formation qui touche des domaines très larges, de l’économie familiale au droit foncier rural en passant par la comptabilité. Son travail de diplôme a été consacré à la création d’une chambre d’hôte au rez-de-chaussée de la ferme. Un projet qui s’est concrétisé et qui apporte quelque sous supplémentaires à la famille. «Cette formation permet de donner des outils aux agricultrices pour développer des projets et créer des revenus», souligne Laurence Bassin.

Curieuse de nature, la présidente du Conseil général de Marchissy a aussi trouvé un moyen de valoriser son travail sur le domaine. «Ce que j’ai appris est très utile pour aider mon mari dans la gestion de l’exploitation. Cela m’a aussi permis de mieux connaître les choses et de pouvoir me forger un avis argumenté sur la politique agricole, entre autres.»

Femme et paysanne

En Suisse romande, la formation doit être développée. Chaque année, seulement onze lauréates en sont sorties en Romandie. En Suisse alémanique, celle-ci est beaucoup plus populaire. En 2018, 153 agricultrices ont terminé leur cursus pour toute la Suisse.

Un des autres grands axes de l’ARPP est la défense du statut de la paysanne. Elle s’engage ainsi dans la promotion des assurances sociales pour les femmes. «Il est nécessaire de s’assurer en cas d’accident mais aussi de divorce pour garantir une part du revenu, insiste Laurence Bassin. Nous agissons dans un souci de bien-être familial, mais sans féminisme.»

Créé: 18.02.2019, 08h00

Articles en relation

Ils dévoilent l’âme de leur exploitation sur Facebook

Réseaux sociaux La famille Bassin, de Marchissy, termine une expérience d’une année à montrer la réalité de son métier sur le réseau social. Elle en tire un bilan «très positif». Plus...

Le village de Marchissy est à sec

Eau Les sources ne suffisent plus à alimenter les 460 habitants. Un tuyau a été tiré à travers champs pour se connecter au réseau de Gimel. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.