Les pendulaires reprennent le volant et désertent Nyon

MobilitéSi les parkings des gares amont du NStCM débordent, les P+R nyonnais semblent inutilisés. Alors, inefficace la politique régionale de mobilité?

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Lluìs Fontboté habite Gingins. Pour aller enseigner à l’Université de Genève, il était adepte du train. Etait car, depuis un an, tout est devenu plus compliqué. Et plus cher. «Avant, je me parquais à Trélex ou à l’Asse pour prendre le Nyon - Saint-Cergue.» Mais, depuis que Nyon a revu à la hausse les tarifs du parking du Martinet, les places de stationnement en amont de la ligne affichent complet dès l’aube. «Et à 19 francs par jour, se parquer au Martinet est hors de prix!» Alors, le Ginginois a repris la voiture et partage une place à Genève avec une collègue, pour 180 francs par mois. Triste retour en arrière, alors que la volonté affichée de toute la région est de favoriser au maximum les transports publics. «Aujourd’hui, je perds moins de temps sur l’autoroute qu’en allant prendre le train en utilisant les parkings-relais.»

P+R désespérément vide

Car, avant de renoncer aux transports en commun, le pendulaire a encore testé le P+R flambant neuf (et désespérément vide) de Petite Prairie, au nord de la ville. «J’ai payé 12 francs et j’ai dû aller à la gare à pied car j’avais raté le bus.» Trop cher, trop long pour ce père de famille. Qui n’est pas seul à être ainsi touché par la nouvelle politique de stationnement mise en place à l’échelle régionale. «L’idée étant d’encourager les pendulaires à se garer hors des centres-villes, plus on stationne loin de l’une des quatre principales gares du district (ndlr: Rolle, Gland, Nyon et Coppet), moins les tarifs sont élevés», explique Cornélia Gallay, responsable de la mobilité au Conseil régional. Sauf que, si Nyon a mis ses tarifs au diapason de cette nouvelle logique, le reste du district est à la traîne. Elisabeth Ruey-Ray, municipale nyonnaise de la Mobilité: «Par capillarité, se parquer à Nyon étant devenu plus cher, les pendulaires vont effectivement stationner là où les places sont plus avantageuses.» Ou plutôt gratuites, dans tous les villages de la région reliés à Nyon par bus ou par le train. Ainsi, plus moyen après l’aube de stationner à Trélex, à Genolier ou à Arzier. «Même à Chéserex, les parkings sont pleins. Les pendulaires profitent des places gratuites, puis prennent le bus», révèle l’élue nyonnaise.

«Rien n’est jamais figé»

«Pour que cette politique soit efficace, il faut que toutes les communes jouent le jeu», plaide Naïma Mameri, cheffe de l’Office nyonnais de la mobilité. «C’est bien l’objectif, confirme Cornélia Gallay. Mais les interlocuteurs sont nombreux et il est important que nous puissions tout faire simultanément.» En attendant donc, rien ne changera. «C’est idiot, estime Lluìs Fontboté, car le parking du Martinet est toujours vide depuis qu’ils ont augmenté les tarifs (ndlr: de 7 fr. à 19 fr. par jour, pour s’aligner sur le P+R de la gare). Je sais qu’il est provisoire, mais ils pourraient revenir en arrière!»

«En termes de mobilité, rien n’est jamais figé, sourit Naïma Mameri. On doit évoluer sans cesse, mais revenir à l’ancienne situation ne serait pas une solution. Le Martinet était engorgé, occupé à 140%. Ces véhicules qui ne parquent plus ici sont autant de voitures en moins sur les routes nyonnaises aux heures de pointe.» Sans oublier que les pendulaires ne consomment pas en ville, tout en occupant des places que ne peuvent alors pas utiliser les clients potentiels des commerçants nyonnais.

Force est pourtant de constater que les consommateurs n’ont pas vraiment adopté les centaines de places qui leur sont proposées au Martinet. «Aussi parce que, la plupart du temps, on trouve facilement une place à Perdtemps», rappelle la responsable de la Mobilité. Tout comme l’on trouve des places dans à peu près tous les parkings nyonnais accessibles sur abonnement. «Nous proposons ces macarons en priorité aux Nyonnais, mais il nous reste des places, notamment même dans la zone «réservée» du Martinet», assure la municipale.

Pendulaires en transit

Le pendulaire en transit intéressé, quatrième sur cinq dans l’ordre des priorités, devra néanmoins débourser 180 francs par mois, prouver la nécessité de transiter par Nyon, habiter à plus de 30 minutes de son lieu de travail, sur un trajet qui durerait au moins une fois et demie plus longtemps en transports publics qu’en voiture. «Nous sommes là pour trouver une solution adéquate pour tous, nuance la cheffe de l’office. Il suffit de nous contacter, mais les gens se plaignent très rarement directement auprès de nous, malheureusement.»

Créé: 08.03.2016, 18h34

La mobilité est un enjeu régional

A Nyon, deux parkings relais ont été ouverts ces deux dernières années. Le premier, la Gravette, est quasi plein, avec 87 abonnements attribués pour 90 places. Le plus récent, celui de Petite Prairie, n’est par contre occupé qu’à… 10%. La faute à une mise au ban qui a pris beaucoup de retard. «Sans ça, on ne peut pas verbaliser ceux qui stationnent sans titre valable, explique Naïma Mameri. Il serait inopportun de l’exploiter pleinement dans ces conditions.»

Mais, on l’aura compris, la mobilité des pendulaires est un enjeu régional. Et un changement de politique dans une ville peut engorger les places de toutes les localités voisines. «C’est pourquoi mettre en place une politique commune est une priorité», assure Cornélia Gallay, responsable de la Mobilité au Conseil régional. Ainsi, de grands P+R d’une centaine de places sont envisagés à Crassier, à La Cure – «voire sur sol français!» – et à l’Asse. Ce dernier projet pourrait être concrétisé rapidement, mais des problèmes d’aménagement du territoire le retardent. «Et puis, l’idée est aussi de transformer en P+R plus petits tous les parkings des gares du NStCM.» Et donc les rendre payants.

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