«Je pensais entendre la voix de ma fille, c’était celle de son meurtrier»

Homicide à MorgesUne jeune femme de 25?ans a été étranglée par son ami à Morges. Les parents de la victime témoignent.

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Dans l’appartement des parents d’Ashleigh, à quelques encablures de Morges, le temps semble s’être arrêté. La chambre où leur fille a grandi a été transformée en autel à sa mémoire, où se mêlent photos de famille, bouquets de fleurs et mots d’adieux. «On est sous le choc, groggy… On ne réalise pas encore vraiment», confie le père de la jeune femme, avec un courage qui force l’admiration. Dans un coin du salon, la mère, effondrée, peine à parler de sa fille au passé. «Elle est… était si gentille. Elle pensait qu’elle avait un avenir.»

Fin octobre, Ashleigh, 25?ans, est morte dans son appartement du centre-ville de Morges, vraisemblablement étranglée par son compagnon. Il s’agit d’un cuisinier de 31?ans d’origine mauricienne, qui a depuis reconnu les faits et est en détention provisoire. Mais le crime ne sera découvert qu’une semaine plus tard, début novembre. Au hasard d’une intervention de police dans l’immeuble où vit la jeune femme, les forces de l’ordre constatent une forte odeur provenant de son appartement et décident d’enfoncer la porte. Ils découvrent le corps de la victime en décomposition sur son lit, plongeant tout un quartier dans l’horreur (lire ci-contre).

Alcool et violence
La nuit du drame, le père d’Ashleigh se la repasse en boucle, entre deux visites des enquêteurs. «Ma fille m’a appelé vers 22?heures, peu après s’être violemment disputée avec son ami, qu’elle fréquentait depuis six mois. Rien qu’au ton de sa voix, j’ai tout de suite compris que c’était grave.»

Ce soir-là, dans un restaurant des hauts de Morges, le couple aurait en effet eu une violente altercation. Dans la région, le suspect est connu pour sa violence et pour sa jalousie maladive, le tout accompagné d’un penchant prononcé pour l’alcool. Selon nos informations, le jeune homme se serait déjà montré violent avec sa première compagne, avec qui il a un enfant, au point que ses visites à sa fille étaient surveillées par un tiers.

Morte en pleine nuit
Rapidement chez sa fille, le père d’Ashleigh, inquiet, fait alors tout pour la convaincre de rentrer au domicile familial. Car l’homme a toutes les raisons de craindre pour sa cadette. «Son ami lui avait déjà serré le cou à deux reprises, mais elle ne voulait pas rentrer avec moi car elle devait prendre le train tôt le lendemain matin. Je lui ai donc fait jurer de ne pas le laisser entrer chez elle, mais j’étais inquiet», poursuit le père d’Ashleigh, qui restera faire le pied de grue au bas de l’immeuble. Là, il croise le suspect et ira même jusqu’à boire un verre avec lui pour tenter de calmer le jeu.

Peine perdue, l’arrivée d’Ashleigh dans le bar provoque une nouvelle altercation au sein du couple. Des verres de bière sont jetés de part et d’autre, avant que le papa ne s’interpose. Puis le suspect s’en va, le père raccompagne sa fille dans son appartement et rentre chez lui. «Le lendemain, je suis retourné frapper à la porte de ma fille. J’ai entendu son chien puis une voix murmurer: «Chut Roxy (ndlr: le nom du border collie).»

«Le soir du drame, nous étions très inquiets, car son ami avait déjà serré le cou de notre fille à deux reprises», Les parents d’Ashleigh

Le père l’apprendra plus tard, mais Ashleigh était décédée quelques heures auparavant, au milieu de la nuit. «Je pensais entendre la voix de ma fille, mais c’était celle de son meurtrier», explique le père, qui imaginait simplement que sa fille, lui ayant désobéi, avait finalement laissé entrer son ami dans son logement. «Il arrivait que nous ne recevions aucune nouvelle durant des jours, nous ne nous sommes donc pas particulièrement inquiétés. A aucun moment nous n’avons pensé au pire.»

Le pire, ils l’apprendront quelques jours plus tard et dans le détail. Le suspect, après avoir passé la nuit auprès de la défunte, se serait enfui en sautant par la fenêtre du premier étage avant de jeter le portable d’Ashleigh au lac. «Nous n’avons pas voulu voir le corps, pour garder le souvenir de notre fille vivante.»

La jeune femme, qui a laissé un excellent souvenir à ses collègues croisés jeudi, venait de reprendre des études dans l’événementiel.

Sur sa page Facebook, les hommages, particulièrement touchants, se multiplient depuis le drame. «Elle était très appréciée et entourée de tous», évoque la mère d’Ashleigh, qui assure ne pas en vouloir au meurtrier présumé de sa fille. «En tous cas, pas encore...» (24 heures)

Créé: 27.11.2014, 22h24

Ses parents ont accepté la publication de la photo d’Ashleigh, ici âgée d’environ 16?ans. «Pour mettre un visage sur ce drame et pour la mémoire de notre fille», expliquent-ils, très dignes.? (Image: DR)

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