Un père de l’ethnologie commémoré à l’Isle

HistoireLa commune du district de Morges commémore Jean de Léry, qui fut pasteur du lieu, en lui attribuant l’allée qui mène au Château.

Image: Joël Bürri

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«Allée Jean de Léry 1536-1613», annonce une plaque à l’entrée du parc du Château de L’Isle. Si le pasteur François Reymondin considère qu’il est plus probable que Jean de Léry soit né deux ans plus tôt, il n’en demeure pas moins heureux de cette reconnaissance de celui qui fut durant les 19 dernières années de sa vie pasteur de L’Isle.

Il y a trois ans, avec les Chantres, un groupe qui crée des spectacles musicaux et théâtraux, il avait monté un spectacle visant à faire connaître Jean de Léry aux quelque 1000 habitants du village. Ensuite, «Nous avons eu une demande émanant du conseil communal que la municipalité a jugé comme justifiée», explique Nicolas Roger, syndic de L’Isle. Et depuis ce printemps, Jean de Léry a son allée.

Une plaque commémorera également Charles de Chandieu, lieutenant général des gardes suisses de Louis XIV, qui fit construire le Château de L’Isle.

«Le père de l’ethnologie»

«L’anthropologue Claude Lévi-Strauss tenait Jean de Léry pour le père de l’ethnologie», résume François Reymondin. En effet, dans le livre qui l’a rendu célèbre «Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil», Jean de Léry observe et décrit sans poser aucun jugement de valeur la tribu cannibale rencontrée dans la région proche de l’actuel Rio de Janeiro. «Mais cela lui pose parfois des problèmes théologiques!, explique François Reymondin. Par exemple, parce que les membres de cette tribu appelée «Toüoupinambaoults» vivent tout nu et n’en éprouve aucune honte, ce qui remet en question le récit de la Genèse. Il se demande d’abord si cela signifie qu’il se trouve dans un autre monde, puis, il fait un retour introspectif sur cette expérience et se demande si les élégantes Européennes avec toutes les frivolités qu’elles portent n’en sont pas plus provocantes et donc davantage dans le péché.» Jean de Léry renoncera à évangéliser les «Toüoupinambaoults». François Reymondin explique: «Pour lui, cela aurait été un non-sens. Trop différente, leur culture ne leur permettait pas d’appréhender les valeurs du christianisme fortement ancrées à la culture européenne.»

Difficile de savoir ce qui a poussé Jean de Léry à L’Isle. «Les mauvaises langues disent que c’est son goût immodéré pour les femmes qui l’obligera à quitter Genève et à s’éloigner de la ville», dévoile François Reymondin.

Créé: 22.07.2014, 11h55

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