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Des paysans déboussolés par la «trahison» fiscale

Une séance d'information du PLR a fait salle comble à Apples sans parvenir à calmer les agriculteurs frappés par une réforme incomprise.

Un gros mois après la remise d’impôts décidée par le Conseil d’État pour atténuer la surcharge fiscale touchant de nombreux paysans vaudois suite à un arrêt du Tribunal fédéral, on pouvait penser que le dossier allait gentiment se refermer. Quelle ne fut pas la surprise du PLR de l’arrondissement de Morges, jeudi, quand il a fallu ajouter des chaises dans la salle d’Apples, plus de 220 personnes ayant fait fi de la neige pour assister à une conférence organisée par le parti.

Annoncé excusé, Pascal Broulis a bien fait de sécher l’exercice, tant la tension – la colère parfois – était palpable dans les propos. Car si certains sont prêts à se satisfaire des allégements cantonaux décidés de manière exceptionnelle et provisoire, la majorité parle du «minimum syndical» ou carrément d’une «honte». Des termes durs alors que Vaud cherche pourtant à atténuer les effets d’une décision fédérale sur laquelle il n’a aucune prise.

Venus en renfort pour donner des pistes, les responsables de Prométerre ont surtout fait comprendre à l’assistance que les carottes étaient cuites. «Le Tribunal fédéral a été conforté par les deux Chambres du parlement qui ont balayé une motion demandant de revenir en arrière. Il est impensable de l’imaginer se déjuger sur cette question, qui ne fait pas de bruit en Suisse alémanique.» Une réponse qui n’a pas satisfait les agriculteurs, eux qui verront – en cas de vente d’immeubles agricoles – leur charge fiscale passer de 7% à près de 50% comme les autres indépendants. 400 cas sont annoncés dans le canton, dont certains qualifiés de dramatiques.

La soirée a finalement révélé un profond malaise chez des paysans décontenancés par une problématique d’une rare complexité et qui semble différente d’un cas à l’autre tant les particularités de chacun (terrains en zone à bâtir ou non, parcelles soumises au droit foncier rural ou pas, etc.) changent la donne. «On assiste au vol de nos terres sans pouvoir réagir, c’est un scandale», s’est emporté un agriculteur qui craint de devoir vendre un terrain uniquement pour régler sa facture malgré les remises annoncées.

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